Pillion
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mars 2026
Fils unique couvé par ses parents, éternel Tanguy incapable de quitter le nid familial, choriste amateur dans un quatuor a cappella, Colin (Harry Melling, ancien cousin obèse d’Harry Potter) est homo et cherche romantiquement l’âme sœur. Le hasard le place sur la route de Ray (Alexander Skarsgård, fils du célèbre acteur suédois Stellan Skarsgård), motard cuir et queer. Irrésistiblement attiré par la beauté et le magnétisme de Ray, Colin accepte le contrat implicite qu’il lui propose : devenir son soumis, s’installer chez lui, coucher au pied de son lit, préparer ses repas, faire ses courses et assouvir sans mot dire tous ses désirs sexuels.

"Pillion" est interdit aux moins de seize ans à bon droit. Il raconte une liaison SM et compte deux scènes pas piquées des hannetons où on entrevoit – fait suffisamment rare dans un UGC du Quartier latin pour être relevé – une verge de belle taille ornée d’un piercing monumental et happée par la bouche d’un amant gourmand.

Plutôt que de perdre votre temps à lire ma critique, je vous recommande celle de l’excellent Mathieu Macheret dans "Le Monde" qui, fort subtilement, adresse à "Pillion" deux reproches.

Le premier justement est de ne pas nous dire grand-chose de cette relation, à part les deux scènes sus(!)-évoquées qui troublèrent les spectateurs qui m’entouraient dans la salle où je l’ai vu hier soir : quinquagénaire solitaire, dont je me suis immédiatement demandé s’ils étaient plutôt S ou M et, étonnamment, jeunes filles en fleurs qui gloussaient bêtement dès que Alexander Skarsgård faisait glisser le zip de sa combinaison. "Pillion" n’est pas pour autant un film sur le BDSM gay-cuir qui en décrirait les codes, sonderait les âmes de ceux qui s’y adonnent, interrogerait son acceptabilité dans la société contemporaine et montrerait l’impasse ou au contraire l’épanouissement d’une relation fondée sur l’humiliation et l’avilissement. "Pillion" contient des angles morts, des non-dits qui ne sont jamais levés : quel est le passé de Ray ? son métier ? l’identité des trois noms de femmes tatoués sur son sternum ? quelle est la nature de l’amitié qui le lie aux autres bikers ?

La relation entre Colin et Ray est la relation homosexuelle d’un esclave à son maître. Mais c’aurait pu être n’importe quelle relation codifiée entre deux êtres humains en quête d’amour : exhibitionnisme, travestissement, sissification, ABDL, etc. Colin est tout simplement amoureux de Ray et il est prêt à tout pour gagner son amour. Et on en vient ainsi à la seconde critique, adjacente de la première : "Pillion" n’est tout bien considéré qu’une banale comédie romantique.

Les sentiments de Ray sont plus opaques. Qu’éprouve-t-il pour Colin ? On n’en sait rien. Toujours est-il qu’il a accepté que Colin entre dans sa vie à condition qu’il se plie à ses exigences. Colin y trouve-t-il son compte ? Que se passerait-il s’il se rebellait ? C’est ici que "Pillion" emprunte les codes classiques de la comédie romantique en explorant la domestication du désir, l’éveil des sentiments et leur révélation à travers quelques moments clés comme celui du baiser – on se croirait dans "Pretty Woman".

Une fois cette déconstruction très intellectualisante de ce film effectué, je peux toutefois témoigner du plaisir et de l’intérêt que j’y ai pris. "Pillion" est un film étonnant, un film hors normes. Il ne cherche pas à choquer gratuitement le bourgeois. Au contraire, il traite avec beaucoup de douceur d’une relation choquante. À ce titre les parents de Colin sont nos porte-parole qui se félicitent que leur fils bien-aimé, dont l’homosexualité est parfaitement tolérée, ait enfin trouvé l’amour mais, en même temps, s’inquiètent qu’il se mette en danger.

Son scénario prend des bifurcations inattendues. J’aurais aimé vous interroger sur la toute dernière. spoiler: Après la disparition de Ray, Colin s’inscrit sur une application de rencontre, y affiche son penchant sur la soumission et rencontre un nouveau maître. Cette fin est-elle cohérente avec le personnage ? Pour poser la question autrement, sa relation avec Ray a-t-elle révélé à Colin son penchant pour la soumission, qui sera désormais la forme de toutes ses relations amoureuses futures ? Ou bien – et c’est plutôt mon opinion – Colin n’est pas intrinsèquement un soumis, la soumission ayant été la forme conjoncturelle qu’a prise cette relation-là et que ne prendront pas nécessairement les suivantes ?
Ufuk K

617 abonnés 1 722 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2026
"Pillion" bien noté par la critique, qui a obtenu de nombreuses récompenses et citations l'an dernier et cette année (Festival de Cannes, British Indépendant film Awards et Bafta Awards) est une romance dramatique audacieuse. Le réalisateur britannique Harry Lighton propose aux spectateurs une histoire unique, émotive et parfois humoristique, centrée sur une romance masculine gay. Ce film met en scène un duo complice incarné par Alexander Skarsgård et Harry Melling, explorant le monde des motocyclistes ainsi que celui du BDSM, tout en abordant les dynamiques de domination et de soumission au sein d'un couple, ainsi que la complexité des relations amoureuses à travers des séquences à la fois underground et romantiques.
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 mars 2026
A mi-chemin entre comédie romantique entre deux hommes (l’un dominateur et l’autre soumis) et une comédie dramatique sur une relation toxique, ce film est pour le moins original car se situant dans un milieu – les motards gays londoniens – que je connaissais peu. Il offre un très beau duo d’acteurs : Harry Melling / Alexander Skarsgârd. Néanmoins, l’histoire est trop dérangeante, loin de moi, pour obtenir mon adhésion.
Paul O.
Paul O.

31 abonnés 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2026
Les films les plus surprenants/malaisants sont souvent ceux mariant différents genres et à cet égard Pillion est un modèle du genre.

Malgré son traitement fleur bleue, difficile de ressortir indemne de ce violent cauchemar, qui oscille savamment entre comédie, drame et romance érotique. Une effervescence formelle, miroir des hauts et des bas émotionnels que traverse pudiquement Colin et de la toxicité de sa relation à lui même.

Un terreau odorant mais fertile sur ce qu'on est prêt soi-même à accepter et faire par amour
cédric l.
cédric l.

23 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2026
Un très beau film, sur une Relation/Romance Dominant-Soumis où les deux protagonistes principaux s'avèrent être particulièrement lumineux. D'un coté Harry Melling (Colin) en petit homme docile et introverti, de l'autre Alexander Skarsgard (Ray) en une sorte de "Dieu" Nordique un peu inaccessible. Tous les oppose et pourtant, il y a une véritable complicité, alchimie entre eux. Plus on scrute le film en profondeur et l'on se dit que ce long métrage n'est pas tout à fait ce à quoi l'on s'attendait. Pour Colin, c'est un véritable voyage initiatique pour lui, on a le sentiment que Ray est entré dans sa vie pour lui permettre d'être encore plus en vie. Une véritable chance que ces deux là se soient rencontré. Du reste un film qui devrait beaucoup plaire à la communauté LGBT.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2026
Harry Lighton signe avec Pillion un long métrage percutant sur l’univers BDSM. On y suit Colin, un jeune homme introverti, timide qui rencontre Ray, leader d’un groupe de motard, beau, musclé et mystérieux. À la surprise de son entourage, Colin va entamer une relation avec Ray. C’est chaud par moment, déconcertant aussi. Le film raconte la solitude, l’abandon, l’amour loin des convenances morales sans occulter certaines dérives.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 568 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2026
Ai vu « Pillion » du réalisateur britannique Harry Lighton d’après le roman d’Adam Mars-Jones. Ce premier film a été présenté au festival de Cannes dans la sélection «Un certain regard » où il a obtenu le Prix du scénario. Scénario d’une grande originalité et assez unique dans l’histoire du cinéma. Colin (Harry Melling formidable) est un jeune homme pas très beau, timide, introverti, peu sûr de lui qui vit encore chez ses parents (Douglas Hodge et Lesley Sharp). Ils sont très compréhensifs quand à son homosexualité et très pressés que Colin rencontre enfin le Prince charmant. Celui-ci apparait un jour sous les traits du sublime Ray (Alexander Skarsgard magnétique), motard, viril, charismatique et adapte du BDSM (Bondage Domination Sado Masochiste). Dans ce jeu « amoureux » et sexuel, Colin va trouver une forme de révélation. Le scénario est un doux mélange d’humour, de sensualité, d’érotisme et de romance. La performance de Harry Melling est à souligner tant son interprétation entre la timidité, la surprise, la soumission, l’amour, la frustration est sobre et puissante. On s’attache de suite à ce personnage si attendrissant. On lit en permanence dans le regard perdu de Colin la dévotion et l’amour. Le film est très émouvant tant dans les relations qu’a le jeune homme avec ses parents, qu’avec son amant. En adoptant les règles de la comédie romantique classique pour peindre la relation de ce couple atypique et presque iconique, le réalisateur trouve une forme de distance nimbée d’humour et d’absurde qui font une des grandes originalités du film. Même si certaines scènes sont assez frontales, rien n’est jamais caricatural et ce qui prime c’est le grand naturel avec lequel Lighton nous fait entrer avec respect et intelligence dans le monde BDSM sans aucun exhibitionnisme et sans jugement dans les relations complexes entre les deux amants. Un film unique foncièrement audacieux et anticonformiste qui fait du bien.
tenzenchoku
tenzenchoku

24 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2026
Ce film nous embarque dans une relation SM et réussit l’exploit de nous faire ressentir dans notre tête et dans notre chair le mécanisme du désir et de l’attachement même si l’on est très éloigné de cet univers.
Am mart-6
Am mart-6

12 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2026
Belle esthétique et de jolis moments de tendresse avec la famille du personnage principal. Mais la relation centrale m’a laissé perplexe. Ce n’est pas le BDSM qui pose problème — c’est plutôt la manière dont il est montré ici, sans règles ni véritable consentement explicite, ce qui donne davantage l’impression d’une relation d’emprise.

Le film semble vouloir nous émouvoir avec une romance suggérée à la toute fin (quelques regards, un geste tendre), mais après tout ce qui précède, cela tombe un peu à plat. Le second personnage reste froid, opaque et finalement peu attachant.

Un film intriguant visuellement, mais frustrant sur le fond.
69Ciel
69Ciel

37 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mars 2026
Mars était jusque là le mois de St Patrick et des giboulées... Mars 2026 est pour moi (hétérosexuelle de 64 ans) une nouvelle plongée dans les milieux gays que je n'avais pas ré-approché avec autant de force depuis mes émotions d'étudiante devant Brad Davis dans Querelle.
Pillion marquera celles de ma désormais vie de grand-mère, confrontée à une histoire d'amour, de domination sans nulle pareil, subjuguée par la beauté de l'acteur principal, sa "douceur" inattendue, sous son charme comme le soumis Colin.
Digne successeur des comédies sociales anglaises tant affectionnées, traitant habilement d'un sujet délicat frontalement, volontairement impudique et sans ambages, ce film résonne avec Heated Rivalry, série vue tout récemment et qui continue de m’obséder par sa justesse et sa profondeur. Que c'est bon quand les images, les histoires vous emportent vers des émotions que vous ne pensiez jamais connaître, ni éprouver...
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 851 abonnés 8 176 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mars 2026
Colin, un jeune homme introverti, rencontre Ray, un séduisant et charismatique leader d’un groupe de motards…

Pour son premier long-métrage, Harry Lighton adapte le roman "Box Hill" d’Adam Mars-Jones et nous embarque dans une romance malsaine, teintée de BDSM (relation de domination / soumission).

L’adaptation était casse-gueule, parvenir à retranscrire avec autant de fidélité, cet univers BDSM-gay sans trahir le roman et encore moins verser dans la caricature. Alors qu’elle ne fut pas notre surprise de découvrir que c’était tout le contraire. Le réalisateur est parvenu à mettre en scène un très beau drame érotique, entre un adepte du BDSM et un jeune premier un peu gauche et inexpérimenté.

Le résultat final est à des années-lumière des standards auquel on aurait pu s’attendre (à savoir un pseudo drame érotique faussement subversif et inoffensif à destination des ménagères, comme cela avait pu être le cas avec Babygirl - 2025). Pillion (2026) parvient haut la main à remporter l’adhésion, grâce à une mise en scène parfaitement millimétrée, une formidable distribution (Alexander Skarsgård & Harry Melling) et surtout, une retranscription sans la moindre fausse note de ce que peut être une relation toxique (revendiquée) doublée d’une soumission (délibérée).

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Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2026
Pillion est un film vertigineux, qui donne à voir une relation de domination / soumission épanouie (et sans violences physiques, il faut le signaler) dans le milieu des bikers gays britanniques.

Pour celui qui est totalement étranger à ce type d'attirance, le processus qui pousse à un tel niveau de servitude volontaire a quelque chose de profondément mystérieux. Disons-le, Pillion le donne à voir dans toute sa crudité, et plus d'un spectateur pourra être choqué par les scènes extrêmement crues de sexe - mention spéciale pour une scène de pique-nique mémorable.

Pour rendre une telle histoire crédible, il faut des interprètes exceptionnels. Harry Melling en amoureux transi et soumis est formidable, mais c'est surtout Alexander Skarsgård qui crève l'écran, viking sculptural et mutique.

Le réalisateur Harry Lighton parvient habilement à nous intéresser à cette comédie romantique originale, qui nous montre que ce type de couple n'échappe pas à un certain nombre de poncifs concernant les couples en général (jalousie, présentation aux parents, délitement). Il conclut son film joliment, distillant une réflexion intéressante sur les relations entre sentiment et rôle joué dans la relation qui unit les deux personnages.

Une réussite, qui pourra choquer (à Cannes de nombreux spectateurs sont sortis de la salle pendant la projection).
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2026
Séance très particulière à Cannes quand Pillion commence. Un charmant tableau de famille londonien, un jeune homme (oui "Dudley Dursley de Harry Potter"... alias Harry Melling, pour les autres) qui promène tranquillement le petit chien de sa mère, s'arrête pour qu'il fasse son affaire, se fait aborder par un magnifique motard musclé (Alexander Skasgard) qui lui propose de lui faire une gâterie, là maintenant, tout de suite. On allait tous glousser gentiment, dans la salle, de la proposition cavalière, sauf qu'on en n'a pas eu le temps : le plan d'après nous fonce à la tronche, et c'est la "gâterie" en gros plan, aussi grossière qu'osée. On étouffe un "oh ben !" (le comble de notre stupéfaction) tandis que côté spectateurs, c'est l'exode, tous les 50+ (comme la crème solaire) se barrent. Et ce n'est que l'ouverture. Pillion (en anglais "la place du passager à moto, celui qui colle le conducteur") est une plongée sans pédiluve dans le monde du BDSM, qui raconte l'histoire d'amour entre un homme dominé (le toutou qui se complaît à être maltraité) et le dominant (le "maître" du chien), nous faisant découvrir un univers tout de cuir et de fouet, de prises à califourchon un peu n'importe où et n'importe comment (dès que le calecif du maître serre un peu, le clébard y a droit), et finalement des limites de ce système de fantasmes sexuels. On voit tout, de la mise à l'écart de la vie sociale et familiale, au déclin de la confiance en soi (à force d'être traité comme un esclave) et d'un sentiment de non-réciprocité si l'un des deux essaie de faire des efforts pour l'autre (cela va à l'encontre de son appétit sexuel, donc cette histoire d'amour ne peut pas fonctionner). Pillion aborde à peu près tous les sujets sensibles du rapport de dominance dans le BDSM, sans jamais prendre de gants (en latex), il y va crûment quitte à ce que le spectateur l'interprète comme un étalage de lubricité (au moins, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas assumer son concept). A ce petit jeu, Harry Melling et Alexander Skasgard sont formidables d'audace : les scènes sont ultra osées, et on a une grosse pensée pour le coordinateur d'intimité sur le tournage qui a plus que mérité son salaire (peut-on inventer, et lui décerner la Coque d'Or du Meilleur Coordinateur d'intimité 2026 ?). Là où l'on est moins client du film, c'est dans son final, qui décide de voir positivement cette relation assez toxique, car déséquilibrée : ils ne cherchent pas la même chose, et on voit bien que le dominé est malheureux, alors pourquoi spoiler: le faire repartir avec un "maître" à la fin ? Ou alors, il aurait fallu spécifier clairement que le nouveau "maître" est plus soft / ne fait pas ça en dehors des soirées amoureuses, pour laisser le jeune vivre sa vie (surtout avec sa famille) au quotidien...
Car ce qui devrait être un fantasme complice entre amoureux, le temps des soirées coquines, devient ici une souffrance du quotidien, et on ne saisit pas trop le retour à la case départ du final. Mais rien que pour la découverte (la bienséance nous interdit de dire "insertion") sans vaseline de l'univers BDSM, et pour l'audace incroyable des deux acteurs en tête d'affiche, Pillion mérite le détour. Pour y aller, on vous laisse quand même la place du "pillion", hein, nous on monte dans le side-car.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2026
Il arrive sur la pointe des pieds mais on nous la fait pas. Sur l'affiche, il y a bien marqué Prix du Scénario dans la section Un certain Regard (Cannes 2025). Une comédie romantique dans le milieu gay ? C'est un peu vite résumé mais tout de même. D'un coup d'un seul, Harry Lighton signe son premier film, trouve le high-concept et repart avec une jolie statuette dorée. Et c'est mérité, disons-le tout de suite. Mais attention, ce n'est pas le genre de films qui va vous faire rire à gorge déployée. À contrario de son sujet bien rentre-dedans, Pillion joue la finesse et ne se laisse jamais aller à la vulgarité. Ce qui est déjà un exploit en soi, les pièges étant nombreux. Lighton fait montre du même esprit que ce soit lors d'un repas en famille mordant où pendant des scènes érotiques pour le moins sauvages. Ôtez les chaines et les sorties en plein air culs-nus, c'est une histoire d'amour. Sur un mode qu'on a pour ainsi dire jamais vu au cinéma, et traité avec la délicatesse nécessaire pour nous accrocher. Ce qui donne lieu à un réel amusement dans les rapports domination/soumission entre Colin et Ray, en particulier dans la première partie du film. Pillion avance discrètement pour mieux saisir le langage en train de s'établir, et force est de constater que tout est limpide. Le jeu subtil de Harry Melling rend particulièrement touchant son personnage d'amoureux introverti, tandis que le charisme minéral d'Alexander Skarsgård est idéal pour incarner ce monolithe qui finit pourtant par être entamé. Une vraie curiosité et assurément l'un de ceux qui vont faire l'année 2026. Puisqu'après tout, il avait déjà fait 2025.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mars 2026
“Pillion”, en anglais, désigne un siège arrière. C’est la place que va prendre le personnage principal sur la moto de son amant et amoureux, et dans leur vie de couple, basée sur une relation dominant/dominé. Le sujet est scabreux et le film, osé (interdit aux moins de 16 ans). Rien n’y est ordinaire, mais tout est abordé comme si cela l’était, ou presque. Avec un naturel étonnant. Pas de fausse pudeur ici : l’expression d’une sexualité alternative et d’un amour pas comme les autres est assez crue. Mais elle ne verse jamais dans la vulgarité ni dans la provoc’. Probablement parce qu’elle est sans jugement. L’observation et l’étude des personnages se déploient dans le respect de leur mystère. Elles se lovent à l’intérieur de leur relation, sans occulter un regard extérieur, celui des parents et d’une certaine “normalité”, posé avec justesse. Cela donne une romance gay inédite, qui cerne avec simplicité une belle complexité. Et qui consacre l’intelligence, la sensibilité et la maturité du réalisateur, Harry Lighton. Pas mal pour un premier long-métrage… On se demande encore, après coup, comment il est arrivé à faire tenir son film sur un tel fil, avec un sujet aussi “casse-gueule”, en équilibre entre humour et drame, crudité et délicatesse, cruauté et tendresse. Cet équilibre est troublant, souvent malaisant, mais tenu jusqu’au bout d’un récit initiatique qui voit un jeune homme se révéler à lui-même et affirmer ses aspirations profondes. Si la maîtrise dramatique est à souligner, la qualité de l’interprétation l’est tout autant. Celle de Harry Melling, d’une subtilité assez géniale. Celle d’Alexander Skarsgård, dans un registre monolithique et opaque, en parfait contre-emploi. La BO, également, est très bien.
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