Soumsoum, la nuit des astres a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2026 de la Berlinale où il a remporté le prix FIPRESCI (Fédération Internationale de la Presse Cinématographique) du meilleur film.
Avec Soumsoum, la nuit des astres, Mahamat-Saleh Haroun retrouve plusieurs comédiens avec lesquels il a déjà tourné comme Achouackh Abakar Souleymane, dirigée dans Grigris (2013) et Lingui, les liens sacrés (2021) et Eriq Ebouaney, qui était au casting d’Une saison en France (2017).
Avant Soumsoum, la nuit des astres, Maïmouna Miawama, qui interprète le rôle principal de Kellou, n’avait jamais fait de cinéma.
Mahamat-Saleh Haroun a coécrit le scénario du film aux côtés du romancier Laurent Gaudé, Prix Goncourt en 2024 pour Le Soleil des Scorta (Actes Sud). Il s’agit du deuxième scénario que l’auteur signe pour le cinéma après Les Derniers Hommes de David Oelhoffen (2023).
Le film a été tourné sur le plateau de l’Ennedi, dans le Nord-Est du Tchad. Ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a tout de suite interpellé Mahamat-Saleh Haroun. Dès son premier séjour dans cette région, il s’est dit qu’il y avait une histoire à raconter dans ces décors. C’est la première fois que le réalisateur tourne au Tchad, dans un autre endroit que N’Djamena, la capitale.
Tourner sur le plateau de l’Ennedi n’a pas été de tout repos pour Mahamat-Saleh Haroun et son équipe. En effet, il s’agit de terres riches avec des gisements d’or. Ainsi, certains habitants les ont pris pour des prospecteurs. Même si les autorités leur ont fourni une protection, cela n’était pas suffisant puisqu’il fallait régulièrement que le réalisateur et ses collaborateurs négocient pour arriver à leurs fins.
Avec Soumsoum, le soleil des astres, Mahamat-Saleh Haroun évoque la culture préislamique. Même si le cinéaste n’est pas allé jusqu’à évoquer Toumaï (surnom d’un crâne fossile de primate découvert en 2001 dans le désert du Djourab, au Tchad), il voulait néanmoins rappeler que c’est dans cette région que le premier hominidé a été découvert. Le réalisateur voulait montrer que le monde avait commencé ici et que c’est cette part de mémoire et d’humanité que nous portons tous.
Dans la scène de la salle de classe, Mahamat-Saleh Haroun a glissé une allusion au poète et romancier nigérian Ben Okri qu’il aime beaucoup. Le réalisateur s’est souvent retrouvé dans ses romans en raison de ce que l’auteur peut raconter et qui fait écho avec sa propre vie. Des choses qui, avec le temps, tendent à disparaître. Pour le cinéaste, la réalité sociopolitique au Tchad est tellement forte et urgente à raconter qu’il n’avait jamais vraiment eu le temps jusqu’à présent de se plonger totalement dans la fiction.