Régis Wargnier n’avait pas réalisé de film depuis près de dix ans avant La Réparation. C’est un événement personnel qui l’a inspiré : la disparition inexpliquée d’un proche d’une famille qu’il connaissait. Il a observé les réactions de chaque membre, entre quête de vérité et acceptation du mystère. Ce thème l’a hanté et a ravivé son envie de cinéma, aboutissant à ce projet après une période où il était actif dans les festivals et commissions de soutien au cinéma.
Si le film commence en France, son intrigue conduit l’héroïne, Clara, jusqu’à Taïwan. Régis Wargnier a d’abord pensé tourner en Chine, mais les contraintes administratives l’ont fait hésiter. Il a aussi envisagé la Corée du Sud, mais Taïwan s’est imposée par la richesse de sa gastronomie et son atmosphère cinématographique. Dès son premier voyage, il a su que ce serait le bon choix et a pu s’appuyer sur l’expérience de son producteur Julien Deris, qui avait déjà travaillé sur place.
Fasciné par la manière dont l’excellence devient une obsession chez les chefs, Wargnier s’est immergé dans l’univers de la gastronomie. Il a collaboré avec le chef étoilé André Chiang, dont le restaurant Raw à Taipei a servi de décor. En France, les scènes culinaires ont été tournées au Moulin de Rosmadec, un établissement breton à l’ambiance authentique. Clovis Cornillac et Julia de Nunez ont passé du temps en cuisine pour mieux comprendre le fonctionnement d’une brigade.
Régis Wargnier a repéré Julia de Nunez dans la série Bardot, où elle incarnait le rôle-titre. Ce qui l’a séduit, ce n’est pas seulement sa ressemblance avec la star, mais son naturel et sa capacité à faire passer de nombreuses émotions sans artifice. Pour La Réparation, il lui fallait une actrice capable de retranscrire la transformation de Clara : d’une jeune femme brisée par un drame à une héroïne déterminée à affronter son passé. Le contraste entre ses apparences en France et à Taïwan reflète cette évolution.
Régis Wargnier voulait travailler avec Clovis Cornillac depuis longtemps. Ce dernier, également réalisateur, comprenait les enjeux d’un tournage et savait se montrer disponible pour l’équipe et ses partenaires de jeu. Sur le plateau, il était un repère pour Julia de Nunez et les techniciens, toujours prêt à apporter son expérience. Pour incarner un chef étoilé, il a étudié les gestes et le langage des cuisiniers, s’immergeant dans leur univers avec rigueur.
La Réparation est un mélange de thriller, de drame familial et de film de voyage. Régis Wargnier n’a pas cherché à respecter un genre précis, préférant laisser l’histoire évoluer naturellement. La gastronomie y joue un rôle clé : la mémoire du goût devient une piste pour l’enquête de Clara. En s’appuyant sur des saveurs et des techniques culinaires, elle reconstruit son passé et tente de comprendre la disparition de son père.
Sur le tournage à Taïwan, l’équipe française était volontairement réduite : seuls quatre techniciens, dont le directeur de la photographie Renaud Chassaing et l’ingénieur du son, étaient présents. Wargnier a collaboré avec des professionnels taïwanais ayant déjà travaillé avec de grands cinéastes locaux. Cette synergie a permis une efficacité maximale et une communication directe, où chacun s’adaptait aux différences culturelles pour sublimer les images du film.
Le directeur de la photographie, Renaud Chassaing, a travaillé avec Wargnier pour construire une image à la fois élégante et évocatrice. Les lieux de tournage ont été choisis avec soin : un grand hôtel de Taipei et un monastère en montagne apportent une dimension à la fois mystérieuse et immersive au film. L’idée était d’illustrer le voyage intérieur de Clara en jouant sur la lumière et les contrastes, tout en capturant la beauté brute des décors naturels.