Après être apparu dans la comédie Brutus vs César et le thriller Roqya dans la peau d'un personnage ignoble, l’humoriste Jérémy Ferrari passe pour la première fois derrière la caméra avec la comédie d’action et d’aventure Les K D’OR : "Après ROQYA, le cinéaste Saïd Belktibia m’a dit qu’il avait envie de faire une comédie alors on a commencé à réfléchir et à écrire ensemble. On savait que Kadhafi avait eu beaucoup de relations sexuelles, avec beaucoup de femmes, alors on est arrivés à l’idée d’un mec qui serait peut-être son fils mais qui n’aurait pas connu son père. J’aime bien les histoires ancrées dans le réel, potentiellement possibles, même si elles sont romancées, exagérées, caricaturées."
Quand Jeremy Ferrari et les producteurs se sont demandé qui allait réaliser le film, ils ont d’abord pensé à Saïd Belktibia (réalisateur de Roqya et scénariste de LES K D'OR), ensuite à une coréalisation entre lui et Ferrari et finalement à Ferrari tout seul : "J’ai eu peur vu que je ne connaissais pas du tout ce métier, mais en même temps, j’avais toutes les images en tête, je savais exactement où aller. Je me suis très vite senti à l’aise dans l’exercice. En plus, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe formidable et d’obtenir exactement les décors, les lieux et les acteurs que je voulais."
Une grande partie du film a été tournée dans le Sahara et Jeremy Ferrari tenait absolument à ce que l’action se passe pendant le Handi Marathon des sables : "Ce qui aurait demandé un budget de figuration énorme, mais on a eu de la chance. On s’est aperçus que la vraie course aurait lieu au même endroit et au même moment que le tournage et on a obtenu l’autorisation du responsable du marathon, du staff et des coureurs de tout filmer", se rappelle le metteur en scène.
Pour écrire le rôle de Zoulika, Jeremy Ferrari s'est inspiré de l’un des personnages de Laura Felpin. Le cinéaste se rappelle : "Je ne sais pas comment on aurait fait si elle avait refusé le film, mais elle a l’accepté immédiatement. Pour le rôle de Ryan, quand le nom d’Éric Judor est sorti, ça m’a paru évident. C’est un mec que j’adore, sur scène comme au cinéma, un grand nom de l’humour. Il a trouvé le scénario génial, mais il m’a fait remarquer que le personnage s’éteignait un peu à la moitié du film."
"Et c’est vrai que j’avais un blocage avec ce personnage, qui devait être interprété par Guillaume Batz au début et que j’avais remanié après sa mort. Imaginer Éric dans le rôle, ça m’a débloqué. J’ai réécrit une nouvelle version du scénario qui l’a convaincu. C’est grâce à lui que le personnage est devenu aussi fort."
L’affiche du film compte aussi un chien à trois pattes. A l'origine, les producteurs ont cru à une blague en lisant le scénario, mais Jeremy Ferrari a rencontré le dresseur Alexandre Leloup qui était d’accord pour s’occuper d’un chien handicapé et ils ont alors trouvé "Bobby" dans un refuge : "Bobby, c’est un chien qui a perdu une patte au Maroc à cause d’un accident de voiture, qui a vécu une nouvelle vie en France et qui est reparti au Maroc pour faire du cinéma !"
"Comme il était hors de question qu’il retourne dans une structure d’accueil après le tournage, Alexandre l’a adopté et on a pioché dans le budget du film pour prendre en charge sa nourriture et ses soins à vie. Avec Alexandre, on a aussi monté une association destinée à soutenir les refuges et les structures d’accueil d’animaux handicapés et à sensibiliser les gens à leur adoption, « Hey Bobby »."
Pendant le tournage, Jeremy Ferrari et son équipe ont dû se battre contre la météo. Le Maroc souffre de la sécheresse depuis des années, mais il a été frappé par des pluies diluviennes qui se sont transformées en crues et en inondations juste avant le début des prises : "J’avais vendu un film qui se passait au soleil dans le désert et je me suis retrouvé avec des nuages, de l’herbe et des lacs, avec les problèmes qu’aurait un réalisateur en Normandie !"
"Mais on a décidé d’assumer ça, avec des plans tellement beaux au final. Il y a eu de bonnes surprises aussi. J’ai écrit des dialogues particulièrement longs pour du cinéma, mais sur le plateau, j’ai vu que les échanges entre les personnages prenaient. Entre Noé, ce mec complètement froid et insensible, Zoulika, cette fille complètement inconsciente et exubérante, et Ryan, ce mec complètement zinzin et décalé, les dialogues fonctionnaient vraiment."