Derniers Avis : Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde - Page 2
Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde
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Arthur Brondy
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4,0
Publiée le 9 novembre 2024
Adi revient chez ses parents pour les vacances. Un soir, il est violemment agressé lorsqu’il est aperçu en train d’embrasser un garçon. Le film raconte le rejet, la corruption, la détresse. Un film coup de poing sur l’intolérance.
Depuis plusieurs années, le cinéma roumain diffusé en France est profondéments social. Ce film s'inscrit pleinement dans cette veine en montrant les travers d'une société rurale roumaine profondément ancrée dans son conservatisme. L'homophobie est au coeur de l'histoire mais le talent d'Emanuel Pârvu est de ne pas s'arrêter à ce triste constat. Il montre les compromissions de chacun face à l'injustice, y compris celles acceptées par la victime elle-même. La pression sociale et l'influence de l'Eglise orthodoxe sont largement pointées du doigt mais aussi la petitesse des hommes qui se soumettent à ces archaïsmes par intérêt personnel. Triste tableau qui ne dépeint malheureusement pas que la société roumaine. Très bon film.
Film très âpre sur les thèmes de la corruption, le poids des idées religieuses et l'archaïsme des traditions familiales. Certaines scènes sont glaçantes
Aussi plat et ennuyant que le delta du Danube. Le sujet est ptet bon, l'histoire bien construite mais franchement... ça s'écoute! Acteurs monocordes... plans longs... mais looooongs....
Film puissant, dur et fort. On notera la contradiction entre le décor magnifique, lumineux, du delta du Danube où le réalisateur a posé ses caméras, et le côté sombre de l'intrigue que l'on suit d'ailleurs comme un thriller. L'obscurantisme et la corruption dans ces régions rurales d'Europe centrale sont très bien relatées. J'ai été sensible au portrait de cette famille avec des parents remplis d'amour pour leur fils mais corsetés par les pressions sociales et religieuses de ce microcosme. A noter par ailleurs une mise en scène subtile, des cadrages superbes, et une photographie magnifique.
On retrouve dans ce film d'Emanuel Parvu la même rigueur millimétrée que celle qui fait le sel des films de son compatriote Cristian Mungiu : chaque nouvelle péripétie découle de choix qu'ont fait précédemment les personnages, conformément à leurs valeurs.
Ce qu'on voit à l'écran est donc le fruit, non du destin, mais uniquement du comportement des protagonistes : cela donne une force incroyable à ce type de film, qui paraît être une expérience "en laboratoire". Les êtres humains semblent y être comme des cobayes dont on observerait le comportement.
Cet effet est ici amplifié par le très bel écrin choisi par le réalisateur : un village du delta du Danube, environné par les eaux, comme une prison à ciel ouvert dont on ne peut partir qu'en bateau.
L'intrigue est assez classique. Pour résumer, sans déflorer l'intrigue, on peut dire qu'il s'agit d'une chronique au scalpel de l'homophobie ordinaire. La puissance du film réside dans la façon dont tous les éléments de la société se liguent dans cette homophobie décomplexée. Le prêtre orthodoxe est en particulier au centre d'une scène qui restera dans la mémoire.
Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde est un suspense psychologique de grande qualité, superbement mis en scène (cadre sublime, photographie inspirante, montage au cordeau). Il prouve que le cinéma roumain est encore un des meilleurs d'Europe.
Tout en sobriété, comme écrasé par le poids du non-dit et du quand dira-t-on, ce beau film rend bien le drame, hélas universel, des jeunes homos qui se retrouvent rejetés par leur famille. L'astuce assez géniale de ce scénario est de situer l'histoire sur une île, enfermant les protagonistes dans leurs croyances et leurs intérêts personnels. Le dernier plan est d'une beauté rare, sans pour autant être idyllique. Bref, une réussite.
Lorsque le drame au centre du récit arrive on est partagé par deux choses, la première on est évidemment outré par l'agression qu'on sait d'emblée homophobe et donc gratuite et lâche, mais on est aussi perplexe quand on a l'impression qu'il s'agit d'une grande affaire criminelle sur le fond comme la forme... SPOILERS voir site pour en savoir plus !... Mais nous sommes dans une petite communauté, où tout le monde se connaît, où tout se sait, et où la religion a encore un poids non négligeable. Bref, on est dans un microcosme réac et conservateur, voir juste archaïque. Ce qui est intéressant c'est aussi et surtout que même les parents semblent comprendre les agresseurs finalement, souffrir parce que leur fils souffrent, mais tout en se disant que cela a permis peut-être de prendre conscience qu'il fallait l'aider à guérir, de ses blessures physiques mais aussi et surtout de ses blessures morales. Le rythme est un peu trop lancinant, le manque de passion dans les émotions paraît parfois trop "contrôlé". Mais certains passages restent une force de réflexion pleine d'acuité (une scène forte et choquante, puis un twist bien venu), les acteurs sont bons, justes et crédibles pour un film solide et intéressant. A conseiller. Site : Selenie.fr
Terrible Passion selon Saint Matthieu ou Ady ici. Action tout à fait vraisemblable malheureusement et si bien interprétée qu'on devine facilement les motivations très diverses et souvent incompatibles qui varient chez chaque personnage. Thème universel de la corruption, pression politique, violence impunie et grégarité.
Un petit chef d œuvre...le jeune a un talent fou et ses patents integrent bien le role la direction d acteur est parfaite...la lumière est magnifique pour éclairer ce village resté au moyen age. Allez voir ce film
Film poignant et effroyable qui se passe en Roumanie dont les croyances ancestrales sur l'homosexualité font peur et semblent d'un autre temps. Très bonne réalisation et très bonnes interprétations
Un film extrêmement dur ! Un film qui parle certainement aux roumains, mais un film très dur, deux trois scènes pratiquement insupportables, qui t’arrachent les larmes et te blessent au plus profond de ton âme de parent ! Quelle expérience !
C'est assez rare qu'un film me saisisse, m'emporte, m'envahisse autant que celui-ci... Un prix à Cannes plus que mérité pour cette chronique villageoise qui peut parfois faire ricaner tant l'obscurantisme le plus crasse y règne ! Une tension avec rebondissements menée de main de maître jusqu'au dénouement "sauve qui peut" qu'on a juste envie d'applaudir avec soulagement ! Les interprètes sont formidables de justesse, la campagne roumaine est superbe et ce film est un petit bijou que je recommande vivement !
Alors qu'il revient pour les vacances dans son village natal, Adi est violemment agressé après avoir été surpris en train d'embrasser un autre jeune homme.
Récompensé par la Queer Palm au dernier Festival de Cannes, le film dépeint une société rurale roumaine tellement engluée dans le passé que seule la présence d'un téléphone portable permet de comprendre que l'histoire est contemporaine.
Avec énormément de rigueur et de soin apporté à la mise en scène, Emanuel Prâvu signe un réquisitoire glaçant contre l’obscurantisme.
En choisissant de placer ses personnages dans des cadres très larges, au milieu d'une nature ensoleillée, à l'apparence idyllique et accueillante, il fait d'autant plus ressentir leur isolement, dans un environnement où tout n'est que secret et silence.
Le film se refuse de tomber dans le mélo et n'use d'aucun artifice pour essayer de susciter davantage d'émotion. Plans fixes, pas de musique, pas de gros plans. Un cinéma à l'os, rugueux et âpre, pour insister sur l'hostilité d'un monde qui n'est pas prêt à accepter la différence. Seuls les ecchymoses d'Adi sont là pour témoigner des souffrances qu'il endure. Des ecchymoses qui lui donnent parfois des airs de mort vivant (et l'on n'est pas prêt d'oublier le regard face caméra qu'il nous adresse à la fin du film).
Alors que l'on pourrait s'attendre à ce qu'il s'attache davantage à son personnage principal, à ce qu'il ressent suite à cette agression et au traitement qu'on lui inflige, le récit préfère s'attarder sur les réactions en chaîne de toutes les personnes qui l'entourent, sur tous les mécanismes mis en place pour taire et étouffer ce qu'ils ne sont pas prêts à entendre et à accepter. Comme dans sa propre vie, Adi est relégué au second plan du film.
C'est pour cela que Trois Kilomètres jusqu'à la Fin du Monde est avant tout un film sur l'invisibilisation, le déni, la capacité des hommes (mêmes d'Eglise ou de Loi) à s'unir aux dépens des plus faibles pour servir leurs propres intérêts. Un monde dans lequel on ne peut compter sur (presque) personne et un film qui laissera un goût amer, même sur son plan final.