Keeper est l’illustration parfaite de ce film d’horreur qui confond atmosphère et nouveauté. Une cabane isolée, un couple, un malaise diffus, un homme qui s’absente, une femme seule face à l’étrange… Bref, un scénario qu’on a déjà vu, revu et utilisé jusqu’à l’usure par le cinéma d’horreur psychologique. Difficile de ne pas penser à The Lodge, The Night House, Saint Maud, Hereditary ou encore The Witch, mais sans jamais atteindre leur puissance ni leur radicalité.
Soyons honnêtes : sans Tatiana Maslany, le film s’effondrerait probablement sur lui-même. Elle fait tout — porter l’angoisse, donner une épaisseur émotionnelle à un scénario minimaliste, maintenir l’attention quand le récit commence à sérieusement tourner en rond. Le problème, c’est qu’un grand jeu d’actrice ne suffit pas toujours à masquer une histoire qui avance à coups de silences lourds et de symbolisme un peu paresseux.
Oz Perkins sait créer une ambiance, personne ne lui enlèvera ça. Mais ici, l’atmosphère semble servir de cache-misère à un scénario famélique, qui préfère rester volontairement flou plutôt que d’assumer une vraie direction. L’ambiguïté devient un refuge confortable, presque un alibi : quand on ne sait pas trop quoi raconter, on suggère, on étire, et on appelle ça “expérimental”.
Résultat : Keeper n’est ni un mauvais film, ni un bon. C’est un film “à intention”, qui coche toutes les cases de l’horreur indé contemporaine sans jamais les dépasser. Un film qui se regarde, s’oublie assez vite, et qui laisse surtout l’impression d’avoir déjà été vu… en mieux, ailleurs.
À réserver aux amateurs de films d’horreur lents, très patients, et indulgents avec les scénarios qui prennent des airs de profondeur pour masquer leur manque d’inspiration