Cette comédie ne m’a pas paru très originale et ni même très distrayante. Les dialogues sont assez pauvres et le scénario pas vraiment accrocheur. L’interprétation, malgré les efforts d’Emmanuelle BERCOT, est plutôt moyenne.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 28/11/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Belle fraîcheur pour ce deuxième long métrage de Martin Jauvat, après Grand Paris. Un casting au top et une grande générosité dans ce scénario souvent drôle mais aussi profond sur le passage dans le monde adulte…
Découvert en avant-première au MK2 Bibliothèque (Paris) lors d'une projection suivie d'une discussion avec le réalisateur et une partie des comédiens. C'est pour moi une belle découverte : je ne connaissais pas Martin Jauvat, mais ce film me donne envie de découvrir ses premières réalisations ("Grand Paris" par exemple). Car j'ai reçu cette comédie comme une bulle d'air frais qui détonne avec les habituelles comédies françaises, qui à mon goût n'arrivent pas à se renouveler et qui finissent par lasser et manquer de drôlerie justement. Il s'agit là d'une histoire vraiment originale qui donne lieu à des situations totalement barrées et souvent drôles. Cela fonctionne car on sent l'alchimie entre les personnages, la mayonnaise prend et les rires fusent. Le tout dans une ambiance qui se veut lumineuse (au sens propre du terme), voire carrément flashy et baignée dans un son électro-pop énergique. Ca fait du bien de voir une comédie qui ne se prend pas au sérieux, qui sait créer des situations inédites et qui fonctionne. Et c'est barré, un peu fou, acidulé, mais c'est bien construit, bref je trouve que c'est un film abouti et qui ne se moque pas du spectateur. Donc même si en général les comédies françaises ne sont pas votre tasse de thé, laissez-vous tenter par ce film que j'ai trouvé réussi, original, très drôle et prometteur.
Vive le Cinéma à Muret et merci à son Festival qui a fait la part belle à de jeunes réalisateurs ! Une vraie comédie qui pulse et "pepse" jusqu'au bout : on se bidonne avec un sérieux coup de jeune dans mon cas ! Si vous adorez le rose Malabar, Emmanuelle Bercot comme vous ne l'aurez jamais vue... ou plutôt entendue, toute l'équipe et les soutiens bienveillants d'Allo Nettoyo vous redonneront de l'énergie pour repartir dans ce triste mois novembre. Bravo !
Haut en couleurs, images et scènes soignées, évoquant les clichés de bande dessinée. De bons ressorts humoristiques, rajeunis et potaches. Bon moment assuré.
Vu en avant première au festival Effervescence. On passe un très bon moment ! Le film met en lumière les difficultés d’un jeune un peu perdu, vivant encore chez ses parents en banlieue parisienne, essayant de financer son permis de conduire en travaillant de nuit comme technicien de surface. Emmanuelle Bercot étonne dans un rôle comique.
Vu en avant-première au festival de l'écrit à l'écran, à Montélimar. J'ai énormément apprécié ce film qui se présente comme une grosse farce, ne vous fiez pas à la bande annonce. Présenté dans la section "Nouvelles écritures", ce film apporte un bon coup de frais, dans son esthétique, ses couleurs acides, mais également cette façon presque poétique de filmer une banlieue lambda, ni "quartier" ni friquée, celle de tout le reste du monde. Le parcours initiatique de notre jeune anti-héros est très intéressant. Et toujours sous forme de blague, des choses importantes sont dites entre le père / la mère (génération baise en ville) et Corentin. Côté interprétation, que du bon. ps : on rigole souvent, encore plus si on est attentifs aux arrières plans. What else?
On retrouve une grande partie de la bande de "Grand Paris", le même ton décalé, indolent, pop, la manière tendre de filmer le béton, mais là où l'argument sympathique s'essoufflait dans le premier essai, donnant l'impression d'un court étiré, cette fois le rire est présent à chaque instant, les personnages savoureux existent et ne remplissent pas que des fonctions. Et si le récit peut paraitre plus classique, linéaire, il y gagne en efficacité. Un mot sur les actrices et acteurs, toutes et tous formidables, jusqu'aux seconds rôles, avec un coup de chapeau particulier à Emmanuelle Bercot, qui après son récital dans "L'Esprit Coubertin", confirme son talent comique. De quoi commencer l'année 2026 un immense sourire aux lèvres puisque la sortie du film est annoncée pour le 21 janvier.
NB : Martin Jauvat semblait se demander ce qu'il faisait dans la programmation toujours de très haut niveau du Festival de La Rochelle. On peut le rassurer, son "Baise-en-ville" a été reçu comme un immense vent de fraîcheur par un public conquis.
Sans prétentions artistiques démesurées mais avec un côté compact et cohérent, bien plus efficace que dans Grand Paris, son premier long métrage, Baise-en-ville montre avec aplomb que Martin Jauvat a des choses à dire sur son vécu générationnel, en banlieue parisienne. C'est Chelles qu'il aime et il ne se prive pas de nous le seriner, dans une répétition qui allie poésie et absurde haut perché. L'humour est léger, qu'il soit dans les dialogues ou les situations, mais n'est pas sans signification, socialement parlant, ce qui est loin d'être le cas de la plupart des comédies françaises. Le cinéaste aime tous ses personnages, visiblement, dans une bienveillance moqueuse, et lui-même s'est réservé le rôle principal, qui galère aussi bien sur les plans professionnel que sentimental. Avec un budget sans aucun doute limité, Jauvat ne perd jamais de vue son scénario, qu'il fait évoluer par petites touches, sans trace de scènes particulièrement inutiles. L'acteur/réalisateur a aussi le bon goût de bien s'entourer, avec notamment Michel Hazanavicius et William Lebghil, impeccables, mais surtout avec une Emmanuelle Bercot complètement déchaînée, en monitrice d'auto-école tempétueuse, qui contraste joliment avec le caractère de son apprenti conducteur, pour former un couple de contraires classique mais probant et, avant tout, très drôle.
Même si cela n'est pas toujours subtil, JAUVAT nous emporte une nouvelle fois dans son petit univers, livrant une comédie à la française aux accents américains assumés, qui amuse, divertit, touche par instant, mais surtout fait rire par son côté simplet réjouissant