Film d'ouverture de ce 78e Festival de Cannes, ce «Partir un jour» n'est pas, comme pourrait le suggérer son titre, un biopic sur les 2Be3, célèbre boys band des années 90, mais le premier long-métrage d'Amélie Bonnin, adaptant ici son propre court-métrage, récompensé en 2023 par le César du Meilleur Court-métrage, et dans lequel les rôles de Juliette Armanet et de Bastien Bouillon étaient inversés.
Retrouvant une partie de son casting originel, la cinéaste, qui co-écrit également le scénario, nous y parle des choix et des regrets, du retour en arrière pour mieux repartir de l'avant.
Un film un peu à l'image d'un «Garden State» français, qui serait traversé par la musicalité des films de Jacques Demy ou encore des «Chansons d'amour» de Christophe Honoré, mais dans un décor plus rural.
Un parti-pris narrativo-musical (chaque chanson représente l'état d'esprit de tel ou tel personnage au moment où il la chante) qui n'a d'ailleurs pas marché à chaque fois pour moi, sentant par moments le côté un peu trop artificiel de l'exercice (notamment lors de l'intro de la femme de Raphaël ou encore lors de la séquence en boîte), et marchant mieux quand il tente une forme de simplicité (à l'image des scènes avec François Rollin ou de la soirée alcool/imitations entre potes).
Une histoire déjà vue dans les thématiques qu'elle aborde (une fille et un père à la relation conflictuelle mais qui finissent par se rabibocher, deux mondes (le passé et le présent de Cécile) qui se font face), mais qui peut compter sur un casting impliqué (en particulier le duo Armanet-Bouillon, dont l'alchimie assez spontanée marche toujours) pour amener une certaine forme de tendresse au film.
Un film nous parlant de retrouvailles et de reconnexions, de vérités enfouies et de regrets passagers.
Un film restant un peu trop sur la même note, mais faisant le choix plutôt judicieux de ne pas se terminer en véritable happy end, de nous montrer que certaines routes ont besoin de s'éloigner l'une de l'autre pour reprendre le cours de leurs vies respectives, mais sans s'oublier pour autant.
Une parenthèse sincère et plutôt enjouée, mais à laquelle il m'a manqué un fil conducteur un peu plus fort et un parti-pris musical plus emprunt d'évasion et de fantaisie pour véritablement m'embarquer dans ce récit sur les occasions manquées et celles qu'on peut encore créer/reconstruire.
Petite préférence de mon côté pour le court-métrage, qui parvenait à toucher plus au cœur et en moins de temps. 6,5/10.