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Jeremiebernier
1 critique
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5,0
Publiée le 30 octobre 2024
Fin, captivant, dynamique et très enlevé, malgré la pesanteur du sujet. Les protagonistes sont immédiatement attachants et l'histoire est saisissante. A voir absolument !
Un film documentaire bouleversant et nécessaire. Nécessaire pour Emmanuel certes, et pour tous les autres aussi. Puissent-ils avoir la même détermination.
Sentiment étrange dans cette salle obscure où je me trouvais que chaque spectateurs présents, dont les regards se croisèrent discrètement, avaient chacun une bonne raison de voir ce film.
Extrêmement bien réalisé par Claudia Marshal, filmé au plus proche de l'intime avec subtilité, sans y entrer complètement, sans voyeurisme. le montage est également très réussi.
Superbe film, avec une mise en scène audacieuse sur un sujet délicat magnifiquement mis en lumière et servi par une bande son aux petits oignons ! Bravo
Le sujet est interessant, mais tout est centré sur lui, peu d'envie que cela n'arrive pas à d'autres, très égocentriste et peu de réflexions sur ce problème qui touche au dernier recensement plus de 330 000 enfants avec des procès qui trainent pour obtenir de la part du clergé une "absolution" en obtenant comme dans le film un non suivi à cause de prescription
Vu à Port de Bouc pour une première en partenariat avec l’association FAce à l’inceste. Ce film est une claque purement et simplement. La famille, l’amour, la tolérance et le pardon y tient une place primordiale. Aborder ce sujet comme Claudia l’a abordé est un vrai défit réussi. À voir absolument. Randal
Touchant, juste, nécessaire ! Un soulagement et un brin de justice pour toutes ces victimes qui sont avant tout des enfants. La douleur racontée par des souvenirs, à la fois de l'enfant et de sa famille. La résilience et la force de garder pour soi un secret pendant des années. Allez voir ce film sans hésitation.
Formidable film documentaire , extrêmement bien monté et dans lequel on découvre au-delà de l'agression sexuelle de la part d'un homme d'église une relation compliquée entre un père et son fils, un père qui, absorbé par son travail, n'avait pas su ou voulu entendre la détresse de son fils. Très touchant et très sincère.
Un magnifique documentaire sur un sujet plus que délicat. C'est très émouvant, poignant parfois. A la déposition proprement dite qui expose l'horreur et constitue le fil dramatique du film se mêle le récit d'une réconciliation entre le fils et le père qui avait perdu sa confiance pour ne pas l'avoir crû. La scène d'une certaine complicité retrouvée à la fin du film est extrêmement touchante... Une musique envoûtante accompagne les vidéos super 8 qui nous replongent dans l'enfance à jamais bouleversée du protagoniste.
En 1993, Emmanuel Siess, alors âgé de treize ans à peine, a été abusé par un prêtre à qui il vouait une confiance absolue. Ses parents n’ont pas cru leur enfant qui leur avait aussitôt rapporté les faits. Près de trente ans plus tard, après y avoir longuement réfléchi et contacté l’archevêque de Strasbourg, Emmanuel décide de porter plainte à la gendarmerie. Sa cousine, Claudia Marschal, une réalisatrice formée à l’école documentaire de Lussas (Ardèche), filme sa déposition.
Depuis l’admirable travail mené par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) présidée par Jean-Marc Sauvé, on en sait plus sur ce sujet longtemps tabou : son rapport estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de victimes, surtout de jeunes garçons, d’abus commis par quelque trois mille pédo-criminels au sein de l’Eglise catholique depuis les années 50.
Emmanuel fut l’un d’entre eux, dont l’histoire serait banale si elle n’était pas dramatique. Elle a pour cadre le Sundgau haut-rhinois, à la frontière de l’Allemagne et de la Suisse. Benjamin d’une fratrie de trois enfants, délaissé par ses parents que la gestion quotidienne de leur bar-restaurant accaparait, hypersensible, Emmanuel est très pieux depuis sa tendre enfance. Il devient servant de messe et se rapproche du nouveau curé de la paroisse. Emmanuel raconte comment, un jour d’orage, le prêtre prenant prétexte de la pluie, l’a dénudé et caressé. Les faits sont prescrits car ils constituent des agressions sexuelles. Y aurait-il eu viol, ils ne l’auraient pas été, la prescription s’étendant désormais trente ans après la majorité du mineur violé.
Le documentaire de Claudia Marschal utilise les vieilles photos et les films Super-8 tournés pendant l’enfance d’Emmanuel. On y voit une France profondément rurale, qui me rappelle celle de mon enfance dix ans plus tôt, avec ses fêtes familiales copieusement arrosées. Emmanuel est le héros du film. Il a aujourd’hui près de quarante ans. C’est un bel homme qui assume son homosexualité sans ambages et qui est toujours en quête spirituelle : il a quitté l’Eglise catholique pour l’Eglise évangélique. Le père d’Emmanuel est l’autre héros du film : c’est un homme fruste qui s’exprime avec un très fort accent, animé par une foi profonde, presqu’idolâtre. Il est taraudé par le remords d’avoir fait la sourde oreille au témoignage de son fils et voudrait maladroitement rattraper le temps perdu.
J’ai eu la chance d’assister au Saint-André-des-arts au débat qui a suivi la projection du film, le jour de sa sortie, en présence de sa réalisatrice. Claudia Marschal a expliqué sa démarche avec beaucoup d’intelligence, refusant d’en faire le film d’un thème – les abus sexuels dans l’Eglise – ou d’une cause – la condamnation du père Hubert qui continue, comme si de rien n’était, à officier dans la même Église, située juste à côté du domicile familial.
On est plongé dans des souvenirs (images d'archives) qui cohabitent avec le présent de l'action (rencontres entre des protagonistes), le tout appuyé par un fil rouge qui est autre que La déposition elle même. C'est à la fois beau, contemplatif, vrai, touchant et universel.