Commencer par se faire beau, cueillir des fleurs des champs au bord du chemin qui conduit à l'embarcadère : c'est l'été, le temps des vacances, Hugo occupe depuis quelques jours la maison familiale dans laquelle il a toujours passé ses vacances et il va chercher Queen à la descente d'un bateau qui dessert l'île de Noirmoutier. Par rapport à l'été précédent, Hugo a beaucoup changé : lui que les membres de la bande qu'il fréquente sur l'île depuis des années appelait "le gros", lui qui était souvent l'objet de leurs moqueries, a perdu 30 kilos depuis l'été précédent et, en plus, lui le timide va se présenter auprès d'eux accompagné de Queen, la jeune fille avec qui il sort depuis 3 mois, une jeune fille qui ne passe pas inaperçue : cette toulonnaise montée depuis un an à Paris pour exercer son métier d'esthéticienne porte d'immenses faux ongles, se balade avec Marilyn, une petite chienne tenue en laisse, parle et rit haut et fort. Soyons franc, les 25 premières minutes apparaissent fort prometteuses pour un premier long métrage. Seulement voilà : à la 25ème minute, apparait la première scène de trémoussage, une des pires, vue sa longueur et ce qui s'y passe, parmi les sempiternelles scènes de ce type offertes trop régulièrement par le cinéma contemporain. Il y en aura 2 autres dans le film, mais plus courtes, moins catastrophiques. Comment reprendre le cours de l'histoire après cela, que ce soit pour le réalisateur ou pour les spectateurs ? Aurélien Peyre n'y est pas allé par 4 chemins : ce qui suit immédiatement la scène de trémoussage, c'est une scène de sexe, dans une serre, lieu peu souvent utilisé au cinéma en matière de bagatelle. Pourquoi pas ! Le problème c'est qu'après le réalisateur ne va le charme aperçu et apprécié au début de son film que de temps en temps. En effet,, on aura encore quelques belles scènes, le plus souvent les scènes dans lesquelles n'interviennent que Hugo et Queen. Mais on regrettera que ce qui s'annonçait comme un beau film sur la sortie de l'adolescence, sur les rapports de classe chez de jeunes adultes, sur la toxicité véhiculée par certains (plus que par certaines !) soit gâché par certaines scènes trop étirées, par certaines situations improbables, par certains dialogues qui sonnent creux. Heureusement, quelques personnages attachants restent en mémoire à la fin du film, tout particulièrement Queen par son côté nature, honnête, franc du collier, mais aussi, finalement, Hugo, qu'on plaint d'être entouré d'"amis" dont certains sont d'une toxicité redoutable et le conduisent sur de mauvais chemins. Si on est loin d'avoir de la sympathie pour tous les personnages du film, on est plutôt conquis par le jeu de celles et ceux qui les interprètent. . sont déjà bien , tel Félix Lefebvre, Suzanne Jouannet ou Victor Bonnel. Par contre, Anja Verderosa, l'interprète de Queen, est toute nouvelle dans le métier. Vu le talent dont elle fait preuve, nul doute qu'on la reverra ! Quant à Aurélien Peyre, le réalisateur, on sent par moment qu'il a les qualités requises pour s'installer durablement dans le cinéma français. Ne reste pour lui qu'à éliminer un certain de scories dans son travail. Après tout, c'est un premier long métrage !