13 jours, 13 nuits s’inscrit dans la lignée d’une collaboration étroite entre Pathé et le prolifique producteur Dimitri Rassam. C’est Ardavan Safaee, le président de Pathé, qui a contacté Dimitri après avoir lu le livre de Mohamed Bida. Puis, Ardavan l’a montré au cinéaste Martin Bourboulon. Ce dernier se rappelle : "À ce moment-là, je suis concentré sur le montage de la deuxième partie des Trois Mousquetaires : Milady et je n’ai absolument aucune idée de ce que sera mon projet d’après."
"Pourtant, la force de cette histoire d’exfiltration et la puissance du récit humain me saisissent immédiatement. Moins d’une semaine après, je propose à Roschdy Zem de lire le livre de Mohamed Bida."
13 jours 13 nuits a été présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2025.
13 jours 13 nuits retrace une opération d’évacuation réelle organisée par le commandant Mohamed Bida, un policier français en poste à l’ambassade de France à Kaboul, qui a sauvé plusieurs centaines d’Afghans en août 2021. Son témoignage est consigné dans le livre 13 jours, 13 nuits dans l’enfer de Kaboul (Éditions Denoël). Le film reste très proche de la réalité, en évitant tout sensationnalisme.
Le réalisateur n’a jamais envisagé un autre acteur pour incarner Mohamed Bida. Une semaine après avoir lu le livre, Martin Bourboulon l'a fait lire à Roschdy Zem, qui a immédiatement accepté, avant même qu’une seule ligne du scénario ne soit écrite. L'acteur confie :
"J'ai été immédiatement embarqué par l’originalité et l’intensité du récit. Ce n’est pas le genre de projet qu’on laisse passer. On sent tout de suite qu’on est face à un film ambitieux et rare. Ils avaient mon accord de principe avant même qu’une ligne du scénario soit écrite."
Certains acteurs afghans du film n’avaient jamais tourné auparavant, mais leur authenticité, leur vécu personnel et leur regard sur l’histoire ont permis d’ajuster de nombreuses scènes et dialogues. Ces échanges ont apporté une profondeur culturelle et émotionnelle rare, et ont influencé la mise en scène elle-même.
Filmer à Kaboul étant impossible pour des raisons de sécurité, Martin Bourboulon et son équipe ont tourné au Maroc, notamment à Casablanca et Kénitra (pour les scènes à l’aéroport). La reconstitution de Kaboul a nécessité un travail colossal des équipes de décoration (dirigées par Stéphane Taillasson) et des effets visuels (VFX) gérés par Olivier Cauwet et l’équipe de BUF. L’enjeu : reproduire une ville sous tension extrême avec précision et crédibilité.
Martin Bourboulon et le scénariste Alexandre Smia ont consulté des archives télévisées (CNN, BBC, France 24), des articles internationaux (New York Times, Le Monde, Washington Post) et ont visionné le documentaire HBO Escape from Kabul. Des rencontres avec des militaires français ont affiné leur compréhension de la situation. Cette recherche a permis une restitution fidèle de l’ambiance chaotique autour de l’aéroport.
Mohamed Bida a visité le plateau au Maroc. Ses souvenirs précis et son témoignage de première main ont guidé les choix de mise en scène. Il est resté très discret, donnant quelques conseils techniques, mais laissant l’interprétation libre à Roschdy Zem, qui a préféré composer un personnage inspiré, mais pas calqué.
Plutôt que de recourir à des effets de mise en scène spectaculaires, Martin Bourboulon a opté pour une caméra discrète, fluide et lente, qui « filme à contre-temps » pour mieux traduire la tension intérieure des personnages. Il a voulu capturer en temps réel la gravité des événements, en évitant les artifices pour ne pas diluer l’intensité du réel. Le metteur en scène précise :
"Notre but était de rester le plus proche possible des événements réels. L’histoire est assez intense comme cela et ajouter des scènes d’action inventées n’auraient pas servi le récit. C’est la quête du vraisemblable qui m’a animé tout au long du tournage. Je souhaitais rester au plus proche des faits et du personnage de Mohamed Bida. C’est comme cela que le film gagne en intensité et en tension."