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Chris G
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3,5
Publiée le 15 juin 2025
Film de genre parmi les genres du tueur en série de touristes en Australie, doublé du film de requin, ce film tire son épingle dans l’inventivité des rebonds qui confinent les personnages dans les situations les plus désespérées.
Le cinéma de genre australien est loin d’être dénué de talent et, sporadiquement, il nous offre quelques sympathiques pépites. Et encore, toutes les productions venant de ce pays si lointain ne parviennent pas forcément à notre connaissance et sur nos écrans. On peut se souvenir du film de serial-killer – plus que du slasher – intense et brutal « Wolf Creek » ou du film de prédateurs aquatique « Sombre », tout aussi réussi et captivant avec son crocodile géant. Et bien justement, « Dangerous Animals », se positionne pile au milieu puisqu’il s’agit à la fois d’un film de serial-killer et d’un film de prédateurs. En effet ici, c’est un psychopathe qui kidnappe des touristes et des surfeurs pour assouvir son fantasme de les voir se faire dévorer par des requins auxquels ils vouent un culte malsain. Le film a eu la chance et l’honneur d’être présenté en sélection parallèle à Cannes cette année et c’est mérité.
Le long-métrage de Sean Byrne commence fort avec un prologue malin qui met dans le bain direct en plus de ne pas trop en dévoiler et d’être particulièrement alléchant. On présente ensuite le personnage principal avec beaucoup de tact, nous la faisant apprécier naturellement et directement. Les enjeux sont présentés avec efficacité et le suspense démarre donc très vite sans que cela nous apparaisse bâclé ou expédié. « Dangerous Animals » est, en outre, doté d’une mise en scène efficace, qui sait mettre en valeur son contexte aquatique et se pare de bonnes idées. La confrontation entre ce serial-killer qui utilise les requins pour tuer et cette surfeuse solitaire est captivante de bout en bout et ne souffre pas trop d’invraisemblances notables. Même concernant le love interest tombant à pic dont la manière de faire et de s’entêter à retrouver son coup de foudre apparaît tout à fait probante. Et puis, sinon, il n’y aurait pas de film ou alors il serait bien vite terminé...
Les amateurs de films de requins, probablement l’espèce la plus prolifique sur grand écran si on enlève nos amis les chiens et assurément la plus répandue pour terroriser les spectateurs, seront peut-être un peu déçus ou frustrés que le prédateur ne soit pas la menace principale mais c’est aussi ce qui fait le sel et la morale de « Dangerous Animals ». En revanche, il manque peut-être un peu de leur présence à l’écran et de plus de mises à mort. Ceci dit, celles que l’on voit sont magistrales, violentes, sans concession et réalistes sans partir dans les délires à la « Peur bleue ». On a droit également à une séquence bien gore mais sans requin dont on taira la teneur. Jai Courtney et Hassie Harrison sont excellents et leur duel prend un tournant moins classique que prévu rien que par le fait de son contexte d’un bateau en mer. Bref, une très bonne petite série B humble et maligne qui utilise à merveille son postulat en forme de cocktail de menaces.
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Dangerous Animals pourrait s'apparenter à n'importe quel film de serial killer, où une final girl est kidnappée par un détraqué adepte de snuff movies. Mais là où le film trouve sa singularité tient non seulement dans son concept : le tout se passe au pays des kangourous avec un Jai Courtney résolument très bon pour incarner des abrutis australiens...tandis qu'il lâche ses victimes en appâts vivants pour requins. Une manière de renouveler le genre en un sens, même si le tout a plutôt des allures de mashup exploitant les squales comme outil de frousse. Pour autant, Sean Byrne tient son film sans bout de gras et maîtrise la technique de l'élastique (étendre la tension au maximum et fmcourt-circuiter les stratagèmes du bad guy et de l'héroïne). Mention spéciale à Hassie Harrison !
À la fois provocateur et séduisant, Dangerous Animals réunit tous les ingrédients du cinéma bis, dans une formule qui risque bien de captiver les amateurs de sensations fortes lors de la Quinzaine des cinéastes. Signé par l’australien Sean Byrne, déjà remarqué pour The Loved Ones (2009), ce nouveau long-métrage mêle thriller horrifique et réflexions sur les rapports de pouvoir, avec un regard acéré sur les stéréotypes genrés.
Le film met en scène Tucker, un tueur en série fasciné par les requins, qui kidnappe une surfeuse survivaliste, Zéphyr, pour nourrir ses obsessions morbides. Le programme est simple, mais la mise en scène, elle, s’avère redoutablement efficace. Depuis Les Dents de la mer, le requin est devenu une figure incontournable du cinéma de genre, avec des incursions plus ou moins réussies dans la série B et Z – de Instinct de survie à Sous la Seine. Mais Byrne choisit ici de renverser les codes : le véritable prédateur n’est pas l’animal marin, mais bien l’homme, incarnation d’une masculinité toxique et solitaire.
Dangerous Animals s’inscrit pleinement dans la tradition du slasher, avec une final girl qui échappe partiellement aux clichés. Zéphyr, incarnée par Hassie Harrison, est une blonde intrépide, aventurière libre et insaisissable, tandis que sa comparse brune joue le rôle de faire-valoir plus classique. L’intrigue, volontairement prévisible, permet de se concentrer sur le spectacle : poursuites tendues, scènes de torture et flashbacks distillés sur d’étranges cassettes VHS que conserve Tucker, incarné avec outrance par Jai Courtney. L’opposition entre les deux personnages principaux structure le récit. L’un est un prédateur en quête de contrôle, l’autre une femme libre qui refuse la captivité. Le film suggère que les « animaux dangereux » du titre ne sont pas ceux que l’on croit.
Zéphyr, sans port d’attache, erre sur les côtes de l’est australien à la recherche de la vague parfaite. Son escale à Surfers Paradise l’amène à une bifurcation existentielle : céder à l’appel du large ou poser ses valises aux côtés d’un prince charmant un peu trop lisse (Josh Heuston). L’affrontement avec Tucker devient alors métaphore d’un combat plus intime : celui d’une femme face à sa propre solitude et à la tentation de la fuite.
Cette thématique, déjà présente dans The Loved Ones, trouve ici un écho plus adulte. Là où Byrne filmait la cruauté adolescente et la transition vers l’âge adulte, il interroge désormais la quête d’identité et de liberté chez une femme qui refuse de se laisser définir par un homme ou la peur.
Lors de la présentation du film, Julien Rejl, délégué général de la Quinzaine, a rappelé que Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper fut sélectionné en 1973. Le retour en grâce d’un cinéma de genre assumé mérite donc notre attention. Byrne livre un film rythmé, avec des scènes d’action bien menées et des punchlines qui instaurent un décalage comique bienvenu. Cependant, à force de vouloir interagir avec son public, Dangerous Animals tombe parfois dans une forme de complaisance. Les dialogues semblent chercher l’approbation du spectateur, et certains choix de mise en scène, trop explicites, affaiblissent la charge subversive du film. L’horreur n’est plus suggérée mais assénée à l’aide d’une musique stridente, ce qui nuit à la tension dramatique.
Sans révolutionner le genre, Dangerous Animals propose une relecture intéressante des codes du slasher et de la « sharksploitation », en désignant l’homme comme principal danger. Porté par une héroïne forte et une mise en scène mordante, le film de Sean Byrne s’impose comme un divertissement suffisamment intelligent et ludique pour qu’on y trouve son compte. Une œuvre à la fois rugueuse et ensanglantée qui a toute sa place sur la Croisette.
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