Cinquante ans après « Les dents de la mer » (1975), réalisé par Steven Spielberg à 29 ans, il y a eu 113 films avec des requins (et 2 avant lui). Celui de Spielberg, outre d’être le 1er blockbuster du cinéma, a le mérite, aussi, d’être l’adaptation du roman éponyme (« Jaws ») (1974) de Peter Benchley (1940-2006) qui est également un livre politique, avec l’affrontement entre le maire d’Amity, qui ne veut pas gâcher la saison touristique et le chef de la police qui veut protéger la population. Rien de tout ça dans ce film australien qui se déroule à Gold Coast, paradis des surfeurs (Queensland), bordée par la mer de Corail et dont la narration est au premier degré. A savoir, l’histoire d’un tueur en série (d’où le pluriel du titre), Tucker (Jai Courtney, 39 ans), dont le plaisir sadique, à la limite de l’orgasme, est de filmer (sur cassettes VHS) les personnes qu’ils enlèvent se faire dévorer par des requins, façon snuff movie. Aussi simple que cela ! Heureusement, le scénario est travaillé, renonçant à accumuler une succession de repas par les squales mais se concentrant sur la survie de la surfeuse Zephyr, avec moults rebondissements. Dommage que l’analyse psychologique de Tucker, Zephyr et Moses (rencontre d’un soir) ne soit pas plus poussée. Quant aux requins, leur rôle reste secondaire, non diabolisé, et biologique, en haut de la chaîne alimentaire.