Park Chan-wook décide ici d'adapter le roman "Le Couperet" qui avait déjà été porté au cinéma par Costa-Gravas en 2005 mais ne connaissant ni le livre ni le film, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. Et d'un côté tant mieux car le première partie du film donne l'impression que le réalisateur part un peu dans tous les sens. J'ai en effet mis un certain temps à comprendre où il voulait réellement en venir ou ce qu'il voulait vraiment raconter. Car pleins de personnages et tout autant de situations nous sont présentées sans qu'elles ne semblent faire corps. Et puis à un moment, le puzzle prend forme et tous les éléments prennent sens et je dois bien avouer que j'ai adoré ! Tout commence avec une famille sortant tout droit d'une carte postale déjeunant au soleil et en se faisant de gros câlins entourée de deux superbes viens. Et puis le drame arrive, le père de famille perd son emploi. Il n'y a alors aucun autre choix : éliminer la concurrence. Oui, c'est radical certes et le film en profite pour glisser énormément d'humour noir à l'intérieur qui tend quelques fois au drame. Effectivement, le film place le spectateur dans un inconfort permanent où on ne sait pas vraiment si l'on doit rire, avoir de la peine, de la pitié ou ressentir de la colère envers cet anti-héros qui fait tout pour retourner dans sa prison dorée. Car oui ici, le travail est présenté comme un enfermement hiérarchique et humiliant, quitte à se mettre à genoux dans les toilettes pour supplier un poste. Mais cet enfermement en permet un autre, celui de la cellule familiale, présentée comme étant presque irréelle. Tout est trop parfait, comme si cette vitrine sociale cachait quelque-chose de plus sombre. Mais cet enfermement, aucun des personnages (que ce soit l’anti-héros ou ses collègues au chômage) ne le comprend, tout le monde cherche à y retourner pour re-grimper les échelons d'une société profondément matérialiste et gangrénée par l'apparence. Et ainsi, à l'image des plantes, la famille dépérit au fil du film à cause d'un train de vie qu'ils ne peuvent plus se permettre de suivre. Et puis la fin continue sur cette lancée particulièrement acide avec un petit twist doux-amer. Et puis on soulignera également une mise en scène particulièrement élégante et stylisée ainsi qu'un montage travaillant énormément les transitions et les champ-contrechamps originaux pour un résultat aussi beau visuellement parlant que figuratif. Bref, "Aucun autre choix" est donc une nouvelle proposition assez radicale de Park Chan-wook qui fonctionne à merveille.
Deja adapté en France par Costa Gavras, mais cette fois, une satyre diablement efficace, drôle et prenante sur les dangers d'une Société trop carrée qu'on s'abandonne aux Patrons qui s'enrichissent sur notre dos, et sur les sacrifices à faire pour réussir !
Déçu, malgré le pitch et le réalisateur, on s'ennuie car ça traine en longueur. Cela parait décousu par moments. Reste des parties que je n'ai pas compris.
Ce sujet a bien évidemment été traité au cinéma mais la force du film est la qualité de la mise en scène et de la réalisation. On se laisse transporter par ce père de famille qui perd son emploi et se venge subtilement, un par un, et dans une certaine comédie assumée, de ses détracteurs. L'histoire est dramatique au fond mais astucieusement drôle dans les décisions incongrues de cet homme que rien ne prédestinait à ... La bande son colle parfaitement à l'histoire, ses acteurs, enfin, sont très bons et agréable à suivre. Encore une belle preuve de la qualité du cinéma coréen.
Aucun autre choix est le nouveau film du réalisateur coréen Park Chan-Wook à qui l'on doit notamment Old Boy et JSA. D'ailleurs, dans le rôle titre de Aucun autre choix, on retrouve l'acteur Lee Byung-Hun déjà présent au casting de JSA.
L'histoire est simple et fait écho à l'époque contemporaine, même si elle se situe en Corée du Sud. Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Mais il va être licencié et va entrer dans une situation de crise.
Et tout y passe, le sentiment de déclassement, l'anxiété avant chaque nouvelle opportunité d'emploi, les jobs alimentaires, la perte de revenu, les sacrifices. Dans cette spirale du chômage, qu'on connait tant depuis le choc pétrolier des années 1970, You Man-su va en arriver à une conclusion radicale. Pour obtenir le poste qu'il souhaite, il va devoir évincer tous ses concurrents.
Et dans cet intrigue, on se demande jusqu'où il sera capable d'aller. Pour savoir à quel point un homme est capable de se compromettre afin d'atteindre ses objectifs. Et on fait face alors à des situations excessivement troubles sur l'aspect moral. Et on se rend compte que la fin justifie toujours les moyens. Surtout quand il s'agit de monsieur tout le monde. La mise en scène de Park Chan-Wook est constamment inventive, dans la composition de plans limpides, le dynamisme du montage. L'écriture du scénario, le développement des personnages, et les divers rebondissements, fonctionnent à merveille. Même si le sujet est lourd, avec des conséquences tragiques, le film n'est pas dénué d'humour, qui fait mieux passer la pilule de cette histoire outrancière, parfois grotesque, mais qui n'en demeure pas moins, quelque peu réaliste, dans ce qu'elle révèle de la nature humaine profonde.
Park-Chan Wook signe une comédie noire, critique acerbe de notre société capitaliste. Lee Byung-hun est exalté et exaltant en tueur du dimanche et prend plaisir à s'éloigner du Game Master qu'il incarnait dans Squid Game. Une franche réussite.
Certes nous pourrions avoir une préférence pour le film de Costa-Gavras mais l’adaptation de Park Chan-Wook vaut le détour tant celle-ci mêle la pression sociale portée sur les épaules du père de famille mais aussi sa déchéance face à la perte de son emploi.
Entre vaudeville burlesque avec des scènes de tuerie à côté de la plaque, entretiens d’embauche incompréhensible… le film navigue entre différents genres pour le bonheur du spectateur.
La prouesse de l’acteur principal Lee-Byung-hun car il est excellent dans le rôle de ce père de famille complètement dépassé reste l’une des forces du film. Avec un dénouement inattendu, le réalisateur réussit son pari sans pour autant égalé la poésie de son précédent film Décision to Leave.
Park Chan-Wook est de retour ! Un thriller dramatique à l'humour noir grinçant et à la plastique toujours aussi maîtrisée et grisante. Le casting est impeccable, et Lee Byung-Hun impressionne une fois de plus. 2h20 de pur cinéma qui mérite définitivement le détour. Facilement le meilleur long métrage de ce début d'année.
Ce nouvel opus de Park Chan-Wook a des relents de Parasite, avec qui il partage beaucoup de similitudes : ils jouent sur plusieurs tableaux (drame, comédie, thriller) de façon brillante, et exploitent tous les deux, sous forme de satire, un postulat qui fait écho à la société coréenne et ses travers. Le scénario alpague dès les premiers instants, et malgré quelques creux ici et là, il tient en haleine jusqu'au dénouement grâce à un rythme tambour battant et une identification au personnage principal totale. Quelques scènes mémorables ponctuent l'ensemble.
Si vous avez déjà vu le film le Couperet, avec Garcia. Vous risquez d'avoir une impression de déjà vu. Voir même de trouver cela moins bon (à part la fin). En revanche si vous n'avez jamais vu ce film. Alors vous aurez certainement plaisir à cette comédie acide et en même temps totalement dramatique, très bien mise en scène et servie par des excellents acteurs. Les amateurs de séries et de films coréens retrouveront avec plaisir des visages connus.À voir surtout si vous découvrez.
Avec un récit aussi incisif que jubilatoire, Park Chan Wook remonte ses manches pour s'attaquer cette fois-ci à l'industrialisation. On y suit Yu-man Sou, un monsieur tout le monde dont la vie "idéale" bascule du jour au lendemain à la perte de son emploi. Au pied du mur, et afin de préserver son cocon familial, ce personnage au centre du récit auquel les spectateurs n'auront sans doute pas grand mal à s'identifier, ne voit pas d'autres solutions que d'éliminer ses potentiels concurrents mieux qualifiés pour un autre travail. Globalement, le film regorge d'idées et n'hésite pas à nous embarquer vers des sentiers assez sombres car même s'il se cache derrière une bonne dose de second degré, No Other Choice dépeint le portrait d'un homme sombrant peu à peu dans une folie destructrice irréversible. Quelques longueurs viennent cependant entraver le récit avant que tout ne reparte de plus belle, et en encore pire, rythmé par une bande son entraînante, à l'image de la pente très glissante sur laquelle se trouve le protagoniste. Certains verront à travers No Other Choice le portrait d'un homme pris d'une folie meurtrière. Je choisis d'y voir une critique acerbe de notre société capitaliste et des effets dévastateurs que l'industrialisation peut avoir sur des honnêtes travailleurs usés et abandonnés par un système toujours plus violent.
Très intelligent ; Les plans , comme toujours super beaux . Les musiques sont très bonnes , même sans les connaître. Et tous les propos du films résonnent bien . C’est notre société. Parler de notre société avec de l’humour noir , de la beauté . Et en prenant son temps.
Film typiquement coréen. Un peu décalé avec de l'humour, du thriller et un message représentatif de la société. J'ai passé un bon moment, très agréable à regarder avec Lee Byung-un toujours excellent. Beaucoup de situations loufoques qui sont très marrantes. La mise en scène est bonne et toute l'histoire est assez bien construite sans moments trop poussifs.
Même s’il reste ludique et que son sujet est intéressant, le nouveau film de Park Chan-wook retombe dans les travers que j’évoquais déjà à l’époque dans ma critique de A Normal Family, à propos des films de Bong Joon-ho et de Park Chan-wook.
Là où A Normal Family de Hur Jin-ho trouvait un juste équilibre entre profondeur et sobriété, sans renier la fougue et le côté expansif du cinéma sud-coréen, dans une œuvre aux multiples facettes, ceux de Bong Joon-ho ou de Park Chan-wook souffrent souvent d'un manque de subtilité. Bien que je sois souvent convaincu par leurs propos, certains poncifs, un côté trop démonstratif et des idées qui s’étirent excessivement dans la durée en réduisent souvent considérablement l’impact.
Dans Aucun autre choix, on retrouve une énième famille dysfonctionnelle, en proie à un système capitaliste obsédé par la performance et la réussite, aussi bien personnelle que professionnelle. Cette pression mène les protagonistes aux plus grandes folies, tout en les ramenant à des comportements primitifs, en miroir avec le caractère hyper contrôlé des us et coutumes sud-coréennes. Tout le monde se couvre, tout le monde dissimule, personne n'y gagne.
Finalement, le personnage principal, malgré la réussite à laquelle il aspirait tant, se retrouve seul, dindon de la farce, au terme d’une course acharnée, profondément masculinisée et patriarcale.
En reste un métrage clairement pas inintéressant et offre à de nombreuses cogitations, mais trop convenu et en deçà d'autres propositions récentes.