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Mimi92170
5 critiques
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4,5
Publiée le 8 mars 2026
Un film qui peut choquer certains spectateurs mais qui raconte avec beaucoup de sensibilité une histoire d’amour dans le milieu BDSM gay britannique. Alexander Skarsgard est excellent en biker dominateur et Harry Melling livre une performance mémorable en jeune homme timide qui se révèle dans une relation de soumission. Mention spéciale pour les seconds rôles.
"Pillion" bien noté par la critique, qui a obtenu de nombreuses récompenses et citations l'an dernier et cette année (Festival de Cannes, British Indépendant film Awards et Bafta Awards) est une romance dramatique audacieuse. Le réalisateur britannique Harry Lighton propose aux spectateurs une histoire unique, émotive et parfois humoristique, centrée sur une romance masculine gay. Ce film met en scène un duo complice incarné par Alexander Skarsgård et Harry Melling, explorant le monde des motocyclistes ainsi que celui du BDSM, tout en abordant les dynamiques de domination et de soumission au sein d'un couple, ainsi que la complexité des relations amoureuses à travers des séquences à la fois underground et romantiques.
Il faut beaucoup de talent pour aborder un sujet aussi délicat. Le scénario est effectivement excellent et les deux acteurs principaux brillants. Alexander S livre une partition tout en nuance. L’humour anglais permet de désamorcer certaines situations difficiles, mais la sensualité n’est pas écartée et les scènes hot sont très réussies. Le film est universel en ce qúil parle du Couple et de ses enjeux.
Drôle, émouvant, étonnant, j’ai rigolé pendant une bonne partie du film avec des situations cocasses et un humour anglais que j’adore ! Excellent film.
Mettre en images une romance gay avec en option le milieu du sadomasochisme et du bondage est un pari très risqué. Il faut à tout prix éviter d’être dans le jugement et surtout contourner toute forme de voyeurisme ou de graveleux. Harry Lighton s’en sort avec les honneurs en se jouant de la plupart des obstacles inhérents à un tel postulat, à une séquence trop crue et trop longue près. Pillion se révèle pourtant aussi touchant et parfois cocasse que son contexte est particulier et réservé à un public averti. Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné: /
Il arrive sur la pointe des pieds mais on nous la fait pas. Sur l'affiche, il y a bien marqué Prix du Scénario dans la section Un certain Regard (Cannes 2025). Une comédie romantique dans le milieu gay ? C'est un peu vite résumé mais tout de même. D'un coup d'un seul, Harry Lighton signe son premier film, trouve le high-concept et repart avec une jolie statuette dorée. Et c'est mérité, disons-le tout de suite. Mais attention, ce n'est pas le genre de films qui va vous faire rire à gorge déployée. À contrario de son sujet bien rentre-dedans, Pillion joue la finesse et ne se laisse jamais aller à la vulgarité. Ce qui est déjà un exploit en soi, les pièges étant nombreux. Lighton fait montre du même esprit que ce soit lors d'un repas en famille mordant où pendant des scènes érotiques pour le moins sauvages. Ôtez les chaines et les sorties en plein air culs-nus, c'est une histoire d'amour. Sur un mode qu'on a pour ainsi dire jamais vu au cinéma, et traité avec la délicatesse nécessaire pour nous accrocher. Ce qui donne lieu à un réel amusement dans les rapports domination/soumission entre Colin et Ray, en particulier dans la première partie du film. Pillion avance discrètement pour mieux saisir le langage en train de s'établir, et force est de constater que tout est limpide. Le jeu subtil de Harry Melling rend particulièrement touchant son personnage d'amoureux introverti, tandis que le charisme minéral d'Alexander Skarsgård est idéal pour incarner ce monolithe qui finit pourtant par être entamé. Une vraie curiosité et assurément l'un de ceux qui vont faire l'année 2026. Puisqu'après tout, il avait déjà fait 2025.
Pillion s’impose comme l’un des meilleurs films de ce début d’année. Un premier long métrage audacieux qui ose s’aventurer sur un terrain rarement traité avec autant d’intelligence : le BDSM. Après Kika l’automne dernier, le cinéma continue d’explorer ces territoires intimes, avec une finesse d’écriture remarquable.
L’on aurait pu craindre un film de pure provocation, multipliant les images choc. Or Pillion avance comme un funambule sur un fil, toujours à deux doigts de basculer dans la caricature ou le jugement moral. Mais chaque fois que l'on croit qu'il va tomber dans la facilité en prenant la direction attendue, un regard, un sourire, un retournement scénaristique vient rebattre les cartes et complexifier la relation.
Le récit devient alors un véritable espace de réflexion pour le spectateur. Ce que vit le personnage principal est-il acceptable ? Faut-il respecter un choix qui semble destructeur ? Qui domine réellement dans une relation de pouvoir ? Et si le dominé n’était pas celui que l’on croit ? Le film ne tranche jamais, refusant toute morale facile. Le cinéaste laisse chacun face à ses propres interrogations, ce qui rend l’expérience particulièrement stimulante.
Le casting est parfait. Alexander Skarsgård, fascinant de beauté sculpturale, impose une présence magnétique. Face à lui, Harry Melling surprend par la complexité qu’il apporte à ce rôle d’amant soumis, oscillant entre fragilité et détermination. Et impossible de ne pas mentionner le personnage savoureux de la mère, qui apporte une touche de tendresse et d’humour inattendue.
Certaines scènes, très explicites bien que filmées avec respect, réservent Pillion à un public averti. Mais au-delà de cette dimension, le film se révèle être une comédie romantique transgressive d’une rare intelligence. Un premier film remarquable, qui aurait largement mérité la Caméra d’Or.
Des films comme celui-ci rappellent pourquoi l'on aime le cinéma : parce qu’ils nous emmènent explorer des territoires inconnus et nous invitent à sortir de la salle interpelés, nourris d'une réflexion complexe et sans doute un peu plus ouverts.
premier film risqué de part son sujet, il a le mérite passé une première partie un peu trop racoleuse de montrer une relation de domination entre mecs entre humour décalé et évolution complexe et intéressante. les deux acteurs sont excellents dans des rôles casse gueules. après, pas toujours évident pour le spectateur de comprendre les réelles motivations des personnages.
Un gay soumis et un gay macho sui vont ensemble comme un mocassin rouge au pied droit et un haut talon vernis au pied gauche, et pourtant si claudiquant le film avance vers une résolution sans beaucoup de suspens : l’un quittera l’autre. Devinez lequel …
Le sujet n'a rien de nouveau mais le réalisateur-scénariste britannique ajoute deux paramètres essentiels qui changent toute la dimension du film, la relation gay évidemment et l'univers de bikers. D'abord le fait que Colin/Melling a effectivement tout de la victime soumise et pas que dans une relation sexuelle SM mais on l'imagine bien "victime soumise" dans n'importe quelle situation du quotidien, ainsi le fait que Ray/Skarsgard le choisisse en fait un prédateur comme n'importe quel agresseur en ville qui choisit une cible facile. Mais le côté SM est un peu biaisé, généralement il est de notoriété tacite que c'est un milieu avec des règles alors qu'ici il n'y en a aucune, vraiment aucune, l'un n'a presque pas besoin d'expliquer, l'autre accepte tout sans broncher, à tel point qu'il n'y a aucun nuance et qu'on n'est plus dans l'esclavage moderne : on accepte notre labeur car pas le choix, comme Colin/Melling accepte sa position juste pour assouvir une frustration qu'il renferme depuis toujours. On a vite fait le tour. Mais finalement Colin s'éveille à autre chose, tente une alternative et enfin le récit devient plus intéressant, malheureusement on est déjà dans la dernière partie. Les deux acteurs forment un duo magnétique, à la fois en osmose et si différent qu'on devine la fin forcément au diapason de leur préférence. Site : Selenie
un film fort et plutôt juste pour connaître ce milieu et cette forme de relation. Loin du film-clip des années 80 avec Mickey Rourke, on assiste à l'éclosion d'un jeune homme timide et maladroit qui va se découvrir en rencontrant un motard dominateur (impeccable Alexander Skarsgård à la plastique parfaite). Cette forme de soumission reste fatalement déséquilibrée, voire toxique, car l'un est toujours en demande par rapport à l'autre, et la relation doit rester ainsi sans plage de détente et de pose pour ne pas casser la magie et la force de ce rapport mental SM. Au risque d'entrer dans une nouvelle dimension et de faire vaciller la relation. Les deux acteurs sont justes et la candeur de Harry Melling dans ses yeux clairs est sincèrement touhante. Un film original et assumé, courageux.
Je ne sais pas vous, mais si on me parle d'un film sur des relations de soumission entre un homme qui aime se soumettre et un biker dominateur, il est peu probable que je me précipite dans une salle de cinéma pour aller le voir. Eh bien, une fois de plus, avec "Pillion", film de la sélection Un Certain Regard de 2025 où il a obtenu le Prix du scénario, la preuve est apportée qu'il n'est pas bon d'avoir des idées préconçues. En effet, on se retrouve face à un film très intéressant qui, certes, présente des scènes de domination assez hard mais qui, à côté, se montre souvent très touchant et qui procure beaucoup d'émotion. J'irai même jusqu'à dire que, en montrant un homme soumis à un autre homme et à qui on exige d'exécuter les tâches trop souvent dévolues aux seules épouses , "Pillion" s'avère être un film féministe.