Ayant détesté le dernier film de Park Chan-Wook, il était clair que je n'avais pas du tout envie de voir "Aucun autre choix". Pourtant, ma curiosité naturelle m'a joué des tours et m'a amené à le visionner malgré tout. Malheureusement, le résultat n'a pas été au-dessus de ce que j'avais espéré. Pour être honnête, je trouve que ce projet est un peu meilleur que son précédent, mais l'avance est tellement légère que ce n'est finalement pas une grande victoire. Pour le coup, je comprends cette fois-ci ce que le réalisateur a tenté de proposer. À travers ce scénario, il amorce une vraie critique du système de son pays. On y parle de la place du travail, mais aussi de statut social. Sur le papier, j'appréciais donc l'initiative, les Coréens étant plutôt doués pour exprimer ce genre de choses. Malheureusement, comme vous l'avez probablement compris, ce n'est pas parce que l'intention m'a plu, que l'exécution m'a fait de même. Honnêtement, mon principal problème vient clairement du rythme du film. Pourtant, celui-ci est l'une des identités les plus marquantes de ce réalisateur, mais, en ce qui me concerne, ça ne fonctionne pas sur moi. Alternant les moments où le montage nous lance beaucoup trop d'informations à la figure et les grosses longueurs, j'ai vraiment eu du mal à rentrer dans cette ambiance, et cela, dès le début. Sincèrement, je n'ai jamais ressenti la moindre empathie pour cette famille, cette dernière étant présentée au sein d'une séquence d'introduction très clichée. Les dialogues sont très explicatifs pour montrer leurs liens, la photographie joue la carte du soleil très lumineux pour renforcer l'image bienveillante et l'humour se montre vraiment trop forcé. Évidemment, tout cela n'est là que pour contrebalancer avec la suite, là où cette famille va finir par se disloquer. Mais personnellement, je pense qu'il y avait moyen de faire bien moins cliché pour nous les présenter, en prenant bien plus le temps par exemple. Mais même à ce niveau, la suite n'est guère mieux, car le scénario va vraiment aller dans tous les sens. Une fois que l'histoire commence véritablement (et cela va prendre une bonne heure), le rythme devient irrespirable. Teinté d'un ton très léger en plus de cela, il est facile de se sentir complètement perdue face à ce que l'on nous propose. Dans mon cas, toute la partie avec Beom-mo et son épouse m'a semblé lunaire. Je n'ai jamais réussi à m'investir dedans, car tout semblait complètement fou. Et pour le coup, je sais bien que c'est le style de ce réalisateur, mais je crois simplement qu'il ne me parle pas. À force de vouloir proposer un rythme aussi effréné, je n'arrive à m'accrocher à rien, et même le message finit logiquement par être dilué. Si l'idée était bonne, je trouve que le film ne va pas assez loin.
Nous montrer un héros qui finit par s'en sortir malgré tout, je trouve cela un peu facile. Certes, cette idée pourrait dénoncer les failles d'un système, mais je reste sur mon avis. Pour moi, ce héros réussit trop facilement à s'en sortir, au point où la résolution en devient absurde.
Clairement, je n'ai donc pas spécialement apprécié ce film. Il est rempli d'idées, mais le style de Park Chan-Wook ne m'attrape toujours pas. Je crois que ça ne sert donc à rien de forcer... Pour conclure, une nouvelle désillusion.