A travers l’histoire vraie [racontée par Kirmen Uribe dans son livre « La hora de desertarnos juntos » (littéralement, il est temps pour nous de déserter ensemble), paru en France sous le titre « Le temps de se réveiller ensemble » (2016), celle de Karmele Urresti [Jone Laspiur, 30 ans, découverte dans « Ane » (2020) de David Pérez Sañudo], infirmière basque qui quitte son pays en 1937 et qui rencontre, à Paris, le trompettiste Txomin Letamendi [Eneko Sagardoy, 31 ans, découvert dans « Handia, le géant d’Altzo » (2017) d’Aitor Arregi et Jon Garaño], le film montre bien les méfaits délétères du franquisme au Pays basque pendant la guerre civile (Karmele et ses parents sont contraints, par la force, de partir au Pays basque français) et après, où, malgré la fin de la guerre civile, la dictature franquiste s’installe, ainsi que l’arbitraire.
Elle s’engage, comme chanteuse et danseuse, dans le mouvement Eresoinka, créé à l’initiative du président du gouvernement basque, José Antonio Aguirre, chargé de diffuser la culture basque en Europe (spectacles à Lyon, Poitiers, Paris à la salle Pleyel dans le film). Lorsque que la France est battue et occupée, elle quitte Paris, avec son futur mari, Txomin, pour se marier au Pays basque français (en présence des parents Urresti et de leur fils Josu, sorti de prison) avant de gagner Caracas (Vénézuéla).
Cette partie là aurait pu être écourtée (le film dure 1h57) car la trame narrative est faible et relève plus du documentaire type « Connaissance du monde ». L’histoire devient plus intéressante au retour du couple, avec enfants, en Espagne, à Bilbao. Outre le contexte politique tendu, on y découvre que les Etats-Unis qui avait promis de soutenir les Basques pendant la guerre civile et même, de favoriser leur indépendance, font volte-face à cause de la neutralité de Franco pendant la 2nde guerre mondiale et leur peur du communisme.