Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 30
Les Graines du figuier sauvage
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JM B
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5,0
Publiée le 14 septembre 2024
Un film puissant à couper le souffle. Magistralement réalisé, joué, filmé, avec de nombreux films de smartphone pris par des amateurs lors des émeutes en Iran, montés et rattachés au film principal avec beaucoup de talent. Un film réalisé en cachette, avec des moyens limités, et pourtant tout d'un grand film.
(vu en avant-première). Malgré quelques longueurs, je recommande ce film toujours riche en idées de mises en scène. Il faut toutefois avoir le cœur bien accroché : les dégâts de l'Etat sur les corps et les esprits du peuple iranien sont montrés frontalement, soit par la fiction, soit par des images d'archive. La dernière partie du film, où la folie d'un des personnages est révélée avant de culminer dans une course-poursuite labyrinthique, laissera sans doute de nombreux spectateurs à bout de souffle.
J’au vu le film en avant-première à Paris, en présence du réalisateur. L’histoire de film est incroyablement solide et affiche la manifestation contre le régime iranien dans une cadre plus petite, c’est-à-dire une famille, Entre les différentes generations d’une famille traditionnelle. Le film n’est ni un documentaire ni un film or en même temps est tous le deux. Le réalisateur a bien utilisé les vidéo documentées pendant la révolution de « Femme, Vie, Liberté » dans une manière intouchable. À la fin de la séance, il y avait un dix-minutes-applaudissement pour le réalisateur. Felicitations à Rasouloff et son équipe.
Après son précédent film plutot bien réussi “Le diable n’existe pas”, ce réalisateur iranien réitère dans l’excellence avec ce nouveau long métrage. Le film est dense et poignant. A partir d’un véritable drame familial, le réalisateur traite de l’inhumanité du régime iranien actuel et décrit très bien la véritable prise de conscience dans toutes les couches de la population. Et tout ce contexte vient nourrir le drame de cette famille proche du pouvoir et qui se pose question. C’est fort bien démontré dans ce film.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse au Studio Marbeuf le 05/09/2024)
spoiler: "Le cinéma iranien est en plein essor et revient périodiquement dans les festivals internationaux depuis quelques décennies. On y découvre à chaque fois la société d’un pays gouverné par la peur, qui manque à ses devoirs envers ses citoyens et ampute tout élan artistique chez les cinéastes qui revendiquent leur liberté d’expression. Les Graines du figuier sauvage revient justement sur ces dysfonctionnements en suivant une famille unie, mais qui va peu à peu révéler des fêlures."
"Tout semble filer droit pour une famille assez loin de la misère. Seule la taille de leur logement oblige les deux filles adultes d’Iman et de Najmeh à cohabiter dans la même chambre. C’est un peu le constat que l’on peut faire d’un pays comme à l’étroit, où la moindre étincelle finit par embraser chaque membre de la famille. Dans les rues, les citoyens hurlent leur mécontentement en espérant ne pas être pris pour cible par les forces de l’ordre. Rasoulof n’opte pas pour une reconstitution immersive des manifestations et préfère insérer d’authentiques images postées sur les réseaux sociaux pour attester d’une violente et sanglante répression. Nous ne verrons qu’une étudiante atteinte par un tir de flashball, sonnant ainsi le début des hostilités au sein d’une famille qui se déchire de l’intérieur."
"Dans Les Graines du figuier sauvage, le devoir d’Iman est soumis à un interrogatoire inversé, car c’est bien le cinéaste qui maîtrise le dialogue, c’est bien lui qui capture l’incompréhension du peuple pour que le père de famille doute de son entourage. Iman peut-il devenir Un homme intègre dans une institution pleine de corruption ? Peut-il seulement remplir son rôle de père avec une arme cachée dans sa table de chevet ? Plus que jamais engagé politiquement, Les Graines du figuier sauvage nous permet d’écouter les lamentations qui se répètent depuis des années et qui sont amenées à bouleverser un mode de vie conservateur, un mode de vie sans libre-arbitre."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Ce film de Mohammad Rasoulof explore la descente d’Iman, un père de famille conservateur et juge en Iran, dans la violence et le contrôle absolu. En réponse aux manifestations "Femme, vie, liberté", ses filles participent à la révolte,
spoiler: tandis qu’Iman, symboliquement privé de son autorité par la perte de son arme, tente désespérément de maintenir son pouvoir. Cette fracture générationnelle met en lumière l'opposition entre les valeurs patriarcales du régime et les aspirations de la jeunesse.
Le film dénonce les sociétés conservatrices en montrant comment l’autorité peut basculer vers la tyrannie face au changement. Iman, en enfermant sa famille, incarne la lutte d’un homme pour préserver un monde qui s’effondre autour de lui. Les performances des actrices Mahsa Rostami et Setareh Maleki, incarnant les filles, renforcent cette tension familiale et politique, offrant une réflexion puissante sur les dynamiques autoritaires dans la sphère intime.
Puissant pamphlet sur la répression des révoltes Iraniennes, on salue le courage et l’engagement du réalisateur et de l’ensemble des contributeurs de ce film pour ce scénario poignant écrit au cordeau
Vu hier soir en avant première au festival des cinémas indépendants. C’est un film remarquable considérant les conditions dans lesquelles il a été conçu, filmé, réalisé… sans autorisations locales dans un climat qui fait peser une menace terrible voire vitale sur les intellectuels indépendants et particulièrement les cinéastes. Ce film prend son temps, et c’est pour mieux nourrir la construction des personnages dont la psychologie est très fine. Le tableau de cette famille qui bascule nous offre une fenêtre sur la société de Teheran, et nous permet une immersion dans le foyer. C’est une œuvre sociologique, politique, humaine formidable (Attention spoiler) Malgré tout la fin me semble maladroite et bâclée. On n’y croit plus. A moins que tout cela ne soit un délire paranoïaque croisé des 4 personnages clefs du film ? J’ aurais préféré une fin plus concrète. Le choix de conclure le film de cette façon interrompt nos réflexions voire les pollue. A noter 2 plans sublimes, le lavabo de la salle de bain et son miroir, devenant le laboratoire des consciences et le coffre fort des secrets. (Fin du spoiler) Un film courageux, méritant, pointu et un hommage au mouvement des femmes iraniennes Femme, Vie, Liberté je leur souhaite du courage et de la force pour ce juste combat
Hormis l’enjeu de porter la voix d’un peuple, un film puissant, rythmé, artistique, du vrai 7e art. Superbe jeu d’acteur. Ce film vous plonge dans le psyché de ceux qui vivent en Iran aujourd’hui. À voir absolument!
Vu en avant-première au cinéma l’Arlequin à Paris. Excellent thriller iranien, résolument féministe et politique, avec pour toile de fond le mouvement Femme, Vie, Liberté. Le film, porté par un casting d’une grande justesse, avance à un rythme soutenu, au gré d’une intrigue aux rebondissements aussi inattendus que glaçants, se regarde bouche bée, sans qu’on en voie passer les 2h48. Mention spéciale aux images d’archives qui viennent appuyer l’ancrage dans le réel du propos du réalisateur avec brio.
Malgré son titre à la Nuri Bilge Ceylan, il est évident que Les graines du figuier sauvage, réalisé par Mohammad Rasoulof, sert une ambition plus politique que poétique, dans le contexte d'un pays, l'Iran, en proie à de fortes convulsions depuis des mois. Ce contexte, relayé par de nombreuses vidéos ayant circulé sur les réseaux sociaux, rythme une histoire qui va ébranler une famille "bourgeoise" de Téhéran, jusque dans ses fondements. "Femme, vie, liberté", ce slogan a fait le tour du monde, accompagné d'images ignominieuses de répression d'un régime de mollahs aux abois. Densité, intensité, puissance : le récit de Rasoulof se déploie avec une dextérité impressionnante au sein de la famille évoquée plus haut où le père, fonctionnaire et donc complice d'un système, va se heurter à ses deux filles, sous le regard d'arbitre de la mère. Le film est exceptionnel, et pas seulement pour son courage, mais aussi pour sa construction, avec une poignée de scènes incroyables, pendant plus de deux heures. Il sera permis d'être un peu moins enthousiaste sur la dernière demi-heure, qui prend la forme d'un véritable thriller, qui surprend, dans le sens où il tranche avec tout ce qui a précédé, par un côté plutôt excessif et un symbolisme pesant. Cette faute de goût, qui n'en sera sans doute pas une pour beaucoup de spectateurs, ne saurait ternir en rien la force d'un film dont on espère qu'il ne fait que précéder la chute d'un régime parmi les plus méprisables sur la planète, même s'il y a une certaine concurrence en la matière, hélas.
Je l'ai vu au Festival de Cannes! Un film politique qui n'a pas demandé l'autorisation au régime iranien pour le tournage. Un fonctionnaire de justice a une promotion quelques jours avant les révoltes pour la mort de Mahsa Amini. Est-ce qu'il pourra garder son intégrité et impartialité? Comment va réagir sa famille? Excellent thriller politique et social!
Film qui aurait mérité la palme d’or 2024. Minutieux, juste et ultra prenant malgré sa longueur. Le fait de suivre une famille en conflit au cœur d’une actualité Iranienne terrible, avec un père haut place au sein du système et ses deux filles qui suivent l’actualité de leur pays sur les réseaux sociaux.