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Stéphane de RUS
3 critiques
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4,0
Publiée le 5 mars 2026
Sans jamais verser dans le cliché, le véritable dysfonctionnement n’est pas le type de relation mais LE type dans la relation ! Une visibilité intéressante et posée là sans jugements.
Est une magnifique romance acidulée qui fait pas de discours moralisateur ou cliché face à la relation sadomasochiste dans laquelle le film nous entraîne.
Avec humour et tension érotique on est en immersion totale dans le quotidien d’un jeune homme qui se découvre d’apprécier une sexualité quelque peu particulière car c’est une relation masochiste.
Le sujet étant assez sensible le film aurait pu tomber dans un ramassis de clichés mais contrairement à ce qu’on pouvait présager ce film est d’une douceur et d’une pudeur très touchante.
La remarquable prestation des deux acteurs principaux est extraordinairement impressionnante. On passe un moment très fort et émouvant tout en étant très amusé par le côté comique et cynique du film.
Cet œuvre permet de nous faire se poser des questions telle qu’est-ce que une relation BDSM c’est toxique ou pas ? Ou bien est-ce que c’est une relation qui peut être dangereuse ?
Ce qui est génial c’est qu’ici dans ce film chacun a la possibilité se faire sa propre opinion.
Enfin une belle romance ou les fantasmes sont dépeints de manière très douce et pas de manière vulgaire. J’ai été très touché et surpris par la qualité visuelle et scénaristique de ce très beau film.
Ce film reste cependant assez explicite et n’est pas recommandable à un public sensible aux scènes de sexe frontal.
Laissez-vous tenter par cet ouvrage remarquablement écrit et joué par des acteurs qui incarnent à merveille leurs rôles.
Les films les plus surprenants/malaisants sont souvent ceux mariant différents genres et à cet égard Pillion est un modèle du genre.
Malgré son traitement fleur bleue, difficile de ressortir indemne de ce violent cauchemar, qui oscille savamment entre comédie, drame et romance érotique. Une effervescence formelle, miroir des hauts et des bas émotionnels que traverse pudiquement Colin et de la toxicité de sa relation à lui même.
Un terreau odorant mais fertile sur ce qu'on est prêt soi-même à accepter et faire par amour
Très belle réussite que ce film original, a priori casse gueule, qui raconte sans fard mais sans excès une histoire de domination au sein de la communauté des bikers homosexuels dans l’Angleterre de nos jours. La principale réussite tient au fait que le réalisateur ne nous livre aucune explication psychologique du comportement de ses deux personnages. Cela nous évite le pathos habituel des amours contrariées et les Happy end traditionnels des comédies romantiques. Car de la romance, il y en a dans ce film qui suscite aussi, contre toute attente, de l’émotion . L’autre réussite est l’interprétation. Aux côtés d’Harry Milton, opiniâtre et très touchant, règne en majesté Alexander Skarsgard, toujours aussi sculptural et opaque. Un film qui ne ressemble à aucun autre, à découvrir , en ayant concience que les scènes de sexe sont nombreuses et explicites.
Un film notablement impressionnant, à la fois frontal et profondément pudique, sincère et ambiguë, enchanteur et bouleversant. Ce qui est subversif dans Pillion, ce n'est pas le décorum (SM, cuir, motard, scènes explicites) mais bien les sentiments. On est finalement face à un film d'émancipation romantique assez classique, où seul celui qui peut exprimer ses sentiments est en capacité de trouver son propre chemin vers le bonheur. La fin du film, bien que volontairement optimiste, m'a toutefois laissé un goût d'inachevé. spoiler: Le film aurait été parfait pour moi si le personnage de Ray avait pu lui aussi accéder à ce bonheur, ou s'il avait au moins rendu la clé à Colin, les libérant symboliquement tous les deux.
Vu, ce dimanche 1 mars, en avant première ,au diagonal à Montpellier. Ce premier long métrage est un coup de maître. Une histoire aussi belle que cruelle sur laquelle je ne vais pas reprendre les éléments fournis pour le scénario et dont chacun peut, facilement, prendre connaissance. Les deux personnages principaux Colin et Ray sont magistralement interprétés. Il en est de même des personnages secondaires et plus particulièrement s’agissant de la mère possessive et du père effacé et particulièrement aimant et sensible. La psychologie des personnages est traitée avec beaucoup de finesse et de vérité. Colin, en se soumettant à Ray va, cet attachement étant très fort,se libérer de la possession de sa mère en fin de vie. Au delà du rapport domi/soumis il y a entre les deux un véritable attachement et on ressent une véritable émotion. On peut dire que c'est une belle histoire d’amour, un conte de fée ou un crapaud aimé d’un prince charmant va litteralement se transformer. Même les scènes de sexe n’ont rien de particulièrement choquant, elles sont certes réalistes mais vraiment rien de trasch et surtout pas décalées. Elles sont utiles voire nécessaires pour une bonne compréhension de la construction de cette relation entre hommes. Mais Colin dont c'est la première relation va souhaité autre chose de plus conventionnel et va faire une tentative d’émancipation fatale. Et là encore la psychologie de Ray estparfaitement traitée, et interprétée. Auréolé de mystère,on ne sait rien de lui socialement certes, mais on voit bien que derrière cette dureté il y a une profonde sensibilité.On le voit jouant du piano, plongé dans la lecture. Le personnage n’est pas ambigu il est entier dans tout ce qu'il fait. Il va donc faire vivre son rêve ou son phantasme à Colin et ce sera un beau cadeau d’adieu. Quant à Colin, certes malheureux,il va en sortir plus fort car en capacité de déterminer ses propres attentes et limites. En conclusion un film excellent plein de sensibilité, avec de l’humour et sans fausse pudibonderie tout en ayant rien de choquant.
Un "Cinquante nuances de Grey" version gay ? C'est en tout cas tout ce qu'indique, au premier abord, ce film réalisé par Harry Lighton et adapté du roman "Box Hill". C'est en réalité, sans mauvais jeux de mots, beaucoup plus profond. Colin, la trentaine, est un homme introverti qui peine à trouver l'amour, virevoltant de dates en dates qu'arrange sa mère. Puis, un soir, un mystérieux motard lui laisse un mot l'intimant de le retrouver le lendemain. C'est à partir de là que va débuter une relation un peu spéciale qui permettra à Colin de découvrir sa vraie nature. Eh oui puisque, comme vous l'aurez compris, son amant, Ray, a des "goûts très particuliers". Et c'est un peu en ça que vont consister les trois premiers quarts du film, c'est-à-dire voir le développement d'une relation dominant/dominé à la limite du sadomasochisme. Mais ce n'est pas juste là pour faire beau ni pour des spectateurs désireux de voir des scènes un peu crues de temps à autres. À travers cette relation, les personnages se découvrent, déjà l'un, l'autre puis explorent finalement leur vraie nature. L'un est le pilote, qui décide de tout, tout le temps, tandis que l'autre reste toujours sur le siège passager, à suivre. Mais que se passe t-il si Colin décide de devenir le pilote de temps en temps et donc prendre, à son tour, la relation en main et ainsi, par extension, le contrôle de sa propre vie ? C'est là que le film devient d'autant plus intéressant, les désirs de l'un se répercutant sur les peurs de l'autre. Alors certes, certains pourront dire que le film est une représentation négative de l'homosexualité, surtout que gravite autour du couple, la même "meute" de motards qui ont les mêmes comportements, c'est-à-dire les alphas avec leurs clefs trimballant leurs soumis avec leur chaine. Mais c'est une représentation d'une forme de relation homosexuelle, pas d'une norme, si tant est qu'elle existe, ou une généralité et, de plus, le film ne délivre aucun discours moralisateur face à cette relation. Est-elle toxique ou saine ? Est-elle dérangeante ? C'est au spectateur de décider.
Dans la banlieue sud-est de Londres, Colin (Harry Melling) mène une existence discrète, presque effacée. Il vit encore chez ses parents, chante dans un barbershop quartet pour éprouver un semblant de confiance, et laisse le monde décider pour lui. Sa rencontre avec Ray (Alexander Skarsgård), chef magnétique d’un club de motards gays, agit comme une déflagration silencieuse. Grand, assuré, vêtu de cuir, Ray incarne l’exact opposé de ce jeune homme hésitant.
Très vite, Colin découvre un univers codifié où la domination n’est ni métaphore ni jeu superficiel, mais structure même du lien amoureux. Il accepte les règles, les contraintes, les attentes, persuadé que derrière la rudesse peut se loger une forme d’amour plus profonde. Le film installe alors une tension constante entre désir sincère et déséquilibre assumé. Ce n’est pas une romance classique, encore moins une simple provocation érotique.
Pillion examine les rapports de pouvoir dans le couple contemporain. La relation est consentie, adulte, contractualisée presque. Pourtant, l’émotion demeure fragile. Colin oscille entre fascination et perte de repères. Son unique pouvoir réside dans sa capacité à dire non. Face à lui, Ray semble trouver son équilibre dans la maîtrise, dans la stabilité d’un cadre qu’il contrôle.
Le film ne caricature ni ne moralise. Il montre comment une dynamique atypique peut révéler des vérités universelles sur l’attachement, la dépendance affective et la difficulté à formuler ses limites. Les parents de Colin, ouverts à son homosexualité mais troublés par la forme que prend cette relation, incarnent les paradoxes du progressisme moderne.
Adapté du roman Box Hill d’Adam Mars-Jones et réalisé par Harry Lighton, le film s’ancre dans une réalité contemporaine où les modèles traditionnels du couple sont remis en question. Les scènes intimes, préparées avec précision et encadrées sur le plateau, participent à cette exploration frontale du désir et du consentement, sans jamais céder à la complaisance.
Au-delà de sa dimension queer, Pillion interroge une question plus large, que signifie aimer aujourd’hui ? Est-ce choisir librement sa place, même si elle semble déséquilibrée ? Est-ce accepter une dynamique qui bouscule les normes tant qu’elle est consentie ? Le film ne donne pas de réponse définitive. Il préfère installer le doute, laissant le spectateur face à ses propres conceptions du couple et de l’affirmation de soi.
Un scénario et une mise en scène qui sort des clichés et sentiers battus . Un angle juste équilibré qui aborde un sujet pourtant difficile à définir sans tomber dans la caricature ou l outrancier . Film juste et sensible .l
Aussi touchant que complètement étonnant, LIGHTON fait d'un sujet qui pourrait sonner de niche, une œuvre évocatrice, provocatrice, parfois romantique, parfois juste tendu, mais toujours à la hauteur de deux personnages particulièrement sincères
Vu en avant-première lors du Festival Premiers Plans d’Angers, Pillion s’impose comme un premier long métrage audacieux et étonnamment incarné. Sous des airs de rom-com queer volontairement provocante, le film explore une relation profondément asymétrique avec un mélange de cruauté, d’humour et de lucidité.
La grande force du film tient à son équilibre. Malgré une frontalité assumée, Harry Lighton injecte un vrai sens du comique de situation, qui désamorce sans jamais édulcorer la violence émotionnelle du lien. Le duo Harry Melling / Alexander Skarsgård fonctionne remarquablement bien, chacun occupant l’écran de façon très différente mais complémentaire.
Si le film reste parfois volontairement hermétique et que son final paraît attendu, la mise en scène est assurée, les dialogues font mouche et l’ensemble ose regarder la part d’ombre du couple sans faux-semblants. Un film imparfait mais stimulant, porté par une vraie audace et deux interprètes impressionnants.