Film horrifique de survie réalisé par Sean Byrne, Dangerous Animals est un film correct. L'histoire nous fait suivre Zephyr, une surfeuse au fort tempérament, qui est kidnappée par un tueur en série obsédé par les requins. Séquestrée sur son bateau avec une autre femme, elles vont toutes les deux tenter d'échapper à leur ravisseur. Ce scénario s'avère plutôt prenant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie, malgré quelques tares. L'intrigue débute de façon prometteuse avec une introduction marquante, laissant ensuite place à un début d'aventure un peu longuet, le temps d'installer ses protagonistes. Mais le récit redécolle par la suite et s'intensifie au fil des minutes. Hélas, il comporte quelques problèmes d'écriture et est surtout beaucoup trop classique dans sa structure. Résultat, nous ne sommes jamais surpris et tout est cousu de fil blanc. Sa seule différence avec les autres métrages du genre est l'endroit où se déroule l'action, à savoir sur un bateau ayant jeté son ancre au large, et qu'il comporte des requins. Mais les squales ne sont pas souvent à l'écran. En réalité, tout cela est une métaphore car c'est bien Tucker, le tortionnaire, le véritable requin. Et cela donne lieu à quelques scènes impactantes, même s'il n'y a pas autant de gore et de corps déchiquetés qu'attendu. Les moments les plus violents sont les confrontations humaines lors desquelles on ressent bien les coups portés. Le message consistant à dire que les requins ne sont pas si mortifères que cela est, lui, appréciable. L'ambiance tendue est pour sa part téléphonée à cause de codes du genre éculés. L'ensemble est porté par des personnages plus ou moins intéressants. Le prédateur incarné par un bon Jai Courtney est excentrique et aux premiers abords sympathique, mais il est au final très cliché et ses motivations n'ont pas de sens. Hassie Harrison joue également très bien son rôle de guerrière et se donne à fond malgré toutes la douleur endurée. Le reste de la distribution comprend des personnages plus oubliables comme ceux campés par Josh Heuston, Ella Newton, Liam Greinke et Rob Carlton. Tous ces individus entretiennent des rapports de dominant à dominés causant beaucoup de marques physiques. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste australien se veut qualitative. Sa mise en scène est inspirée, offrant des plans variés et créatifs, parfaitement cadrés. Cependant, elle évolue dans un lieu cloisonné assez redondant, même si le bateau est bien exploité. Surtout, l'environnement extérieur avec tout ce bleu et cette luminosité donne une photographie léchée. Ce visuel propret est accompagné par une bande originale dont les compositions sont percutantes et accentuent l'atmosphère inquiétante, sans pour autant être mémorables. Reste une fin peu satisfaisante. Il y avait clairement mieux à faire. En conclusion, Dangerous Animals est un film valant avant tout le coup pour son aspect formel soigné à défaut de son fond au goût de déjà-vu.