Pur chef-d'œuvre de comédie noire que ce No Other Choice ! Après l'adaptation de The Ax par Costa-Gavras, Park Chan-wook reprend les prémices de base pour en faire un film extrêmement contemporain, alors que Lee Byung-hun joue un père de famille licencié, planifiant 3 assassinats afin d'être le favori pour un poste dans l'industrie du papier. D'entrée de jeu, le cinéaste coréen déploie un arsenal de mise en scène absolument vertigineux pour livrer à la fois son film le plus ludique et accessible, sans jamais livrer un récit simpliste pour autant. C'est renversant : plans subjectifs, superpositions, dutch angles, placements de caméra insolites, prises de vue à l'intérieur d'une bouche ou d'un verre d'alcool... notre cerveau a clairement besoin d'un second visionnage pour emmagasiner la maestria totale de la réalisation. À l'image de cette séquence de conversation téléphonique abdolument unique en terme de scénographie, ou une scène de meurtre virant au slapstick étouffée par la musique intra-diégétique. Et si No Other Choice est drôle, Park Chan-wook tire un portrait au vitriol de nos sociétés capitalistes, sans jamais oublier le caractère humain. C'est particulièrement probant via ces instants où l'écriture s'intéresse aux émotions des cibles, l'occasion d'un transfert signifiant vis-à-vis d'un Lee Byung-hun trouvant ici un de ses tous meilleurs rôles. Jonglant de manière incroyablement maîtrisée entre les tons (capable de passer d'une hilarante séquence de beuverie à un meurtre viscéral), le film se permet même de proposer une histoire d'amour superbement écrite avec la femme du protagoniste (là aussi impeccablement joué par Son Yen-jin). Un regard sur le mariage, la famille, les sacrifices et in fine un miroir résolûment réaliste de la transformation socio-économique subie en Corée (les toutes dernières scènes abandonnent très clairement le genre). On pourrait disséquer chaque composante de ce No Other Choice, alors que Park Chan-wook a véritablement fait son Parasite à lui. De loin le plus grand film de l'année !