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Maperrinx
36 abonnés
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3,0
Publiée le 16 mars 2026
A partir d'une thématique très particulière, les objectifs du réalisateur restent mystérieux jusqu'au bout. Est-ce une ode à la soumission ? est-ce un délire poétique ? est-ce un pamphlet anti SM ?
PILLION nous amène en territoire inconnu, mais a-t-on envie de voir un tel film quand on va au cinéma ? N’est-il pas à sa place dans un cinéma X pour vicieux avertis ? Les scènes choc se succèdent et le spectateur, dans l’expectative, se fera surprendre à attendre la scène sordide suivante. Et la béatitude du soumis n’a d’égal que l’animalité du biker : heureusement que la mère apportera un peu d’humanité… J’en sors éberlué !
Film très osé sur une relation un peu spéciale entre Colin, jeune homme mal dans sa peau, découvrant sa sexualité, soumis, aimant la servitude, et Ray, beau motard dominant qui aime traiter Colin comme son esclave et son chien. Les parents de Colin tentent pourtant de la raisonner en le mettant en garde sur le caractère malsain de cette relation. Mais il semble y trouver une source d'épanouissement. Leur relation bascule lorsque Colin tente d'imposer un jour de repos à ce fonctionnement dominant/soumis. Film bien réalisé, bien rythmé. Intéressant à regarder pour un public averti.
A moins d'être attiré par les pratiques décrites dans le film, on risque fort de trouver tout cela vulgaire, pathétique et grotesque. Les accoutrements sont ridicules, tout comme les personnages. La bande-annonce m'avait laissé dubitatif, le film m'a exaspéré.
Vu en avant-première lors du Festival Premiers Plans d’Angers, Pillion s’impose comme un premier long métrage audacieux et étonnamment incarné. Sous des airs de rom-com queer volontairement provocante, le film explore une relation profondément asymétrique avec un mélange de cruauté, d’humour et de lucidité.
La grande force du film tient à son équilibre. Malgré une frontalité assumée, Harry Lighton injecte un vrai sens du comique de situation, qui désamorce sans jamais édulcorer la violence émotionnelle du lien. Le duo Harry Melling / Alexander Skarsgård fonctionne remarquablement bien, chacun occupant l’écran de façon très différente mais complémentaire.
Si le film reste parfois volontairement hermétique et que son final paraît attendu, la mise en scène est assurée, les dialogues font mouche et l’ensemble ose regarder la part d’ombre du couple sans faux-semblants. Un film imparfait mais stimulant, porté par une vraie audace et deux interprètes impressionnants.
Le scénario est on peut dire très original. Une romance d'une extrême toxicité. Où un jeune homme introverti va se soumettre à un motard. C’était à la fois drôle et gênant durant le film. Gênant du fait pour le personnage incarné par Harry Melling. Cette relation toxique mais qui l’a voulue. Les acteurs Harry Melling et Alexander Skarsgård étaient tous les deux excellents.
Sans jamais verser dans le cliché, le véritable dysfonctionnement n’est pas le type de relation mais LE type dans la relation ! Une visibilité intéressante et posée là sans jugements.
Pillion est une romance gay et BDSM aussi transgressive qu’intelligente, qui en explorant une relation très spécifique, marginale, raconte quelque chose d’universel. Pour un premier film, c’est d’une finesse d’écriture et d’une subtilité remarquable. Car c’est à la fois une excellente comédie romantique, qui coche toutes les cases du genre, et un récit initiatique troublant sur une sous-culture méconnue qu’il traite avec beaucoup de naturel et de délicatesse, sans jamais imposer un propos moral, laissant au spectateur le soin de faire son propre chemin.
Et en observant cette communauté de bikers sados-masos, il montre que ces relations, perçues comme extrêmes, ne sont pas plus codifiées et ritualisées que celles de la famille traditionnelle. Toute relation, même dite “normale”, repose en réalité sur un contrat, un pacte implicite.
Le film brille également dans la justesse de sa description des émotions et de la complexité des relations amoureuses. Peur de s’ouvrir, peur de l’abandon, frontière floue entre adoration et toxicité, besoin d’exister aux yeux de l’autre, difficulté à poser des limites et affirmer ses propres désirs.
On retrouve cette subtilité dans l’écriture des deux personnages principaux, portés par un duo d’acteurs brillants : Alexander Skarsgard, immense, viril et renfermé, et surtout l’épatant Harry Melling (le Dudley d’Harry Potter, qui est finalement le meilleur jeune acteur passé par la saga), frêle, timide et très touchant. Deux personnages en apparence opposés mais traversés par une même solitude, une même fragilité.
En plus d’être drôle et émouvant, Pillion est aussi cru que sensible, aussi grinçant que pertinent et aussi complexe que ne le sont les sentiments amoureux. Une romance totalement inédite, un des meilleures que le cinéma nous ait proposé récemment.
J'ai adoré ce film romantique et transgressif, burlesque, drôle et un peu triste avec aussi une dimension presque ethnographique. Les 2 comédiens sont excellents
Pillion est un film troublant, déroutant et profondément touchant à la fois. Beau et triste, il explore avec une grande justesse la quête de l’amour et la volonté (ou l’incapacité) de s’en détacher. Au fond, peu importent les goûts, les fétiches ou les dynamiques sexuelles affichées : ce qui compte vraiment, c’est ce qu’on est prêt à accepter, à endurer ou à sacrifier pour l’autre… et surtout pour soi-même. Ici, la relation est toxique par essence, non pas à cause d’une violence gratuite, mais parce que les deux personnages ne désirent jamais vraiment la même chose au même moment. L’un cherche le contrôle absolu et le détachement émotionnel, l’autre une appartenance, une soumission qui comble un vide. Ce décalage crée une tension permanente, parfois cruelle, souvent poignante. Le film touche juste sur ces thèmes de dépendance affective et de découverte de soi à travers l’autre, mais il reste un peu en surface sur le plan stylistique. Le réalisateur aurait pu aller plus loin dans la mise en scène, dans l’audace visuelle ou dans l’exploration des zones d’ombre pour transcender le matériau de base. Au final, ça ne creuse pas autant qu’on pourrait l’espérer, même si l’émotion passe malgré tout, grâce surtout à l’alchimie et à la justesse des deux acteurs principaux. Harry Melling apporte une vulnérabilité nuancée et presque déchirante, tandis qu’Alexander Skarsgård impose une présence froide et magnétique à la fois. Leur jeu tout en retenue et en intensité compense largement les quelques limites du scénario. L’image est soignée, souvent belle (les plans sur la moto, les corps, la lumière crue), la musique accompagne sans jamais surligner, et l’ensemble dégage une atmosphère à la fois sensuelle et mélancolique. C’est un bon moment de cinéma, parfois même complaisant dans sa dureté, sa tristesse, mais jamais désagréable. Pas excellent, pas révolutionnaire, mais sincère et marquant pour qui accepte de se laisser troubler. Mon petit cœur tendre s’est laissé prendre, et j’ai versé ma larme.
La performance des acteurs est indéniable et impressionnante. Il me semble cela dit c’est sans doute une réussite j’ai été particulièrement dérangé par ce film, parce que cela existe !
Je sors de cette séance ne sachant si j'ai vu un film sur la toxicité, un amour inégalitaire assumé ou une forme particulière de domination chez les motards gays. Le réalisateur ne se met jamais dans une optique de jugement, il présente les situations et nous laisse seul juge. Une érotisation stylisée des visages, des corps. Deux personnages principaux qui entrent en collission et nous emportent avec eux dans cette explosion exploratrice des désirs et fantasmes. C'est déroutant sans être rebutant tout en restant un moment de jouissance cinématographique
Une histoire d'amour peu conventionnelle, mais une histoire d'amour quand même, même si cela commence par une relation très déséquilibrée...qui satisfait chacun des deux protagonistes. Cette relation évolue peu à peu vers un rééquilibrage accompagné de tendresse totalement absente au début du film. La toute fin évite à l'histoire de sombrer dans la bluette. Intéressant, même si cela concerne des personnages très marginaux. Et c'est bien joué !