La Traque de Meral a été présenté lors de l’édition 2024 du Festival du cinéma néerlandais qui se tient chaque année à Utrecht, aux Pays-Bas.
Il s’agit du troisième long-métrage du réalisateur Stijn Bouma, après Regained Memory (2018) et Alleen tegen de Staat (2021). Ces deux films ne sont cependant jamais sortis en France.
Le film s’inspire de la "Toeslagenaffaire", un scandale politique qui s’est développé progressivement à partir de 2010 lorsque le gouvernement néerlandais, alors dirigé par Mark Rutte, a commencé à durcir drastiquement le contrôle des prestations sociales, notamment celles destinées aux familles avec des enfants. Ces aides permettaient en particulier de financer la garde d’enfants, qui est très onéreuse aux Pays-Bas. Face aux pressions de l’opinion et aux révélations de la presse, le gouvernement Rutte III a finalement dû mettre un terme à ces pratiques et a présenté sa démission collective.
Par le passé, Stijn Bouma avait déjà réalisé deux documentaires autour de ce scandale d’état, Allen tegen de Staat (2021) puis Sheila versus de Staat (2023).
Parmi les cinéastes dont il reconnaît s’être inspiré, Stijn Bouma évoque notamment Robert Bresson et Krzysztof Kieślowski.
Pour La Traque de Meral, Stijn Bouma a choisi d’aller vers le thriller psychologique. Un choix justifié par la paranoïa ressentie par les victimes du scandale. Ainsi, la scène où le personnage de Meral dépose ses enfants à l’école et aperçoit la police est inspiré d’un témoignage réel. Une des victimes avait justement raconté au réalisateur que lorsqu’elle était en voiture avec ses enfants, elle leur demandait de s’allonger par terre, afin de parer à toute éventualité.