La Déposition
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 octobre 2024
En 1993, Emmanuel Siess, alors âgé de treize ans à peine, a été abusé par un prêtre à qui il vouait une confiance absolue. Ses parents n’ont pas cru leur enfant qui leur avait aussitôt rapporté les faits. Près de trente ans plus tard, après y avoir longuement réfléchi et contacté l’archevêque de Strasbourg, Emmanuel décide de porter plainte à la gendarmerie. Sa cousine, Claudia Marschal, une réalisatrice formée à l’école documentaire de Lussas (Ardèche), filme sa déposition.

Depuis l’admirable travail mené par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) présidée par Jean-Marc Sauvé, on en sait plus sur ce sujet longtemps tabou : son rapport estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de victimes, surtout de jeunes garçons, d’abus commis par quelque trois mille pédo-criminels au sein de l’Eglise catholique depuis les années 50.

Emmanuel fut l’un d’entre eux, dont l’histoire serait banale si elle n’était pas dramatique. Elle a pour cadre le Sundgau haut-rhinois, à la frontière de l’Allemagne et de la Suisse. Benjamin d’une fratrie de trois enfants, délaissé par ses parents que la gestion quotidienne de leur bar-restaurant accaparait, hypersensible, Emmanuel est très pieux depuis sa tendre enfance. Il devient servant de messe et se rapproche du nouveau curé de la paroisse. Emmanuel raconte comment, un jour d’orage, le prêtre prenant prétexte de la pluie, l’a dénudé et caressé. Les faits sont prescrits car ils constituent des agressions sexuelles. Y aurait-il eu viol, ils ne l’auraient pas été, la prescription s’étendant désormais trente ans après la majorité du mineur violé.

Le documentaire de Claudia Marschal utilise les vieilles photos et les films Super-8 tournés pendant l’enfance d’Emmanuel. On y voit une France profondément rurale, qui me rappelle celle de mon enfance dix ans plus tôt, avec ses fêtes familiales copieusement arrosées. Emmanuel est le héros du film. Il a aujourd’hui près de quarante ans. C’est un bel homme qui assume son homosexualité sans ambages et qui est toujours en quête spirituelle : il a quitté l’Eglise catholique pour l’Eglise évangélique. Le père d’Emmanuel est l’autre héros du film : c’est un homme fruste qui s’exprime avec un très fort accent, animé par une foi profonde, presqu’idolâtre. Il est taraudé par le remords d’avoir fait la sourde oreille au témoignage de son fils et voudrait maladroitement rattraper le temps perdu.

J’ai eu la chance d’assister au Saint-André-des-arts au débat qui a suivi la projection du film, le jour de sa sortie, en présence de sa réalisatrice. Claudia Marschal a expliqué sa démarche avec beaucoup d’intelligence, refusant d’en faire le film d’un thème – les abus sexuels dans l’Eglise – ou d’une cause – la condamnation du père Hubert qui continue, comme si de rien n’était, à officier dans la même Église, située juste à côté du domicile familial.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 novembre 2024
Lors d’un après-midi pluvieux, Emmanuel trouve refuge chez Hubert, le curé du village. Il y va serein puisqu’ils se connaissent bien tous les deux, sauf que ce dernier va abuser de sa confiance et désormais, plus rien ne sera comme avant.

Lorsqu’il était jeune, Emmanuel Siess était investi au sein de la paroisse, il était enfant de coeur et faisait partie de la chorale. C’est en août 1993, alors âgé de 13 ans, qu’il sera victime d’abus de la part du prêtre. 30 ans plus tard, c’est une lettre d’Hubert qui lui est adressée qui viendra tout chambouler dans sa vie et tout remettre en question (son père venait d’aller voir Hubert à son insu pour s’expliquer avec lui). Cette lettre sera l’élément déclencheur, celle qui lui permettra de franchir le pas, à presque 40 ans, d’aller déposer plainte.

Claudia Marschal dresse le portrait d’un homme à qui on a volé son innocence, celle d’un jeune garçon dont les parents (très croyants) ne l’ont pas cru lorsqu’il a osé leur en parler. Emmanuel n’a pas eu l’enfance qu’il aurait dû avoir, ayant grandi sans la surveillance de ses parents (trop occupés dans leur bar/restaurant), il pensait avoir trouvé refuge et conseil auprès d’Hubert, mais cette connaissance affective sera trompeuse et se retournera contre lui.

Le film alterne habilement l'enregistrement audio de sa déposition à la gendarmerie de son village, son appel au diocèse et sa rencontre avec l'archevêque de Strasbourg, tout en alternant avec des images d'archives en Super 8 et des séquences filmées avec Robert, son père et Virginie, sa sœur. Via sa déposition à la gendarmerie, on découvre de façon chronologique les événements qui ont précédés et suivi son agression sexuelle, il nous est difficile de ne pas y rester insensible.

La Déposition (2024) met en lumière les abus sexuels commis par des membres de l’Église et dresse aussi le portrait touchant de deux hommes (père et fils) qui vont apprendre à se réconcilier.

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Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2024
Victime d'une agression sexuelle par le prêtre de son village à l'âge de 13 ans, Emmanuel décide, trente ans plus tard, de porter plainte contre lui.

Accompagné dans sa démarche par sa cousine réalisatrice, il enregistre discrètement l'intégralité de sa déposition au commissariat. Cette audition constitue la colonne vertébrale du film et est entrecoupée d'échanges entre lui et son père, avec sa soeur, ainsi que l'enregistrement d'un rendez-vous avec l'Archevêque de Strasbourg pour signaler à l'Eglise ces agissements.

Si les mots sont essentiels, le film ne néglige pas pour autant le pouvoir des images. Extraits de vidéos super 8 tournées pendant l'enfance de la victime, photos de son adolescence , retour sur les lieux où il a vécu, plans fixes de symboles religieux, accompagnent sa déposition.

L'on est évidemment abasourdi par le déni qui a entouré l'histoire de cet homme. Le déni du prêtre qui a commis ces actes, le déni de l'Église, qui accueille la parole d'Emmanuel avec un calme et une sérénité absolument glaçants, mais aussi et surtout celui de ses parents.

Car au-delà d'une histoire personnelle déchirante sur l'impossibilité de se construire et d'avancer après avoir subi de tels actes, ce récit est également le témoignage d'une époque, la photographie d'un autre monde, dans lequel les enfants étaient souvent livrés à eux-mêmes, dans certains milieux sociaux, et leur parole peu ou pas considérée.

Longtemps dans le refus d'y croire, et maintenant gagné par la culpabilité, le père d'Emmanuel est le représentant de cette ancienne génération qui tente tant bien que mal de s'adapter à l'ère post me-too, pour laquelle le logiciel des gens de son âge ne semble pas vraiment programmé. Le voir faire ce cheminement essentiellement par amour pour son fils est particulièrement touchant.

Une réconciliation qui jouera sans nul doute un rôle clé dans la reconstruction d'Emmanuel.

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dimah
dimah

26 abonnés 113 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 octobre 2024
Le sujet est interessant, mais tout est centré sur lui, peu d'envie que cela n'arrive pas à d'autres, très égocentriste et peu de réflexions sur ce problème qui touche au dernier recensement plus de 330 000 enfants avec des procès qui trainent pour obtenir de la part du clergé une "absolution" en obtenant comme dans le film un non suivi à cause de prescription
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2025
Superbement monté, intelligemment réalisé, ce film documentaire raconte la quête de vérité d’Emmanuel, aujourd’hui âgé d’une quarantaine d’années. À l’âge de 13 ans, dans un petit village du sud de l’Alsace, il a été victime d’attouchements sexuels de la part du prêtre de sa paroisse. À l’époque, il s’était peu exprimé et peu l’avaient cru, y compris au sein de sa propre famille. Réalisé par la cousine du principal intéressé, La déposition raconte le processus de reconstruction par lequel Emmanuel va s’affirmer en tant que victime – qui se matérialisera par un dépôt de plainte, des échanges avec l’institution catholique mais aussi (et surtout) par un dialogue avec son propre père, qui, à l’instar de la société entière, n’a pas su défendre son fils adolescent à l’époque des faits. Passionnant de bout en bout, et d’une sensibilité folle.
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 799 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2024
Un récit passionnant, intelligent et important, un excellent documentaire.
Jerican
Jerican

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 avril 2025
Sur un sujet aussi délicat, La Déposition est un véritable tour de force. D'une précision et finesse folles, d'une poésie inattendue et pourtant le film est aussi brute, parfois rugueux, je veux dire combattif comme l'est son protagoniste principal.
D'habitude je ne suis pas friand des films documentaires avec un sujet qui prend le pas sur le cinéma, ici c'est tout le contraire, c'est le cinéma, la mise en scène qui offrent un espace, de la vie au sujet et à son protagoniste. La musique est aussi singulière que le film, elle crée une tension tout en enveloppant le récit de mélancolie et de mystère, elle est aussi précise et inventive que l'est la mise en scène. Une cinéaste à suivre.
Martin P
Martin P

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 août 2025
Grand film documentaire sur un sujet épineux, un sujet casse-gueule avec lequel la réalisatrice, Claudia Marschal, trouve la juste distance qui permet au spectateur de se sentir impliqué sans malaise, de vivre autant que de voir, entendre, observer un questionnement en action au service d'une forme de libération. Une attention de tous les plans à son sujet comme au protagoniste. A voir !
John
John

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 août 2025
Film extrêmement délicat sur un sujet qui l'est tout autant. Autant le personnage est brut, en colère (dans le bon sens du terme), autant la mise en scène est précise, sensible, subtile et onirique. Oui, il y a beaucoup de poésie dans ce film et un rapport au temps et à l'espace qui laisse vivre les émotions qui affluent, une mise en scène qui nous permet aussi de partager cette colère du/avec le protagoniste. Un film de combat qui reste en nous, qu'on soit concerné ou pas par le sujet.
Théo Walch
Théo Walch

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2024
Plus qu’un documentaire, La Déposition nous fait entrer dans le journal intime d’Emmanuel, partageant ses peurs, sa colère et ses moments de joie avec une authenticité touchante. La réalisation de Claudia Marshall, à la fois délicate et immersive, nous entraîne dans un voyage introspectif en quête de justice.

Un récit intimiste, poignant et d’une utilité publique indéniable, rappelant aux victimes de ces violences qu’elles n’ont rien à se reprocher. Ce film offre un espace de soutien,
et peut encourager à briser le silence.
Mathieu DUBECH
Mathieu DUBECH

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2024
La Déposition pose un regard très juste sur les agressions sexuelles dans l’église, le silence dans la famille, les difficultés d’acceptation et d’écoute mais aussi l’impact de la justice dans le processus de réparation. Ce documentaire offre un bon rythme, presque comme une fiction, avec des protagonistes qu’on découvre, qui évoluent. Ils nous touchent comme ils nous font rire. Tout est très juste sur le propos et le regard porté sur les situations. La musique appuie vraiment les moments forts, on y sent presque une tension parfois. J’ai été marqué aussi par les bruits de la justice (le clavier lors de la déposition, les bruits de tiroir, les tampons, etc) qui contrastent avec le discours fort porté en même moment. C’est très bien vu et montre soit des bruits finalement rassurant, soit des bruits très froids. Ce point m’a vraiment marqué. Je conseille de prendre 1h30 pour se plonger dans cette histoire qui pointe sans jugement les disfonctionnements dans l’église et la communication sur les sujets sensibles.
nataleos
nataleos

4 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 novembre 2024
Une heure trente d’autocomplaisance.
Emmanuel à l’âge de 13 ans subit les attouchements du curé de son village, il met 30 ans pour évacuer la perturbation générée reprochant à ses parents de ne pas l’avoir écouté. Ça donne une interminable confession très égocentrique avec en prime une vision de l’église catholique très négative.
Pjlh
Pjlh

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2024
Un excellent film emprunt de beaucoup d’émotions traduisant toutes les phases que parcourent les victimes pour arriver à parler sans oublier la pression sociale qui entoure cette parole et ce que l’on en fait . À voir absolument
Virginie Allevione
Virginie Allevione

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 octobre 2024
Magnifique. Musique, réalisation, images d’archives, tout est merveilleusement bien mené. Longue vie à ce documentaire d’utilité publique.
Nathalie Rubin
Nathalie Rubin

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2024
Un film émouvant, extrêmement bien ficelé, où le son accompagne l’image poétique, et vice versa où les images super 8 des annees 90 / actuelles complètent le fil du film: la déposition ! Un sujet universel traité avec une réelle délicatesse et des personnages d’une incroyable authenticité qui se livrent avec des mots et se délivrent de leurs maux ! À ne pas rater
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