Sorda
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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2026
Un chant silencieux

Ces 100 minutes sont le prolongement du court métrage éponyme (2022) d'Eva Libertad Garcia, sélectionnées dans plus de 70 festivals et récompensées d'une trentaine de prix dans le monde entier. Son histoire est inspirée par celle de la sœur de la réalisatrice, elle-même sourde et actrice. Angela est sourde, Hector est entendant. Ils forment un couple épanoui et heureux malgré leur différence. Mais la naissance de leur premier enfant inquiète Angela : saura-t-elle créer un lien avec sa fille ? Comment apprendre à devenir mère dans un monde qui oublie si souvent d’inclure ceux qui n’entendent pas ? Aussi original que bouleversant, ce film espagnol est une parfaite réussite.
Enfin ! Oui, le le dis, enfin un film qui traîte de la surdité. Les films sur les handicaps de toutes sortes ne manquent pas. Rien qu’en ce moment, Pour le meilleur et Plus fort que moi sont à l’affiche. Ce drame joue la carte du en proposant ce qui est presque un documentaire, au moins pour les 2/3 du long métrage, et choisit alors de véritablement nous immerger dans l'univers de son héroïne, en jouant de manière intelligente, et parfois même angoissante avec les sons. On ne cherche pas à susciter un trop-plein d'émotion, mais plutôt de nous faire comprendre à quel point la surdité est un lourd poids dans une société qui ne prend en compte que les « valides ». Hors, la surdité est le seul handicap lourd qui ne se « voit » pas. La cinéaste filme des moments presque imperceptibles, là où l'amour ne disparaît pas, mais change de forme. Deux manières d'aimer si tristes et différentes, qui l'éloignent un peu plus chaque jour du père et de son enfant. La réalisatrice capte avec une justesse bouleversante cette frontière entre deux réalités qui coexistent sans jamais totalement se rejoindre, eux qui pourtant s'aimaient.
Il fallait une actrice +++ pour porter ce film. La cinéaste l’a trouvée avec Miriam Garlo, sa propre sœur, mal entendante elle-même. D’une justesse admirable, elle ne quitte pas l’écran et porte ce drame avec force et toute l’authenticité qu’un « valide » n’aurait pu apporter. A ses côtés Álvaro Cervantes et Elena Irureta, sont également remarquables. A noter qu’il a fallu pas moins de 7 bébés pour le tournage. Sorda propose un regard unique sur le monde des sourds et des malentendants et sur la manière dont cela peut se vivre, qui peut exclure, rendre étrange, asocial ou en colère, sans jamais oublier d'aimer. Ce chant silencieux qu'il faut savoir inventer qui unit par les yeux et par le cœur, là où les mots n'existent pas, que les autres ne peuvent entendre. Ce film est une véritable expérience qu’il faut accepter de vivre. Osez !
Severin B
Severin B

2 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 mai 2026
Déçu malgré les très bonnes critiques, on comprend la détresse de l’héroïne un peu trop dans le pathos et une fin bof bof
nat lipomi
nat lipomi

2 abonnés 65 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2026
Sorda est un film très touchant sur le monde des sourds. Le désir de maternité et le couple. Angela s'est construit un monde dans lequel elle est épanouie. Mais l'arrivée d'une enfant " entendant" la perturber son équilibre.
Patrick Witasse
Patrick Witasse

5 abonnés 94 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2026
Et bien, en voilà un film original, 30 min dans la peau d’une sourde et avec ce qu’elle entend et en VO espagnol, trop bien et une historie tellement réaliste qu’on se laisse prendre, le cinéma espagnol est en pleine forme !
mj couderc
mj couderc

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2026
Sourde profonde de par mon oreille gauche depuis l'enfance et entendante avec la droite, j'ai été tout de suite émue par l'isolement que fait subir à Angela ce handicap "invisible" et qui oriente vers l'interiorisation de la vie. Malgré l'amour de son mari elle reste seule à souffrir de ce manque dès qu'elle sort du milieu protégé de ses ami(e)s sourds ou signants. Et la science n'avance pas beaucoup qui ne sait pas dépister le déficit auditif congénital ou dont les prothèses auditives rendent des sons atroces et insupportables au lieu d'aider. Ona, sa fille, sera bilingue, parlant français par son père et signant par sa mère. Quelle magnifique scène finale de communication partagée mère/fille.
J'ai été très touchée par ce film qui aborde avec délicatesse la souffrance de ne pas (ou mal) entendre
Thomas Gueudet
Thomas Gueudet

1 abonné 55 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mai 2026
Et si au final on était pas plus dans le documentaire que dans un film
C'est dur, éprouvant, questionnant

L'intérêt que j'ai vu est si la surdité était la normalité, comment pourrions vivre dans ce monde
COCORICO
COCORICO

6 abonnés 55 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mai 2026
Etant moi même malentendante, j'ai été très sensible à ce film qui traite d'un sujet qui n'a jamais été abordé au cinéma, c'est à dire le rapport d'une jeune femme sourde à la maternité. Le thème est extrêmement bien documenté et "sorda" se révèle d'une finesse et d'une délicatesse incontestables. Les difficultés et les souffrances d'Angela face à l'arrivée de sa petite fille sont très réalistes et émouvantes. A ne pas manquer.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2026
JPeut-être est ce le fait d'avoir vu ce film au plus mauvais moment de la journée pour ce genre d'exercice, à 13 h 30, au moment de la digestion du repas de midi, toujours est-il que je "Sorda" ne m'a pas autant enthousiasmé que prévu. Certes, il y a de très bonnes choses, de très belles trouvailles, mais il m'a fallu attendre la scène de l'accouchement pour entrer vraiment dans le film. Eva Libertad García, dont la sœur est sourde, a voulu faire un film s'efforçant de placer les spectateurs dans le monde des malentendants. Miriam Garlo, sa sœur, y interprète le rôle d'Angela, une jeune femme sourde en couple avec un entendant. spoiler: Tout se passe très bien entre elle et lui jusqu'au jour où le couple attend un enfant. Lors de l'accouchement, premier problème : Angela aurait bien voulu que Hector, son mari, soit là du début jusqu'à la fin pour lui traduire en langue des signes ce que disent les membres du corps médical. Ce ne sera pas possible ! Ensuite, la question sera de savoir si Ona, leur petite fille, sera ou non entendante. Enfin, Angela aura petit à petit tendance à se sentir exclue du trio familial, exclue aussi du groupe d'amis dont elle et Hector font partie.
La réalisatrice a voulu faire un film qui soit accessible à tous les publics et il y a donc un jeu très subtil au niveau des sous-titrages. Durant quelques minutes, en jouant sur la bande sonore, elle a aussi voulu montrer aux spectateurs entendants ce que peut-être l'univers sonore d'une malentendante. Un univers sonore qui devient encore pire lorsque Angela choisit de s'appareiller. spoiler: Elle abandonne très vite !
Makimax74
Makimax74

5 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2026
belle histoire sur un couple qui a attend un enfant dont la mère est sourde. le bruitage et la musique sont accentué pour comprendre sa situation. la scène final est génial. un quelques micro scènes on saisie les émotions et la vision de la mère. simple et efficace
Paul B
Paul B

89 abonnés 1 507 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mai 2026
Un beau film qui pousse le spectateur à avoir de l'empathie pour les personnes atteintes de surdité, avec le final "dans la tête" de Angela non, rien à dire, c'est un grand moment de cinéma.
MAMOU
MAMOU

5 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2026
Que d'émotion procurée par ce magnifique film. On est bouleversé du début à la fin par cette femme malentendante qui se trouve progressivement isolée au sein de sa propre famille non touchée par le handicap. La scène d'accouchement est remarquable. Bravo aux deux acteurs pour leur délicate prestation. Un film rare.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2026
 SORDA - Eva Libertad García

Un film d’une finesse et d’une intelligence rares sur le handicap, qui, par moments, semble presque tenir du documentaire tant il donne l’impression de capter au plus près la réalité quotidienne d’une femme sourde évoluant dans un monde pensé par et pour les entendants.

Ce qui impressionne d’emblée, c’est la précision avec laquelle le film montre les difficultés permanentes du quotidien. Rien n’est appuyé, ni démonstratif. Le film observe simplement, avec subtilité, l’énergie constante que demande le fait de devoir s’adapter en permanence aux autres.

La mise en scène ne cherche jamais à “expliquer” la surdité de manière artificielle ou didactique. Elle la fait vivre, par le travail sur le son, évidemment, mais aussi par les cadres, la place des corps et des mains dans l'espace. Certains moments très simples deviennent soudain tendus ou bouleversants simplement parce que le film nous fait comprendre ce que signifie dépendre en permanence du regard ou de la proximité des autres pour communiquer.

Mais plus le récit avance, plus il devient un film sur la maternité. Sur cette peur immense qui envahit Angela : celle de ne pas réussir à créer un lien avec l’enfant qu’elle vient de mettre au monde. Comment entendre ses pleurs ? Comment répondre à ses besoins ? Comment ne pas devenir étrangère à son propre bébé dans un monde où tout passe par le son ?

Plusieurs scènes viennent serrer la gorge tout au long du récit, mais une en particulier reste longtemps en tête : une scène d’accouchement d’une puissance émotionnelle incroyable.

Miriam Garlo est remarquable de justesse dans cette manière de mêler frustration, peur, colère et tendresse sans jamais forcer l’émotion.

Et puis arrive ce dernier quart d’heure, avec ce geste de mise en scène que je ne spoilerai pas volontairement et qui fait prendre une toute autre ampleur à ce que le récit construisait jusque-là. Le souffle se coupe, la gorge se noue.

Rarement le cinéma aura abordé la question du handicap avec une telle délicatesse, sans misérabilisme, sans effet appuyé, simplement en cherchant à faire ressentir. Et c’est ce qui rend Sorda épatant et bouleversant.

MA NOTE : ❤️ 8,5/10

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2026
Gloria est sourde ("sorda" en espagnol). Elle est en couple avec Hector qui, lui, est entendant. Gloria attend un enfant. Elle appréhende sa naissance : sera-t-il sourd ou entendant ? saura-t-elle l’élever malgré son handicap ?

"Sorda" est un film qui sort de l’ordinaire. "Sorda" est un film extraordinaire. Il nourrit l’ambition rare de nous faire pénétrer et comprendre un autre univers : celui de la surdité ou, pour être politiquement correct, de la déficience auditive. Pour ce faire, un soin tout particulier a été apporté au son – avec une étonnante surprise dans la dernière partie du film que j’aurais tort de spoiler. Le film est par ailleurs accompagné de sous-titres pour sourds et malentendants (STSME), une technique d’affichage qui se met ici au service non seulement des malentendants mais aussi des entendants en leur permettant de comprendre les paroles signées et non vocalisées.

Sans doute la situation des personnes malentendantes avait-elle déjà été traitée à l’écran. Je pense au récent documentaire français "Elle entend pas la moto", au film japonais "La Beauté du geste" sur une boxeuse sourde, à "Sound of Metal" sur un batteur qui perd l’ouïe et, il y a une quarantaine d’années, à un film qui avait remporté un succès étonnant et dont les plus âgés se souviendront sans doute, Les Enfants du silence avec William Hurt. Pour autant "Sorda" n’en est pas moins original et novateur.

Il pose, à travers son personnage principal, des questions que notre société, composée quasi-exclusivement d’entendants et organisée pour eux, ne se pose guère : comment vivre au quotidien avec ce handicap ? comment élever un bébé sans, par exemple, entendre ses pleurs ? Gloria ne sait pas si Ona, son enfant, sera sourde au pas. Le suspense dure un moment car le diagnostic intra utero est impossible et celui qui est posé à la naissance n’est pas catégorique. Je le divulgâche : Ona est entendante. C’est un soulagement unanime bien sûr ; mais un soulagement teinté d’amertume pour Gloria. Car l’audition parfaite de son bébé risque de l’éloigner d’elle.

La naissance d’un enfant entendant dans un couple mixte rebat les cartes. Hector et Gloria formaient à deux un couple fusionnel. Hector signe à la perfection et communique fluidement avec sa femme. En société il prend soin de ne pas répondre à sa place et, quand il parle avec d’autres, de signer pour qu’elle comprenne mieux. Mais, quand l’enfant paraît, le couple fusionnel doit s’inventer de nouvelles règles. Il y a d’abord, dans les premières semaines, cette hypothèque sur la surdité éventuelle d’Ona que Gloria ressent comme une injure : serait-il si terrible que son enfant lui ressemble ? est-ce un tel soulagement pour son père et pour ses grands-parents qu’elle soit entendante ? Il y a ensuite avec Ona qui appartient au monde des entendants et commence à babiller, un fossé qui se creuse : avec son père, avec ses grands-parents, à la crèche, Ona parlera une langue que Gloria, qui voudrait lui apprendre la langue des signes pour dialoguer avec elle, comprend mal.

Une vie commune avec son conjoint, avec leur fille, est-elle possible ? ou le seul avenir de Gloria est-il dans la compagnie de malentendants comme elle ? C’est la question, peut-être trop binaire, que pose le film. Heureusement, la réponse qu’il y apporte est autrement subtile.
Gérard Bourgeois
Gérard Bourgeois

3 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mai 2026
INCOMMUNICABILITÉ
Elle est belle, sourde : Angela.
Il est entendant, aimant : Héctor.
Ils sont en couple et attendent un enfant.
Leur angoisse est que le bébé soit sourd (sorda) comme sa maman.
L’obstétricien leur déclare qu’ils ne pourront le savoir qu’après la naissance.
L’accouchement est difficile. Tous s’agitent et s’énervent autour de la parturiente qui fait ce qu’elle a à faire sans rien comprendre à tous ces échanges.
Elle est née. La vie et ses habitudes reprennent leurs droits. Mais la nouvelle venue prend sa place dans une vie à trois qui perturbe le couple.
Mal à l’aise l’un vis-à-vis de l’autre, ils s’éloignent et ne se comprennent plus malgré la langue des signes qu’ils pratiquent tous deux et les aides auditives dont s’équipe la mère pour ne pas se couper du monde des entendants.
La projection croise tous les moyens de communication possibles pour que les spectateurs entendants se mettent dans la peau des malentendants… afin, dans un but pédagogique, de briser les malentendus pouvant survenir avec le monde du handicap.
Un peu de poésie s’échappe à travers le bruitage (sous-titré) de la cascade où se baigne Angela comme pour se purifier de la mésentente avec son mari.
Un petit miracle de coordination entre le sous-titrage espagnol/français et le sous-titrage d’ambiance (bruits, musique).
Un film à voir en séance adaptée, parfaitement fluide pour tous publics.
VILLE.G
VILLE.G

77 abonnés 805 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2026
Un petit film très bien fait sur la surdité et la relation avec les autres et notamment son enfant. Il nous permet de mieux appréhender ce que l’on doit ressentir dans cette situation. Intéressant et plaisant.
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