Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 26
Les Graines du figuier sauvage
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Gerard Lefevre
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3,0
Publiée le 23 septembre 2024
Impressions d'un spectateur lambda: Femme, Vie, Liberté ou plus généralement le régime iranien n'est pas à mon sens le sujet du film comme on peut le lire, mais le prétexte à un drame familial, dont le scénario pourrait être transposé dans d'autres situations de violences du Pouvoir. On n'apprend rien que l'on ne sache ou suppute du régime iranien. D'autre part, le choix d'un quasi huis-clos empêche de "humer" l'air de la société iranienne, comme on le ressent dans des films iraniens que j'ai pu voir (Une séparation, Le client, Taxi-Téhéran). A lire les critiques, je pensais voir un film politique ou social, et j'ai vu un beau et long psycho-drame en forme de thriller.
Dans la file nombreuse des spectateurs attendant d’entrer pour une projection de deux heures trois quarts, une dame sortant de la salle tend le poing et proclame : « si on n’aime pas le film on est complice ! ». Les réactions ne sont pas toujours aussi caricaturales mais s’inscrivent dans l’air du temps où l’intimidation devient banale. Les affiches annonçaient un chef d’œuvre pour ce film et également pour celui qui était projeté dans la salle voisine. Est-il possible d’émettre quelques réserves à propos de ce récit au titre poétique, bien que le contenu soit loin d’être savoureux, puisqu’il s’agit de la dénonciation de l’insupportable tyrannie iranienne ? Qui peut se taire, sinon quelques indulgentes à l’égard des mecs tournés vers la Mecque ? L’impact de la profession du père de famille au service du régime est traité avec force à travers la personnalité de la mère prise entre sa loyauté à l’égard de son mari et ses filles sensibles au mouvement d’émancipation « Femme, Vie, Liberté ». Le pouvoir meurtrier aux abois pervertit les individus et toute relation, retourne les tiroirs, mais une conclusion trop symbolique abime la description utile de l’oppression.
Mohamad Razoulof aime son pays et ne peut supporter que les mollahs emprisonnent sa population et sa culture. Il a fait de ce combat celui de sa vie et a chèrement payé son engagement depuis 2010. Ce film est un brulôt politique puissant, en deux parties. La première regarde les soulèvements récents avec l'oeil du régime dans la famille d'un juge-interrogateur chargé d'accomplir les sales besognes et que la foi et le désir d'ascension sociale ont fait accepter cette tâche inhumaine. Puis le film dérive vers une sorte de thriller familial en huis-clos. Cela surprendra quelques spectateurs car Razoulof a fait une transposition métaphorique ; il faut comprendre ainsi la dernière partie : le père c'est le régime. Le père ("Iman" qui veut dire "la foi") enferme ses enfants et opprime ses femmes. C'est l'Iran qui est dépeinte et, de façon non-explicite mais pourtant directe, Mohamad Razoulof affirme clairement que le salut viendra de la jeunesse et qu'il sera sans compromission. Sur la forme, le film est long (2h45) et certaines scènes s'éternisent mais, pour autant, on ne voit pas le temps passer. Autre force du film : montrer la violence du régime, par quelques extraits vidéos amateurs extrêmement durs et la scène où l'amie de Rezvan vient trouver refuge chez eux (pas de spoil). Ces scènes rendent la violence concrète, la faisant passer des mots à la chair. Un film puissant. Une oeuvre politique qui doit être vue.
Quel courage de faire un tel film ! Bravo à tous les participants. Ca n'est pas évident au début, rythme lent. On voit des façons de vivre. C'est important. Et après on est cueilli. Des contradictions, des contraintes, et des lieux. C'est peut-être l'Iran mais c'est nous. Nous les humains.
Un film long et prenant montrant parfaitement les horreurs pratiquées par le régime dictatorial de la république islamique. Un scénario bien ficelé qui permet d aborder les derniers soulèvements la jeunesse. Des images parfois insoutenables! Un film témoignage très fort !
Film o combien oppressant qui nous fait a sentir le pouvoir d'un régime totalitaire. A l'image du premier plan où la caméra filme des balles de revolver et un stylo usé, il est difficilede communiquerdans l'Iran de 2022.. quatre membres d'une famille et une métaphore de la société Iranienne. Le père fraîchement promu à un poste de juge, voit la possibilité de sortir sa famille de sa condition, mais doit céder à sa liberté et à sa conscience, tandis que les deux filles ne sont pas insensibles aux mouvements de la rue, la mère essayant de faire la jonction. C'est une histoire, filmé dans des teintes sombres et opaques. La mise en scène de Mohammad Rasoulof est puissante et inquiète mais laisse un peu d'espoir cependant. La dernière demi-heure est impressionnante dans un crescendo scenaristique mais perd un peu de son acuité psychologique, ce qui m'empeche de mettre une note un peu plus haute.
Un film formidable qui montre la chape des croyances indestructibles , la jeunesse qui grâce aux réseaux sociaux ne sont plus bernée par la mascarade télévisée . Le patriarcat est insupportable….Bravo pour ce film courageux, on aimerait tant que la LIBERTÉ soit intégrée dans tous les pays du monde .
Bouleversant, jamais vu un film aussi fort mêlant fiction et images d'archives du mouvement Femmes Vie Liberté. Comment un gouvernement peut-il à ce point détruire sa jeunesse, ses forces vives ?
Pardon ne ne pas être trop enthousiaste pour un film qui aborde un sujet douloureux (La tyrannie Iranienne) mais si l’histoire est intéressante et originale c’est quand même très long. A voir pour le côté historique et militant.
Prix spécial du jury (cannes 2024), le dernier opus à ce jour de M.Rassoulof l'a contraint à fuir son pays, pour se protéger de la vindicte de l'appareil judiciaire iranien.
Il faut reconnaître que le scénario met les deux pieds dans le plat et il n' est pas étonnant que les foudres de la répression se soient abattues sur le cinéaste.
Un magistrat chargé de rendre des condamnations fatales pendant les évènements récents qu'a connu le pays, voit le conflit s'étendre au sein de sa sphère familiale.
Le contexte difficile dans lequel " les graines du figuier sauvage" ( la métaphore est expliquée en début de projection) a été tourné et les tourments vécus par le metteur en scène et certains acteurs, peuvent peut-être modifier l'appréciation générale que j'ai éprouvée en le visionnant.
Construit essentiellement sur les dialogues et sur une maîtrise indéniable des mouvements d'appareil et de la construction des plans, " les graines..." m'a semblé d'une grande réussite pendant sa première partie. La seconde qui se termine de façon expressionniste m'a toutefois formellement moins séduit.
Réflexion sur la maltraitance faite aux femmes et leur désir d'émancipation dans la République Islamique d'Iran, le film se nourrit, bien sûr, de l'actualité.
On a sans doute affaire à un des meilleurs films de l'année et mérite même d'être revu afin d'en apprécier toutes les subtilités.
Cependant, dans la filmographie du cinéaste au plan strictement artistique " un homme intègre" (2017) me paraît toujours être son opus le plus fin et le plus accompli.
"Les Graines du figuier sauvage" acclamé par la critique, récompensé au festival de Cannes cette année (Prix spécial du Jury) est un drame franco-allemand qui se regarde. En effet, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof exilé de son pays depuis le tournage, livre aux spectateurs un pamphlet puissant par moments contre le régime autoritaire et totalitaire iranien, surtout la première partie qui à partir de vraies images dénonce les violences policières et les exécutions quotidiennes dans son pays, malheureusement les 2h47 du film se font ressentir par moments notamment le dénouement qui vire parfois au grotesque, c'est vraiment dommage car le film avait toutes les qualités pour être un puissant plaidoyer pour la liberté du peuple iranien.