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Shawn Atreides
37 abonnés
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3,0
Publiée le 17 février 2026
Même s’il reste ludique et que son sujet est intéressant, le nouveau film de Park Chan-wook retombe dans les travers que j’évoquais déjà à l’époque dans ma critique de A Normal Family, à propos des films de Bong Joon-ho et de Park Chan-wook.
Là où A Normal Family de Hur Jin-ho trouvait un juste équilibre entre profondeur et sobriété, sans renier la fougue et le côté expansif du cinéma sud-coréen, dans une œuvre aux multiples facettes, ceux de Bong Joon-ho ou de Park Chan-wook souffrent souvent d'un manque de subtilité. Bien que je sois souvent convaincu par leurs propos, certains poncifs, un côté trop démonstratif et des idées qui s’étirent excessivement dans la durée en réduisent souvent considérablement l’impact.
Dans Aucun autre choix, on retrouve une énième famille dysfonctionnelle, en proie à un système capitaliste obsédé par la performance et la réussite, aussi bien personnelle que professionnelle. Cette pression mène les protagonistes aux plus grandes folies, tout en les ramenant à des comportements primitifs, en miroir avec le caractère hyper contrôlé des us et coutumes sud-coréennes. Tout le monde se couvre, tout le monde dissimule, personne n'y gagne.
Finalement, le personnage principal, malgré la réussite à laquelle il aspirait tant, se retrouve seul, dindon de la farce, au terme d’une course acharnée, profondément masculinisée et patriarcale.
En reste un métrage clairement pas inintéressant et offre à de nombreuses cogitations, mais trop convenu et en deçà d'autres propositions récentes.
Avec Aucun Autre Choix, le maître sud-coréen Park Chan-Wook propose son adaptation du roman Le Couperet. Un mélange des genres, entre comédie noire, cartoon et thriller social qui offre une satire grinçante du monde du travail moderne.
Passant d’un registre à l’autre sans jamais perdre en tension, c’est un film foisonnant, porté par une mise en scène généreuse, inventive et dingue de maîtrise. C’est excessif, on enchaîne les ruptures de tons, les variations de rythmes, les raccords improbables. Cette opulence et cette virtuosité formelles sont au service d’une charge féroce contre notre société contemporaine et ses logiques inhumaines.
Lee Byung-Hun est excellent dans le rôle de ce cadre bien installé qui perd progressivement pied après son licenciement et qui, pour décrocher le poste qu’il convoite, va chercher à éliminer ses concurrents. En même temps que lui, le film bascule dans la folie et c’est aussi drôle que jouissif et superbement rythmé.
L’une des originalités du film tient justement à ce personnage : il n’a ni le sang froid ni l’intelligence d’un tueur. C’est un homme maladroit, idiot, aliéné, poussé à bout par la perte d’un statut et d’un confort artificiels. Sa peur du déclassement, inéluctable dans cette logique de “performance” et de rentabilité toujours plus inhumaine, devient le moteur de sa dérive.
Mais s’il se rend compte qu’il était totalement soumis à un système déshumanisant, il va tout faire pour y retrouver sa place. Il ne cherche pas à s’y opposer mais à être celui qui va profiter des règles du jeu et faire partie de cette minorité (toujours plus réduite) qui en bénéficie au détriment de tous les autres. Un bourgeois prêt à tout pour le rester. En ce sens, le film épouse le cynisme du capitalisme dans une métaphore glauque de l’individualisme et de la logique de compétition qu’il impose à tous. La folie de cet homme étant littéralement fabriquée par le système et par une pression sociale constante au statut et à la performance, une folie qui, au même titre que les logiques capitalistes, est justifiée par l’idée qu’il n’y aurait “aucun autre choix”.
Le capitalisme et cette illusion qu'en perdant un statut social on peut tout perdre. Au-delà de ce point de départ conceptuel, le réalisateur déploie une narration surprenante qui joue de contorsions, de moments de folie pour ne pas rester dans un propos monolithique sans nuances. Même si n'avoir aucun autre choix enferme, c'est la manière de gérer cette "prison" qui est intéressante
Ce film est exceptionnel !... Ces Coréens, ont vraiment beaucoup d'Imaginations. Pour maintenir sa place dans ce monde "Cruel", on a pas d'autre choix que de supprimer ses opposants. Un film qui est à la fois Hilarant, Effrayant et Pertinent. On le dira jamais assez, il faut préserver la vie des "Femmes" et des "Enfants", pour ça, il n'y a que des "Hommes" qui sont en mesure de le faire. Pour éviter le chemin de personnes Toxiques ou des situations désastreuses qui peuvent miner la santé Mentale ou Physique de personnes plus "faibles", il est nécessaire de protéger les plus démunis. Un film étrange où l'on se rend compte que la Problématique Philosophique qu'il relève est sans appel ; l'Homme est il un monstre par "Nature" ou par "Nécessité" ??? Cruelle Réalité !...
Remake assumé du film Le Couperet de Costa-Gavras avec José Garcia, le réalisateur coréen transpose l’histoire dans un contexte local où la pression professionnelle et la culture du travail prennent une dimension encore plus écrasante.
Park Chan-wook adapte intelligemment le matériau d’origine aux préoccupations sud-coréennes : cadences infernales, compétition permanente et peur du déclassement social. Le film se pose comme une critique acerbe du monde du travail moderne, où l’individu devient jetable.
L’humour noir, omniprésent, fait mouche grâce à des idées de mise en scène ingénieuses, des costumes stylisés et un jeu d’acteurs d’une précision chirurgicale. Cette élégance formelle contraste avec la noirceur du propos et renforce l’ironie mordante du récit.
J’ai cependant trouvé le film un peu long, surtout dans sa première partie, qui prend son temps pour installer l’histoire et les enjeux. Une mise en place nécessaire, mais qui peut freiner l’immersion.
Au final, un thriller social élégant et grinçant, moins percutant que son modèle mais porté par la patte visuelle et l’ironie cruelle de son réalisateur.
J'ai vu le film hier dans une petite salle. J'ai beaucoup aimé l'idée du film. J'ai été très agréablement surpris malgré la durée importante. Il me fera réfléchir longtemps sur ce que l'on peut être capable de faire suite à la perte d'un travail. Je place ce film dans mon top 3 de tous les films que j'ai vus.
Film dont le sujet paraissait intéressant, mais tout y est poussé à l’extrême, effets répétitifs épuisants , c’était assez ennuyeux en fait voire insupportable, j’ai pensé quitter la salle ce qui est ultra rare,
6/10 adapté du même roman que le film le couperet avec Jose Garcia, on se lance dans un comparatif, le film de Costa Gavras n'était pas subtil, mais celui là manque franchement de finesse, au détriment de l'intrigue...
On peut penser ce qu'on veut du cinéma de Park Chan-Wook, une chose au moins n'est pas discutable : c'est son incroyable inventivité en terme de mise en scène, et même plus généralement de cinéma.
Impossible de lister ici tous les effets imaginés par le cinéaste coréen dans ce nouveau film, mais en voici un petit aperçu : mouvements de caméra étranges, éclairages complètement flippés, surimpressions en tout genre (avec une prédilection pour les formes circulaires), visions oniriques (le fils dans le bonsaï), jeux de transparence avec toutes sortes d'écrans et de surfaces réfléchissantes, enchaînement de plans surprenants, cadrage aventureux, gros plans anatomiques...
Cette virtuosité féconde, habituelle chez le cinéaste, se double ici d'un travail sur le scénario de même nature. Les tours et détours de l'intrigue nous proposent en effet un florilège de résonances : dialogues qui se répètent, coups de théâtre qui se répondent, motifs qui reviennent (la petite fille ne parle pas, le personnage principal doit écrire les phrases qu'il veut dire).
C'est à un véritable ping-pong moral que se livrent les protagonistes, réussissant d'ailleurs à nous égarer nous-mêmes (serions nous prêts à tout pour sauver nos proches ? pourquoi éprouvons de la sympathie pour un triple assassin ? le mal est-il au final omniprésent, ne demandant qu'à apparaître quand le vernis de la civilisation s'effrite ?).
Ajoutons à cela que la toile de fond du film évoque habilement de nombreux sujets plus ou moins importants dans la société coréenne (le capitalisme, la robotisation, la soif de réussir, l'alcoolisme, la guerre du Viet-Nam, l'ego masculin malmené), et on obtiendra une oeuvre dense, qu'on aura plaisir à voir si on aime le grotesque macabre et le second degré déjanté. Et si on ne cherche pas de sens particulier à ce tableau grinçant.
Aucun autre choix, bien supérieur au premier film tiré du roman de Donald Westlake (Le couperet de Costa-Gavras, à qui le film est dédié ), nous rappelle que Park Chan-Wook est bien l'un des meilleurs réalisateurs du moment.
Aucun autre choix est précisément ce que j’aime dans le cinéma coréen. De la réalisation à l’histoire qui nous est raconté, tout est dans le détail, chaque cadrage nous raconte un message profond. Ici l’histoire nous emmène dans une réalité dure et bien réel. Ce que j’apprécie c’est cette tension permanente, on accompagne le personnage principal dans chacun de ses choix. Et comme lui on se questionnerait sur le sens moral de ses actes, mais on a de l’empathie pour lui, car il est simplement écrasé par la pression d’un système qui aura raison de lui. C’est pourquoi il n’a au final aucun choix.
Un excellent film coréen. Je commence à m'habituer au fait que les films coréens sont dans leur immense majorité sacrément bien écrits, tournés et réalisés. Malgré les différences culturelles notables entre nos cultures occidentales, ils fonctionnent tout à fait sur un public français comme le nôtre - en tout cas celui-ci a merveilleusement fonctionné sur moi. Beaucoup d'humour et de dérision, des personnages attachants, des personnalités marquées, le tout dans une intrigue non téléphonée, avec pas mal de rebondissements scénaristiques. Je pense que c'est le film coréen que je préfère à ce jour, une vraie pépite. Toujours dans le registre social cependant - est-ce lié à la culture coréenne, ou est-ce que seuls leur films "à festival", donc avec des questions sociétales, nous parviennent à nous, européens. Je ne sais pas. En tout cas, on est dans le pathos mais pas la lamentation, et l'humour général du film relève la lourdeur du thème du chômage et de la réussite sociale qui y est traité.
Dans "Aucun autre choix", Park Chan-wook prend le roman Le Couperet pour le plonger au cœur d’une Corée rongée par la compétition économique, où un homme poussé à bout bascule dans l’extrême pour conserver sa place. La mise en scène, inventive et méticuleusement composée, entremêle tragédie contemporaine et satire grinçante avec une virtuosité formelle indéniable. Porté par un casting solide et des cadres d’une précision chirurgicale, le film impressionne autant qu’il dérange. Pourtant, l’équilibre entre burlesque cruel et drame social semble parfois instable, diluant l’impact émotionnel d’un récit qui aurait gagné à être resserré. Une œuvre audacieuse, riche visuellement, qui questionne frontalement la violence d’un système sans toujours atteindre toute la profondeur espérée.
Un des meilleurs film que j'ai vu de ces 5 dernières années, tout est parfait. La seule chose qui me dérange c'est le fond du scénario qui n'est pas vraiment innovant.