Avec Blue Moon, Linklater s'attaque à un projet plus modeste, centré sur les derniers jours du parolier Lorenz Hart en 1943, alors que son ancien comparse Richard Rodgers lance avec succès sa pièce Oklahoma!. Et là où le projet est original tient dans son concept pur : le film est un huis-clos en quasi temps réel d'1h30, alors que Lorenz Hart se trouve dans le bar où se déroule l'afterparty. On est donc presque sur du théâtre filmé, bien que Linklater ne fige jamais les déplacements des personnages dans un seul endroit. Le tout est extrêmement verveux, mais assez savoureux dans l'ensemble grâce à la caractérisation de Larenz Hart, impeccablement interprêté par un Ethan Hawke grimé et rapetissé. Blue Moon doit donc beaucoup (voire même complètement) à sa performance d'acteur, jonglant entre gouaille, grandes tirades, regrets, romantisme et envie amoureuse. Le problème est que toutes ces thématiques s'entrecroisent, s'interrompent, se reprennent au gré des discussions des personnages (Andrew Scott, Bobby Canavale et Margaret Qualley sont également bien dirigés). Certes, le rendu est naturel et crédible, mais tourne plutôt en rond au bout de 45 minutes de métrage, sans trame précise autre qu'explorer succintement la psyché du personnage. Rien de mauvais ou de particulièrement réussi donc, mais un essai avec ses forces et ses limites.
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Un formidable numero d'acteur d'Ethan Hawke pour un personnage vraiment intriguant et attachant malgré toutes ses felures. Ca parle vite et beaucoup, mais on est embarqué avec interet et intigue dans ces récits et relations complexes qu'il peut vivre ou raconter