"L’école est souvent perçue comme une seconde maison. On y grandit en apportant à la fois des difficultés sociales et familiales, mais aussi des espoirs. Le rôle de la communauté éducative est de nourrir cette flamme d’espoir, tout en composant avec les imprévus et les individualités de chaque élève. Château Rouge réunit ainsi les prises de parole décomplexées et tourmentées d’élèves de 3e qui, au fil d’une année scolaire compliquée, sont amenés à construire leur identité."
"Qu’il s’agisse de fiction ou de documentaire, la représentation du système éducatif reste souvent enfermée dans les mêmes codes. L’école, microcosme de la société, y est le théâtre de tensions culturelles, de conflits générationnels et de quêtes identitaires. Ces récits se terminent fréquemment sur des figures de sauveurs – des professeurs charismatiques, portés par une foi inébranlable – venant neutraliser la violence et le décrochage scolaire. Le Cercle des poètes disparus, Entre les murs, Sur le chemin de l’école, À voix haute ou encore Apprendre en sont autant d’exemples. Château Rouge s’inscrit dans cette lignée, avec une narration sobre, balisée, sans voix off. Le spectateur sait d’emblée où il met les pieds. Si l’approche manque parfois d’originalité, elle n’atténue en rien la volonté d’Hélène Milano de capter et restituer des émotions sincères à l’écran. [...] Collégiens, collégiennes et adultes du collège Georges Clemenceau se confient avec sincérité face à sa caméra, patiente et convaincue que la première étape de l’émancipation passe par la parole libre, presque brute. Le documentaire aborde la tension entre le désir d’évoluer dans un parcours scolaire balisé, censé ouvrir l’accès à l’emploi, et un besoin d’émancipation souvent teinté d’ennui ou de colère. La dernière partie se concentre sur l’orientation, la création de CV, le choix d’un établissement adapté au niveau, aux besoins et aux contraintes de chacun."
"Sans véritable surprise dans sa forme, le film évoque néanmoins une responsabilité collective : l’échec d’un élève n’est jamais individuel, mais révélateur d’un échec commun. Et parfois, il suffit d’un peu d’espoir pour contredire ce sombre tableau. En cela, Château Rouge est une œuvre vivifiante, un miroir tendu à une époque charnière – celle du brevet – qui, loin d’être une simple formalité, conditionne souvent le reste du parcours scolaire."
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