Hugo, dix-neuf ans, ancien gros qui apprivoise son nouveau corps, invite Queen, sa petite amie depuis trois mois, cagole toulonnaise esthéticienne, à passer une partie de l’été dans la petite maison familiale près de l’océan. C’est aussi l’occasion pour le jeune homme de retrouver des amis, snobs et friqués, qui l’ont jusqu’ici moqué et que le couple détonnant qu’il forme avec la jeune femme laisse perplexe.
Dans « L’épreuve du feu », inspiré de son moyen métrage « Coqueluche », Aurélien Peyre décrit avec justesse et tendresse l’évolution d’un jeune homme timide, métamorphosé physiquement, qui, découvrant le bonheur de plaire et d’aimer, est tiraillé entre ses sentiments sincères pour une jeune femme d’un milieu social différent, dont l’exubérance et le manque de culture lui font parfois honte, et un désir de normalité et d’acceptation par un groupe d’arrogants dont il est admiratif. Si le film - sans aucun adulte - célèbre la jeunesse autour de l'entrée dans l’âge adulte, des amours naissantes, des émois charnels, des moments de fête et de liberté, il évoque aussi la différence (de physique, d'origine sociale), le mépris de classe et la cruauté qui en naît.
Dans une relation vouée malgré eux à l’échec, Félix Lefèbvre et Anja Verderosa (dans son premier rôle au cinéma) sont parfaits. En chenille qui devient papillon, l’un est touchant dans ses hésitations comme en gagnant en assurance, l’autre est émouvante en fille débordant de spontanéité et de sensualité qui masquent sa sensibilité.