Pour un premier long métrage, Harry Lighton frappe fort avec Pillion. C'est un film étonnant et un peu trash, mais aussi d'une grande sensibilité et d'une grande beauté. L'esthétique est superbe, qu'il s'agisse de la photographie ou de la musique. Et les acteurs Alexander Skarsgård et Harry Melling sont parfaits, sans parler des autres rôles secondaires, tous excellents, notamment les parents, trop mignons. Mais décidément, cette relation ultra toxique, je ne peux pas. Ça m'a régulièrement sorti du film. Ça et les scènes assez crues parfois. Harry Lighton traite bien un sujet complexe et casse gueule. Mais la relation profondément malsaine au cœur du film m'empêche de m'enthousiasmer autant que le font certains pour ce long métrage. Ce qui ne m'a pas empêché d'écraser quelques larmes, signe que Pillion est malgré tout réussi dans son genre.
Un bon jeu d'acteurs, certaines scènes sont bien faites mais concernant l'ensemble de l'histoire je m'attentais à autre chose. Un peu déçue par la fin également.
film franchement non pas déconcertant mais gênant. Entre un motard viril et un être sans défense et soumis, la relation est toxique et cela d'entrée de jeu. J'ai horreur de ce genre de film qui essaie d'intellectualiser des rapports malsains entre un dominant et un dominé et qui essaie de crédibiliser une brutalité tant physique que psychique. A fuir
J’ai beaucoup aimé ce film, loin des stéréotypes et des aprioris du monde du bdsm. On voit l évolution de la relation est des personnages et leurs complexité. Je l’ai trouvé très intéressant, parfois cru mais il montre bien des choses de façon assez intelligente. 7,5/10 pour moi.
PILLION nous amène en territoire inconnu, mais a-t-on envie de voir un tel film quand on va au cinéma ? N’est-il pas à sa place dans un cinéma X pour vicieux avertis ? Les scènes choc se succèdent et le spectateur, dans l’expectative, se fera surprendre à attendre la scène sordide suivante. Et la béatitude du soumis n’a d’égal que l’animalité du biker : heureusement que la mère apportera un peu d’humanité… J’en sors éberlué !
Un film forcément dérangeant puisqu'il bouscule les certitudes et l'équilibre de la relation. dans un scénario de surface, le basculement soudain est aussi énigmatique que frustrant. La dimension érotique et de soumission, pour public averti, est électrisée par la puissante présence du taiseux A. Skargård.
"Pillion" surprend autant qu’il désarçonne. Derrière son apparente dureté et son univers de bikers rugueux, le film s’avère être une histoire d’amour singulière, centrée sur le consentement, le désir et la redéfinition des rapports de pouvoir dans l’intimité. Colin, jeune homme introverti fait la rencontre de Ray, charismatique leader d’un club de motards incarné par Alexander Skarsgård. Très vite, Ray l’introduit dans sa communauté et dans une relation de domination assumée, où Colin devient son soumis. Ce qui pourrait sembler violent ou dérangeant se révèle progressivement être un espace relationnel pleinement consenti. Le film joue constamment avec les attentes du spectateur. Il installe une gêne initiale, presque réflexe, avant de la déconstruire peu à peu. Ce qui paraît choquant au départ devient un langage intime entre deux individus qui savent ce qu’ils cherchent et ce qu’ils acceptent. Le regard porté sur cette relation oblige à interroger nos propres biais, nos projections et notre difficulté à accepter des formes d’amour en dehors des normes habituelles. Harry Melling impressionne dans le rôle de Colin. Il parvient à incarner une fragilité sans jamais la réduire à une passivité subie. Son évolution est d’autant plus intéressante qu’elle repose sur un désir clair, construit et revendiqué. Face à lui, Skarsgård impose une présence magnétique, à la fois rassurante et intimidante, sans jamais verser dans la caricature. La mise en scène, sèche et précise, refuse tout voyeurisme gratuit malgré la thématique. Elle observe davantage qu’elle ne juge. "Pillion" n’est pas un film provocateur pour le simple plaisir de choquer. C’est une œuvre qui interroge la frontière entre domination et affection, entre fantasme et relation sincère.
Sur le papier, quelque chose d'original. Mais comme bien trop de fois, le Film se prend trop au sérieux, c'est assez cru, mais ça manque de fun. Dommage, car les acteurs sont très bons.
Premier film du Britannique Harry Lighton, Pillion nous embarque dans le milieu des motards gays adeptes de BDSM. Cette plongée ultra-documentée et très crue dans cette micro-société avec ses codes et ses rituels est fascinante, et n'est pas sans rappeler, toute proportion gardée, la description sans fard du milieu homosexuel new-yorkais de La chasse de William Friedkin (1980). Le film raconte l'histoire de Colin, un trentenaire timide vivant chez ses parents et dont le quotidien va être bouleversé par sa rencontre avec le charismatique et mystérieux Ray, qui va lui imposer une relation de maître à esclave, immédiatement acceptée par le jeune homme, flatté de pénétrer dans l'univers d'un aussi bel étalon. C'est aussi là la limite d'un long-métrage qui semble finalement avoir peur de son propre sujet : spoiler: plutôt que d'exploiter toutes les potentialités émancipatrices d'un amour hors norme et hors système, le long-métrage prend le parti d'un bonheur rendu possible par le surgissement d'une relation beaucoup plus classique. Un cinéaste à suivre.
C’est très drôle, superbement joué et très bien réalisé. On est pris dès la scène d’ouverture !
Je ne partage pas les pratiques des personnages mais je déconseille de se faire uriner dessus quand on porte des vêtements en cuir car cela pourrait le flétrir et l’abîmer. Préférer le cuir végétal ou le synthétique.
Au-delà de la relation SM intense entre ses deux personnages, Pillion aborde avant tout une quête d’épanouissement personnel : celle de se découvrir, de s’affirmer et de comprendre ses propres limites.
À travers cette relation, le personnage principal apprend progressivement à mieux se connaître, à identifier ce qu’il aime, mais aussi à poser des frontières. Un sujet encore très peu traité au cinéma, et qui donne ici lieu à une romance aussi dérangeante qu’originale.
Le film montre également, avec une certaine lucidité, que ces relations extrêmement poussées dans la domination et la soumission ne sont pas dénuées de zones d’ombre. Il met en lumière un schéma presque systémique : d’un côté, un homme motard, viril, profondément ancré dans une masculinité aux racines patriarcales ; de l’autre, un jeune homme plus efféminé, en construction. Cette dynamique est représentée avec justesse, même si l’on pourrait regretter une conclusion plus aboutie, voire plus apaisée.
Sans jamais juger ce type de relation, le film assume pleinement le malaise qu’il peut provoquer. Et c’est sans doute là son intention : présenter une relation sans concession, brute, et laisser au spectateur la liberté d’y projeter son propre regard.
Sur le plan de l’écriture, les personnages ne sont pas particulièrement développés psychologiquement, et pourtant, leur fonctionnement nous apparaît limpide. La mise en scène et quelques dialogues suffisent à faire émerger leurs mécanismes internes, ce qui constitue un vrai point fort.
Le casting est remarquable, les deux acteurs livrent des performances habitées. La réalisation se distingue par une utilisation intelligente de la verticalité, jouant sur les rapports de domination, d’inversion et de pouvoir. Le travail visuel autour des matières est également marquant, notamment dans l’opposition entre le cuir, rigide et fermé, et la peau, organique et sensible, qui vient renforcer la dualité des personnages. D’un côté, une figure hermétique qui ne laisse plus entrer, de l’autre, un être encore vierge, vulnérable et authentique.
Enfin, difficile de ne pas évoquer la frontalité de certaines scènes. On m’avait prévenu, mais je préfère le redire, le film contient des séquences sexuelles particulièrement explicites, parfois difficiles à soutenir, notamment la première. Certaines personnes ont d’ailleurs quitté la salle. Ce n’est clairement pas un film pour tous les publics, mais bien une œuvre qui s’adresse à un public averti.
J’ai apprécié ce film, mais je ne sais pas si je l’ai vraiment adoré. Comme dit précédemment, il m’a beaucoup mis mal à l’aise. En revanche, une chose est sûre, c’est un film qui marque, qui reste en tête en sortant de la salle, et auquel on repense.
Il y a des films qui dérangent, et puis il y a ceux qui confondent provocation et vide absolu. Pillion fait clairement partie de la seconde catégorie.
Le film tente de raconter une relation basée sur la domination, la soumission et une forme de dépendance émotionnelle. Sur le papier, pourquoi pas. Le problème, c’est qu’il ne dépasse jamais ce stade. Le scénario est d’une pauvreté affligeante : lent, répétitif, et surtout incapable de proposer la moindre évolution crédible. On tourne en rond pendant toute la durée, sans enjeu réel, sans progression, sans regard.
Mais là où Pillion devient franchement gênant, c’est dans ce qu’il montre… et surtout dans ce qu’il banalise. La relation centrale est présentée avec une esthétique presque romantique, alors qu’elle repose clairement sur un déséquilibre toxique. Le film ne questionne jamais cette dynamique, il la met en scène comme une évidence, voire comme une forme d’amour. Et c’est là que ça coince.
Les scènes intimes enfoncent le clou : aucune communication, aucun cadre, aucun consentement clairement établi. Tout est implicite, flou, presque normalisé. Et comme si ça ne suffisait pas, l’absence totale de protection dans ces scènes renforce un sentiment d’irresponsabilité assez hallucinant. Ce n’est pas juste un détail : c’est un choix de mise en scène qui en dit long sur le regard du film.
On aurait pu accepter cette noirceur si elle avait été accompagnée d’un vrai propos, d’une réflexion, ou au minimum de conséquences sur les personnages. Mais rien. Le film reste en surface, s’enferme dans son esthétique, et oublie complètement de raconter quelque chose.
Au final, Pillion ne choque pas par ce qu’il montre, mais par ce qu’il banalise. À force de vouloir filmer la domination comme une expérience sensorielle, il en oublie l’essentiel : les êtres humains qu’il prétend raconter.
Je sors de cette séance ne sachant si j'ai vu un film sur la toxicité, un amour inégalitaire assumé ou une forme particulière de domination chez les motards gays. Le réalisateur ne se met jamais dans une optique de jugement, il présente les situations et nous laisse seul juge. Une érotisation stylisée des visages, des corps. Deux personnages principaux qui entrent en collission et nous emportent avec eux dans cette explosion exploratrice des désirs et fantasmes. C'est déroutant sans être rebutant tout en restant un moment de jouissance cinématographique