Alpha
Note moyenne
2,6
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229 critiques spectateurs

5
34 critiques
4
48 critiques
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Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 août 2025
Déception pour cet opus de la réalisatrice, où le scénario me semble décousu, certaines scènes sont vraiment longues et me semblants pas toujours essentielles.
Pas du tout convaincu par ce film!
Xfun Alegre
Xfun Alegre

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 mai 2025
So vous recherchez un film où les 3 acteurs ne parlent jamais mais crient en permanence , si vous recherchez un récit dystopique et sans humour, c'est votre film, vous adorerez
Alice025

1 887 abonnés 1 501 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 août 2025
Un film assez dur sur la propagation d'un virus, faisant volontairement écho à l'apparition du Sida dans les années 1980 ainsi qu'à la psychose autour de la contamination. Le trio mère, frère et fille fonctionne relativement bien, il est difficile de voir cette famille luttant contre l'addiction, la peur ou le rejet d'autrui. L'histoire aborde bien les traumatismes qui en découlent, mais aussi un amour familial inconditionnel. Tahar Rahim est impressionnant dans son rôle de toxicomane et Golshifteh Farahani m'a beaucoup touché tant elle se bat par crainte de perdre ceux qu'elle aime.
Quelques lenteurs parfois ainsi qu'une sensation de fouilli chronologique, mais qui n'impacte que faiblement la puissance du film. Poétiquement impactant. Mon blog : cinephile critique
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2025
Glauquissime

Fin septembre / début octobre, c’est la période où nos écrans sont envahis, pour le meilleur et aussi parfois pour le pire par les films présentés à cannes dans les multiples catégories. Celui de Julia Ducournau – Palme d’Or en 2021 pour le très pénible Titane, ne fait pas exception à la règle. Alpha, 13 ans, est une adolescente agitée qui vit seule avec sa mère. Leur monde s’écroule le jour où elle rentre de l'école avec un tatouage sur le bras. 128 minutes épuisantes, qui ne manquent certes pas de qualités, Mme Ducourneau est une vraie cinéaste avec un style et des obsessions bien marqués. Mais voilà, même si ce drame se révèle beaucoup moins violent que ses deux précédents films, ça se révèle souvent éprouvant et confus malgré un casting plus que brillant et très investi. A voir avec des pincettes.
Comme dans ses autres films, la cinéaste évoque à nouveau la question de la mutation, tant physiquement que psychologiquement, d’un personnage féminin. Par contre cette fois, elle développe la figure de la mère. Le film approfondit le concept dit du « gisant ». Il s’agit d’une théorie psychanalytique où le traumatisme d’une mort brutale se transmet à un descendant, qui revit ainsi ses symptômes. Ici on voit des personnes atteintes d’un mystérieux virus se transforment peu à peu en statues. Evidemment, bien que le mot ne soit jamais prononcé, ce drame évoque l’épidémie du sida dans les années 1980 et surtout la psychose liée au virus. Mais voilà, c’est devenu une véritable mode, le récit est déstructuré, ce qui le rend souvent confus voire abscons. Le rêve côtoie souvent la réalité, on passe d’une époque à une autre sans transition et parfois même plusieurs fois dans la même scène ??? Le récit en est, hélas, beaucoup moins lisible. Un film bouleversant, mais aussi très clivant, ce qui ne justifie sûrement pas le déferlement d’avis négatifs qui accompagnent sa sortie. Un puzzle onirique très personnel… trop personnel.
Mélissa Boros, une des jeunes pousse du cinéma français, confirme ici tous les espoirs qu’on met en elle. Tahar Rahim, - tout du moins ce qu’il en reste, car il a perdu 20 kilos pour incarner son personnage de toxico -, est comme toujours magnifique. Mais pour moi, la palme revient à la merveilleuse Golshifteh Farahani, dont je ne saluerais jamais assez l’immense talent. Citons encore Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Louey El Amrouzi et la toute jeune Ambrine Trigo Ouaked. On ajoutera une magnifique bande-son très éclectique. Tragédie pandémique, uchronie à la limite du fantastique… un film qui procure plus de malaise que de plaisir. Déroutant, provocant et radical.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 221 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2025
Présenté à Cannes et largement descendu par la critique et les spectateurs, "Alpha" de Julia Ducournau a sans doute payé le prix de la Palme d’or de "Titane". Pourtant, derrière l’accueil rugueux se déploie une œuvre d’une grande intensité. Visuellement, le film touche au minéral, à la matière, avec cette poésie incandescente qui habite déjà "Grave" ou "Titane". Mais ici, la beauté plastique n’est jamais gratuite : elle vient heurter le spectateur au cœur, le ramenant à ses propres deuils et aux failles intimes de la famille. Tahar Rahim y trouve un rôle à la mesure de son talent, vulnérable et incandescent à la fois, corps offert à la caméra comme un champ de bataille intérieur.
"Alpha" n’appartient à aucun genre précis : tour à tour drame intime, chronique familiale, fable organique, il échappe aux étiquettes. C’est cette liberté, parfois déroutante, qui le rend précieux. Oui, certaines séquences paraissent excessives, mais c’est dans cette générosité formelle que réside sa vérité. On en sort ébranlé, pris entre fascination et malaise, marqué par la beauté sombre d’un cinéma qui ose tout. Et peut-être que, loin de la fureur des premières réactions, le temps saura rendre justice à ce film qui cherche moins à plaire qu’à marquer au fer rouge.
je_ne_suis_pas
je_ne_suis_pas

16 abonnés 67 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juillet 2025
Ce film est un chef d'oeuvre. J'ai eu la chance d'aller le voir en AVP au Pathé Palace avec la présence de Ducornau et sincèrement cette femme m'impressionne, elle est d'une intelligence incroyable ! Toutes les références qu'elle a mis dans son film ont une signification forte et justes. Elle a notamment dit qu'elle a voulu faire un film qui tout le long est un "je t'aime". Les batailles intérieures de tous les personnages n'ont scotche à notre siège, il est vraiment dingue ce film. Les images et l'idée de la transformation en pierre pour représenter le virus du sida est une idée tellement juste. C'est cruel et on voit des humains disparaître de la manière la plus immonde qu'il soit. Aucun moyen de les sauver. Le personnage de la mère me fascine, spoiler: on croit tout au long du film que c'est la plus saine mais au final c'est la plus malade.
La relation et dynamique entre les trois personnages principaux marchent tellement bien et la manière dont ils essaient tous de se soutenir alors qu'ils souffrent tous est beau et complexe. Aussi gros big up au mixeur son qui a fait un travail de dingue bravo !!! Seule chose qui a pu me gêner c'est que parfois les vfx étaient évidentes ce qui m'a fait sortir du film parfois. Mais sinon ouais un 5/5 !
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 août 2025
Le film commence par une soirée ado qui se passe mal. Inconsciente, la jeune Alpha se fait tatouer sur le bras un grand A avec une aiguille au passé douteux, ce qui servira de point de départ à toute l'intrigue.
A comme Alpha, A comme Alice.
Dans cette nouvelle œuvre, Julia Ducourneau redonne une jeunesse au roman de Lewis Caroll. La jeune Mélissa Boros est au coeur du film. Elle le traverse comme un parcours initiatique la faisant passer brutalement de l'enfance à l'âge adulte. Son histoire, comme celle d'Alice, est "un rêve dans un rêve" pour reprendre les mots de Finnegan Oldfield qui interprète son prof d'anglais. La drogue et le virus qui se mêlent, l'entourent et l'étouffent, lui font découvrir la violence du rejet. Avec ses gros plans, Julia Ducourneau filme l'enfermement physique qui conduit à l'enfermement social, comme si l'isolement pouvait tenir les hommes à l'écart de la fin poussiéreuse qui les attend inexorablement.
Le talent est de maintenir le spectateur dans un entre-deux permanent entre passé et présent, entre la vie et la mort, entre rêve et réalité, comme dans le roman de Lewis Caroll. L'ambiance est glauque, avec une parfaite maîtrise du cadrage, de la lumière et du son.
Soyons francs : c'est un cinéma clivant,qui ne peut pas plaire à tout le monde. Il y a du Gaspard Noé chez Julia Ducourneau. Son cinéma n'a pas pour but de nous divertir mais de nous faire réagir.
Il faut également saluer les performances incroyables de Golshifteh Farahani et d'un Tahar Rahim cadavérique.
Puissant. Un vrai film d'auteur.
Mathieu Killian
Mathieu Killian

3 abonnés 132 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 avril 2026
Un film fait rarement l'umanité. Cependant, je ne comprends que l'accueil d'Alpha soit aussi mitigé . Personnellement, je ne suis pas déçù par Julia Ducournau, on retrouve son style que j'apprecie et la thématique est excellente...
Un nouveau virus se propage dans le monde, il est ravageur, il fait peur, il sème la paranoia, le rejet ...
spoiler: Alpha, jeune adolescente de 13 ans s'est fait tatouée le bras, dès lors, sa mère, medecin et volontaire pour soigner les patients atteint de ce virus est inquiète pour elle . D'autant que son frère toxicomane semble atteint de ce mal. Il y a le rejet de cette adolescente par ces camarades, l'amour d'une mère et d'une soeur qui souhaite que sa fille ait une vie normale et son frère guerit , mais c'est son fantôme qu'elle voit... Il y a la cruelle réalité . Dans Alpha on reconnait le virus du Sida est le sort des malades dans les années 80/90. Si l'accueil de ce film est mitigé, c'est peut-être qu'en 2025 rien à changé. La mentalité des gens est la même.
André Labouri
André Labouri

7 abonnés 7 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 août 2025
Trop de cruauté dans ce film ! Considérer les malades du Sida comme des squelettes qui craquent.. manque de respect ! J’espère que Tahar Rahim a ete bien payé pour devenir si maigre et si laid !
Conga
Conga

33 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 août 2025
J'ai trouvé le film confus et l'histoire n'est au finale pas si intéressante que ça et surtout je ne vois pas ce que le film voulait partager comme message. Une prévention contre le VIH (metaphore du "virus")? La famille ça compte ? L'éducation ? Ça n'est pas développé, juste exposé sans poser de base.
Les personnages ne sont pas attachants, aucun ne permet de dégager de l'empathie... Je suis un peu déçu !
Adriano64
Adriano64

21 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2025
ANALYSE SANS SPOILERS

Avec Alpha, Julia Ducournau poursuit son exploration d’un cinéma viscéral et profondément symbolique. Sous des allures de fable sur la maladie et la contamination, le film se déploie comme une parabole sur l’angoisse collective face à l’inconnu. Impossible de ne pas y voir un écho aux épidémies récentes, mais Ducournau élargit son propos : elle filme moins un virus qu’un climat, celui de la stigmatisation, de la paranoïa et de la peur de l’autre.

Le film impressionne autant qu’il déroute. D’une richesse symbolique indéniable, il trouble par sa manière d’ouvrir mille pistes sans jamais les refermer, et pourra diviser par son opacité et sa complexité assumées. Mais c’est justement dans cette ambiguïté que réside sa force : Alpha se vit plus qu’il ne s’explique.

La mise en scène hypnotisante est sublimée par une photographie glaciale, volontairement dénuée de chaleur. Celle ci est encore renforcée avec de superbes maquillages qui ensemble participent à créer une atmosphère d'angoisse et d'oppression (combien d'entre nous sont stressés à l'idée d'aller dans un hôpital et son odeur de maladie, de mort).
Quant à la B0, elle se fait discrète, presque en retrait parfois tant l'attention est captée par les dialogues et la complexité de l'intrigue. La scène finale, uniquement visuelle, permet alors de faire exploser cette musique de Beethoven, qui parlera à tous. Cette conclusion restera dans tous les esprits.

Au final, Alpha est une expérience troublante : fascinante pour certains, hermétique pour d’autres, mais impossible à oublier.

ANALYSE AVEC SPOILERS

spoiler: ]La force d'Alpha réside dans sa richesse symbolique, qui transforme chaque détail en signe. Dès les premières images, le spectateur comprend que la maladie ne se définit pas seulement par ses symptômes, mais aussi par la stigmatisation qu’elle entraîne. Les malades portent une cicatrice visible : une marque sociale autant que corporelle, qui les désigne immédiatement comme “autres”. L’angoisse de la contamination traverse tout le récit. Ducournau sème volontairement plusieurs pistes, sans jamais confirmer laquelle est la “bonne” : la drogue (avec l’oncle qui se pique), la sexualité (le rapport non protégé entre Alpha et Adrien), ou même un simple insecte (cette coccinelle que les personnages touchent à tour de rôle). Chaque possibilité renvoie à une mémoire collective : VIH, Covid, zoonoses, et toutes ces rumeurs qui naissent quand une maladie échappe à la compréhension. L’important n’est pas la vérité biologique, mais la paranoïa généralisée qui en découle. Cette logique se cristallise dans les trois personnages principaux, liés par la lettre A : Amine, Adrien, Alpha. Tous sont contaminés, mais par des voies différentes — drogue, sexe, contact — comme si le film illustrait la multiplicité des récits autour de la transmission. Adrien dit porter la cicatrice juste après sa rencontre avec Alpha : c’est donc elle qui le lui a transmis sexuellement. Mais la scène reste ambiguë, car Adrien sort un préservatif puis le pose subtilement de côté pendant le rapport — ce qui laisse planer un doute moral et ajoute une tension supplémentaire. Alpha, elle, n’est pas consciente de sa maladie, ce qui rend la contamination encore plus tragique. La mère, médecin impuissante, est au centre du drame. Sa phrase “nous aussi, on était trop jeunes” renvoie à la mort de son frère Amin, tandis que la petite Alpha répète “je suis trop jeune”, comme si elle pressentait sa propre fin. Le miroir est cruel : trop jeunes pour mourir, mais condamnés malgré tout. On retrouve aussi dans Alpha une idée lancinante : l’impossibilité d’échapper à la maladie. Chaque personnage tente une stratégie d’évitement : l’oncle par ses tentatives de suicide, cherche à fuir une réalité insupportable ; Alpha, en tentant de s’échapper par la fenêtre, espère échapper au poids du stigmate. Mais à chaque fois, l’effort se brise : la fenêtre tremble, le corps résiste, et la maladie rattrape inexorablement ceux qui cherchent à la fuir. Ducournau filme moins la biologie d’un virus que sa dimension tragique : on peut se débattre, mais l’épidémie est une fatalité qui consume tout. La conclusion du film, apocalyptique, enfonce le clou. La voiture lancée dans une tempête rouge — image d’un virus devenu élément naturel — enferme les trois personnages dans un huis clos de fin du monde. Amin se désintègre, Alpha commence à disparaître, et seule la mère demeure, survivante isolée dans une tempête qu’elle ne peut pas vaincre. Cette désintégration progressive fait écho au titre : Alpha, “le commencement”, ne peut éviter Oméga, “la fin”.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 851 abonnés 8 176 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 septembre 2025
Alpha, 13 ans, est une adolescente agitée qui vit seule avec sa mère. Leur monde s’écroule le jour où elle rentre de l’école avec un tatouage sur le bras et surtout… lorsque débarque Amin, son oncle toxicomane.

Après sa Palme d’Or à Canne pour Titane (2021), Julia Ducournau est de retour avec un drame familial intimiste et lourdement handicapé par des métaphores pompeuses. spoiler: La réalisatrice nous embarque pendant 2 (trop) longues heures dans un bad trip virologique où les victimes se transforment en une sorte de statues grecs
.

Beaucoup de questions mais peu de réponses, spoiler: comme le fait que le film fasse sans cesse référence au sida sans jamais le citer ou alors c’est le comportement d’Alpha qui laisse perplexe, cette ado autodestructrice qui se murge au point de s'enivrer et revient tatouée, alors qu’elle n’a que 13 ans (pourquoi ?), sans oublier ces malades qui se transforment en "sidaïques marbrés" (là aussi, pourquoi une telle apparence ? Quelle en est la signification ?)
.

On devine assez vite ce que cherche à nous dire Julia Ducournau, en dépeignant ce climat familial toxique, cet amour étouffant et cet acharnement thérapeutique. Seulement, tout ça manque de clarté et s’en retrouve inutilement alambiqué avec ces deux temporalités qui s’alternent et un scénario faussement maniéré (qui souffre d’une surenchère de métaphores). C’est d’autant plus regrettable qu’après son second film, on aurait pu s’attendre à bien mieux. reste néanmoins l’impressionnante interprétation de Tahar Rahim, méconnaissable en sidaïque qui n’a plus que la peau sur les os et ses seringues pour le maintenir en vie.

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Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 août 2025
Quatre ans après le très raté et risible «Titane» (une Palme d'Or que je ne comprends toujours pas), j'espérai retrouver Julia Ducourneau plus inspirée pour son prochain film.
Et autant le dire tout de suite, ce n'est pas ce «Alpha» qui devrait me réconcilier avec la réalisatrice-scénariste.

Bien moins gore que ses précédentes œuvres, l'exemple même du film où le fond se perd dans la forme.
Faisant se combiner thématiques sociétalo-intimes et esthétique fantastico-onirique, et étant toujours aussi obsédée par les corps en mutation, la cinéaste veut y traiter de la maladie du sida (où le corps de chaque infecté se transforme progressivement en statue, jusqu'à se figer, définitivement), de la peur de la transmission/contamination, de la dépendance affective, des solitudes intrafamiliales ou encore de la résilience libératrice.

Des sujets pour le moins intéressants et profondément humains, mais plombés en partie par une double temporalité (représentée à l'écran par des filtres de couleurs distincts) relativement confuse, et surtout un scénario qui ne se montre pas à la hauteur de ces sujets.

À trop vouloir soigner la plastique de son film (qui reste assez qualitative, il faut le dire), Ducourneau se perd dans ce qu'elle veut vraiment nous raconter et comment elle veut nous le raconter.

Je peux comprendre l'intention de départ, mais son exécution me semble trop surlignée et brouillonne pour parvenir au cœur de cette histoire et y croire.
Comme si, à trop vouloir multiplier les effets de style oniriques, ce drame ne voulait pas réellement s'ouvrir à nous et s'obligeait (et nous obligeait) à rester en surface.

Cet aspect trop métaphorico-démonstratif et cette construction narrative trop brouillonne m'ont clairement empêché de ressentir une réelle empathie envers les protagonistes et ce que chacun d'eux (ou tous ensemble) peut/peuvent traverser.
Des protagonistes pourtant bien incarnés par les talentueux Tahar Rahim (qui a clairement donné de sa personne), Golshifteh Farahani et la nouvelle venue Mélissa Boros, mais pas toujours aidé par des dialogues qui sonnent un peu trop écrits.

«Grave» m'avait beaucoup plu, «Titane» au contraire m'avait vraiment gavé.
Ce «Alpha», auquel j'ai eu du mal à adhérer, qui m'a perdu en cours de route et dont je suis ressorti avec un sentiment vraiment mitigé, se situerait quelque part entre eux deux :
un film avec un réel potentiel et déployant une esthétique certaine, mais qui se court-circuite lui-même à cause d'un récit trop souvent confus et artificiel pour m'embarquer et me convaincre, et d'un traitement trop ampoulé pour pouvoir me connecter à une véritable émotion.

Un peu plus de simplicité et de sincérité aurait sans doute été la bienvenue, surtout au vu de sa conclusion, qui m'a finalement laissé avec plus d'interrogations que de réponses.

Ce que j'espère pour le prochain film de Ducourneau ?
Qu'elle puisse s'entourer d'un bon scénariste, qui lui démontrera qu'un film ne doit pas seulement être stylisé, mais vraiment incarné. Que ce qui compte, ce n'est pas seulement ce que l'on montre, mais aussi (et surtout) ce que l'on raconte.
Le cœur et les yeux, main dans la main.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 août 2025
Alpha, ma Palme d’Or 2025 (en attendant la suite)

Alpha, je l’avais mis sur ma liste, craignais pourtant de me rendre à la première du dernier Ducourneau à l’UGC Les Halles, ce mercredi 20 août 2025 à neuf heures dix. Car je n’avais pu visionner jusqu’au bout ni Grave ni même Titane, Palme d’Or 2021. Deux films trop violents ou malaisants comme on dit au Québec. Me rendre dans une salle plutôt qu’allumer mon écran m’obligerait. Ce stratagème a-t-il fonctionné ou bien le dernier film de Julia Ducourneau joue-t-il un peu plus subtilement avec les nerfs des spectateurs que les précédents ? Je l’ai vu jusqu’au bout et placé illico en bonne place dans mon Panthéon, aux côtés de Diva, vu trois fois depuis sa sortie en 1981 - une rareté chez moi. Comme avec le film de Jean-Jacques Beineix, j’ai été transporté dans un monde aux limites du nôtre, dans des lumières bleutées et une bande son à fond les décibels, à vivre l’existence d’êtres purs frappés par la dureté des temps. Pour cette histoire de simili-sida des années quatre-vingt, trois acteurs éblouissants : Golshifteh Farahani, doctoresse courageuse issue de l’immigration berbère, aux premières loges dans la prise en charge des malades, Ambrine Trigo Ouaked puis Mélissa Boros, sa fille Alpha, cinq ans et treize ans selon les scènes enchevêtrées, possiblement frappée par l’immonde virus, et Tahar Rahim méconnaissable avec vingt-deux kilos perdus depuis Monsieur Aznavour, très crédible en Amin, frère toxico, décharné et contaminé. Ils ont tous les trois touché mon cœur et mes sens. Pour toujours.
Caro Cinéma
Caro Cinéma

80 abonnés 366 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 août 2025
Un film très intéressant
et percutant.
On encaisse beaucoup d’émotions à vif car ce film nous plonge dans une époque difficile ; celle du début d'un virus mortel, avec toute la peur et l’incompréhension qui l’accompagnaient.
spoiler: (Attention, spoiler, mais qui aide à mieux saisir l’histoire, le personnage joué par Tahar Rahim est mort dans l’intrigue et les personnes affectées sont symbolisées avec de la pierre.)

Savoir cela à l’avance m’a personnellement permise de ne pas être surprise et de mieux comprendre l'intensité du récit.
Les interprétations sont fortes.
La réalisatrice nous oblige à regarder là où l’on ne s’y attend pas, à voir ce que l’on ne voyait pas forcément...
C’était le premier film que je découvrais de cette réalisatrice, je n’avais pas vu "Grave" ni "Titane".
Si vous cherchez un film léger,
n’allez pas voir celui-là,
c’est une œuvre dure,
réflexive
et qui aborde
plusieurs thèmes.
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