Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 30
Les Graines du figuier sauvage
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Dudule13320
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4,0
Publiée le 19 septembre 2024
En période de révolution iranienne sur la liberté des femmes à se couvrir, la fracture de la société traverse une famille de bonne volonté. Le film prend bien son temps dans les scènes de mise au point familiale. Il donne 40% de révolution et 60% de huis clos familial autour d'un possible mensonge qui pourrait bien finir par détruire le cocon.
Un film somme toute iranien malgré de fortes contributions et soutiens étrangers pour mener à bonne fin le projet auquel les autorités théocratiques n’auraient su goûter. Comme toujours sur le registre des films iraniens contemporains, il s’agit par un accueil enthousiaste et forces récompenses de soutenir la liberté et de dénoncer le régime qui utilise la religion comme un carcan pour tenir la population. Au-delà de cela, le spectateur d’ici est toujours avide de pénétrer les mystères de ce régime honni mais qui tient car une large frange conservatrice de la population le soutient quoiqu’on en dise. Sur fond de révoltes dans les rues contre le port du voile mais nécessairement bien autre chose aussi, c’est la fracture d’une famille qui va être observée en parallèle à celle naissante de la société. Le titre est une allégorie. Il y aura aussi beaucoup de messages subliminaux. Mais 2 heures et 38 minutes c’est long quand même surtout quand le propos reste très indirect, suggestif. Toute la fin semble changer complètement de registre. Pourtant ce qui se passe entre le père, son épouse et leurs deux filles, c’est le miroir de la société qui se brise simultanément. On n’est pas loin du film d’auteur. Ce n’est pas parce que c’est iranien qu’il faut crier au chef d’œuvre car ça n’en est pas un. Mais allez expliquer ça au Jury du Festival de Cannes !
C'est un film terrifiant, étouffant. Quand on sort au soleil on se sent revivre. Mais les acteurs sont excellents et il faut le voir pour ne pas oublier à quel point certaines Iraniennes et Iraniens sont courageux.
Le titre est magnifique, le réalisateur confirmé ( Mohammad Rasoulof) ….Je n’ai pas été déçu même si la première heure a quelques longueurs ( j’aurais enlevé vingt minutes). La deuxième heure change le scénario, jusqu’ alors assez « bureaucratique » et le dernier quart d’heure est hitchckockien à couper le souffle...C’est un film éminemment politique, le figuier pouvant représenter deux choses, le pouvoir politique et la famille, …..Je ne veux rien spoiler, mais malgré les longueurs, les extraits d’actualité, la puissance du film se dévoile peu à peu, subtilement, et s’attaque à ce qui doit être attaquer en Iran, qui semble d’un autre temps...La violence répond dans la rue à la demande d’émancipation des jeunes filles...Peut être que la fin apporte une réponse, je ne sais pas, mais force de conclure qu’un message passe dans ce film et qu’il est peut être temps d’ôter au figuier la poésie qu’on peut lui prêter…. Je conseille. La longueur du film est très subjective. Bravo. Une chose est sure le cinéma iranien a quelque chose à dire, .....
Sensation du dernier Festival de Cannes (beaucoup voyait en lui la Palme d'or), le nouveau film de Mohammad Rasoulof est remarquable.
Comme souvent dans les films iraniens, le scénario est un bijou de thriller psychologique. Nous entrons dans une famille de la classe moyenne : le père est juge (donc proche du régime), les filles sont des jeunes de leur temps, adeptes des réseaux sociaux, et la mère essaye de ménager les bonnes relations entre tous. Les choses se gâtent quand l'arme du juge disparaît mystérieusement, alors qu'une amie de l'ainée des filles est blessée lors d'une manifestation.
Sur cette base solide, Rasoulof déploie une intrigue qui tient en haleine le spectateur durant toute la durée du film (2h46 tout de même). Les graines du figuier sauvage est donc successivement (et parfois alternativement) un drame social, une chronique familiale, un road movie, un suspens psychologique, un thriller horrifique et un western.
Il y a quelque chose de réellement fascinant dans le contraste entre l'extrême qualité du film (la direction d'acteurs exceptionnelle, l'écriture imparable, la mise en scène d'une efficacité rare) et les conditions précaires dans lequel il a été tourné : une clandestinité complète, Rasoulof étant lui-même souvent absent du lieu de tournage, et des moyens ridiculement faibles.
On ne peut que frissonner d'admiration devant le talent d'un homme qui parvient à un tel niveau de maîtrise dans l'exercice de son art, alors que sa liberté est menacée par un des pires régimes de la planète.
Le film, qui brille par sa capacité à nous égarer, culmine dans une scène d'anthologie, véritable pivot du film, qui restera longtemps dans le coeur de chacun des spectateurs. Cette scène d'interrogatoire fait basculer les personnages dans une nouvelle histoire, et donne au film une tonalité encore plus grave.
Bien au-delà d'une oeuvre didactique en hommage au mouvement Femme Vie Liberté (ce que le film est tout de même, mais indirectement), Les graines du figuier sauvage est un véritable chef d'oeuvre, déstabilisant et émouvant, qui culmine dans un final d'anthologie.
Très - trop - long, le film pêche par un manque de cohérence et de compréhension des principaux personnages (le père et la mère), un nombre inutilement long de scène de violence filmées durant les émeutes. La première heure est laborieuse, la seconde magnifique (ah la scène de l’interrogatoire), la dernière demi-heure foutraque. L’octroi du prix spécial interroge quand même un peu.
Empruntant la narration d'une tragédie antique mais malheureusement ancré dans une réalité plus dramatique ( le mouvement "femme, vie, liberté") le titre "les graines du figuier sauvage" est à linstar de cet arbre dont les graines finissent par étouffer l'arbre "source" une sorte de thriller haletant qui met en scène une famille où s’oppose le père juge et bourreau pour le régime iranien et ses deux filles plongées dans les évènements et qui mettent rapidement en doute la version « complotiste » officielle. Au milieu une mère écartelée entre ses convictions humanistes et son rôle d’épouse. C’est magistralement joué et le film avance comme une spirale vers sa fin dramatique
Vu en avant première. J'ai beaucoup aimé ce film dont on s'attache très vite aux personnage ainsi qu'aux actrices toutes talentueuses. Seul problème du film et c'est un peu un reproche qu'on peut faire à la majorité des films qui sortent en salle aujourd'hui, il souffre de pas mal de longueurs. Le film plante le décor pendant presque 2 heures. L'intrigue ne commence vraiment que la dernière heure du film. Heureusement une fois commencée, elle nous tient en haleine jusqu'à la scène finale époustouflante.
Un film puissant à couper le souffle. Magistralement réalisé, joué, filmé, avec de nombreux films de smartphone pris par des amateurs lors des émeutes en Iran, montés et rattachés au film principal avec beaucoup de talent. Un film réalisé en cachette, avec des moyens limités, et pourtant tout d'un grand film.
(vu en avant-première). Malgré quelques longueurs, je recommande ce film toujours riche en idées de mises en scène. Il faut toutefois avoir le cœur bien accroché : les dégâts de l'Etat sur les corps et les esprits du peuple iranien sont montrés frontalement, soit par la fiction, soit par des images d'archive. La dernière partie du film, où la folie d'un des personnages est révélée avant de culminer dans une course-poursuite labyrinthique, laissera sans doute de nombreux spectateurs à bout de souffle.
J’au vu le film en avant-première à Paris, en présence du réalisateur. L’histoire de film est incroyablement solide et affiche la manifestation contre le régime iranien dans une cadre plus petite, c’est-à-dire une famille, Entre les différentes generations d’une famille traditionnelle. Le film n’est ni un documentaire ni un film or en même temps est tous le deux. Le réalisateur a bien utilisé les vidéo documentées pendant la révolution de « Femme, Vie, Liberté » dans une manière intouchable. À la fin de la séance, il y avait un dix-minutes-applaudissement pour le réalisateur. Felicitations à Rasouloff et son équipe.
Après son précédent film plutot bien réussi “Le diable n’existe pas”, ce réalisateur iranien réitère dans l’excellence avec ce nouveau long métrage. Le film est dense et poignant. A partir d’un véritable drame familial, le réalisateur traite de l’inhumanité du régime iranien actuel et décrit très bien la véritable prise de conscience dans toutes les couches de la population. Et tout ce contexte vient nourrir le drame de cette famille proche du pouvoir et qui se pose question. C’est fort bien démontré dans ce film.
Bernard CORIC
(film visionné en projection de presse au Studio Marbeuf le 05/09/2024)
spoiler: "Le cinéma iranien est en plein essor et revient périodiquement dans les festivals internationaux depuis quelques décennies. On y découvre à chaque fois la société d’un pays gouverné par la peur, qui manque à ses devoirs envers ses citoyens et ampute tout élan artistique chez les cinéastes qui revendiquent leur liberté d’expression. Les Graines du figuier sauvage revient justement sur ces dysfonctionnements en suivant une famille unie, mais qui va peu à peu révéler des fêlures."
"Tout semble filer droit pour une famille assez loin de la misère. Seule la taille de leur logement oblige les deux filles adultes d’Iman et de Najmeh à cohabiter dans la même chambre. C’est un peu le constat que l’on peut faire d’un pays comme à l’étroit, où la moindre étincelle finit par embraser chaque membre de la famille. Dans les rues, les citoyens hurlent leur mécontentement en espérant ne pas être pris pour cible par les forces de l’ordre. Rasoulof n’opte pas pour une reconstitution immersive des manifestations et préfère insérer d’authentiques images postées sur les réseaux sociaux pour attester d’une violente et sanglante répression. Nous ne verrons qu’une étudiante atteinte par un tir de flashball, sonnant ainsi le début des hostilités au sein d’une famille qui se déchire de l’intérieur."
"Dans Les Graines du figuier sauvage, le devoir d’Iman est soumis à un interrogatoire inversé, car c’est bien le cinéaste qui maîtrise le dialogue, c’est bien lui qui capture l’incompréhension du peuple pour que le père de famille doute de son entourage. Iman peut-il devenir Un homme intègre dans une institution pleine de corruption ? Peut-il seulement remplir son rôle de père avec une arme cachée dans sa table de chevet ? Plus que jamais engagé politiquement, Les Graines du figuier sauvage nous permet d’écouter les lamentations qui se répètent depuis des années et qui sont amenées à bouleverser un mode de vie conservateur, un mode de vie sans libre-arbitre."
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