Les vacances, les journées à la plage, les soirées chez les copains, mais surtout : les premiers émois, les premières copines, les premières ambiguïtés amoureuses, bienvenue dans un monde plus adulte.
Dans “L’épreuve du Feu” de Aurélien Peyre, quelque chose résonne en moi, une note sur l’être et le paraître, sur le fait de trouver sa place parmi cette jeunesse parfois franche et blessante, sur cette période estivale des vacances hors du temps, à remettre en cause une partie de son identité et des normes sociales.
Au travers de personnages complexes et authentiques, les acteurs s’accomplissent derrière la caméra en montrant vraiment un excellent jeu, à commencer par Ugo (Felix Lefebvre) qui commence à découvrir qu’il peut être séduisant, c'est alors que le cerveau et les hormones s’emballent ; puis tout va vite, un peu trop vite dans sa tête. Le second personnage Queen (Anja Verderosa) laisse à première vue, un côté surfait ; elle est en fait bien plus nuancée ; une profonde humanité que le spectateur découvre durant le long-métrage, sur le tard. Toutes les apparences des débuts laissent alors place à des hommes et femmes bien plus singuliers qui rendent ce film avant tout humain, dans une période clé de la vie (18-21 ans).
“Les gens changent pas en fait” dit Hugo en parlant de ses anciennes connaissances qu’il prenait maintenant pour ami en toute confiance, “T’as changé toi” lui dit son pote Kamil (Nolan Masraf) qui n’en est peut-être plus un au moment où il prononce ces mots. Deux phrases qui résument toute l'ambiguïté de l’esprit humain, l’évolution des amitiés, des amours et le besoin de l’esprit humain de se renouveler perpétuellement.
Les difficultés éprouvées par cette bande de jeune adulte sont personnelles à chaque individu et au groupe d'amis lui-même ; mais en même temps, les valeurs qui y sont transmises semblent universelles. La photographie est très belle et rappelle clairement des vacances à l’océan, la mer, à refaire le monde, C’est frais et intime à la fois. A noter, les quelques moments hors du temps qui contraste avec le cadre apaisant du lieu : la danse pendant la soirée chez Paul (Vincent Bonnel) en première partie, la séance de poses/tuyau d'arrosage avec Queen et Victoire (Marie Bucas) avec une bande originale juteuse et électronique.
“L’épreuve du feu” parle d’émotions, d’amour de vacances et les turpitudes d’un lieu où il est possible de faire tomber les masques du quotidien, de vivre pleinement ces journées, pour en revenir grandi. Un film authentique, intimiste et d’une incroyable sensibilité.