S’il se veut une mise en garde contre les armes nucléaires, c’est plutôt raté. Le film ressemble davantage à un pur produit de propagande américaine, version paranoïa classique : les États-Unis en gentils shérifs du monde, attaqués sans raison, toujours dans leur posture héroïque et vertueuse.
Cet aspect est tellement appuyé qu’il en devient pesant : symboles guerriers américains disséminés partout, petites phrases appuyant la morale patriotique, le tout sur fond de missile nucléaire suspendu au-dessus de nos têtes. C’est précis, réaliste, bien joué, bien filmé, rien à redire sur la direction d’acteurs ou la technique. Mais le montage à trois points de vue, lui, est assez confus : il faut quelques minutes pour comprendre la logique, et cela casse le rythme au bout d'une heure.
Le film se présente lui-même comme un grand film, ce qui finit par agacer. Oui, il soulève des questions, mais peut-être pas celles que la réalisatrice croyait poser. Parce qu’en fin de compte, les États-Unis demeurent le seul pays à avoir attaqué plus de vingt nations depuis la Seconde Guerre mondiale… sans jamais être attaqués eux-mêmes, sur leur sol, en dehors du terrorisme.
Je suis probablement passée à côté du suspense, le film ne m’a pas touchée, sa prétention à nous “faire réfléchir”, comme si on avait besoin de lui pour ça. Tout semble calibré pour un public américain naïf, ignorant de l’Histoire, et centré sur sa propre parano d’être une victime potentielle, normal qu'on sache pas d'où vient le missile...