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The Seb
1 critique
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2,0
Publiée le 11 juin 2025
Vu en avant première au Comoedia en présence de Robin Campillo : la présence à l’écran d’Élodie Bouchez est une bien faible consolation. Est ce en raison des conditions rocambolesques de la réalisation ou d’une absence de maturation du projet, mais le jeu d’acteur est mauvais, la psychologie des personnages simpliste et globalement le scénario indigent passe en force sur une vision manichéenne pauvre/riche, guerre et paix. De 120 battements par minute nous sommes désormais à 12 bâillements par minute.
Trop d'ambitions... La lutte des classes, la guerre en Ukraine, le mal-être adolescent, un coming-out... L'ensemble donne une indigestion peu crédible, d'autant que l'interprétation n'est pas à la hauteur. L'hésitation des réalisateurs entre clore le film sur une tragédie, ou sur un happy-end classiste est une preuve supplémentaire de cette absence de choix. Une vraie déception...
Film le cul entre deux chaises entre le film social et le coming of age gay. Rien ne marche vraiment, les acteurs ne sont pas très bons et les dialogues explicatifs sonnent faux. Dommage, car l'histoire du film est belle entre le réal mort et son ami qui le réalise pour lui. Hélas, la sauce ne prend pas. Campillo était plus à l'aise avec son très bon Eastern boys.
Sur un chantier baigné de soleil, "Enzo" s’érige en récit construit pièce par pièce : un drame sensible et politique où la vie murmure dans le chant des cigales, même dans les ruines. Eloy Pohu (Enzo) et Maksym Slivinskyi (Vlad) portent ce fragile édifice émotionnel — ce dernier, maçon dans la vraie vie, insuffle une tension brute irrésistible. Sous la plume habile de Cantet, prolongée par Campillo, la relation entre le travail ouvrier et l’élan intérieur transcende les clivages sociaux. Sensuel, abrupt, le film interroge notre époque et fait écho à l’intime comme rarement. Un beau passage de relais, puissant et nuancé.
Une masterclass, l'interprétation de Eloy Pohu (enzo) est juste incroyable, des beaux plans de belles couleurs une histoire touchante que demander de plus
Je suis assez mitigée sur ce film, on sent la patte des 2 cinéastes, Cantet pour la partie sociale du film et Campillo pour l'éveil des sentiments adolescents. La partie sociale est intéressante et peu traitée au cinéma. Un ado issu de la classe bourgeoise, gâté par la vie, se sent différent et va choisir d'arrêter ses études pour s'opposer à la trajectoire toute tracée que lui propose ses parents. Un peu pour les "faire chier" il va choisir le métier de maçon. L'autre sujet du film, le coming out adolescent, thème rabattu en ce moment, n'est pas très convaincant.
Enzo a seize ans. Il est issu d’un milieu favorisé qui le pousse à faire des études. Mais Enzo a choisi contre toute raison de suivre un CAP maçonnerie et de travailler de ses mains. En stage sur un chantier, il se rapproche de Vlad, un jeune maçon ukrainien, pour lequel il ressent une attirance trouble.
Laurent Cantet est mort en avril 2024 des suites d’un cancer sans avoir fini la réalisation de son dernier film. C’est Robin Campillo, son ami de toujours rencontré à l’IDHEC au début des années 80, qui avait cosigné plusieurs scénarios de ses films avant de passer derrière la caméra, qui a mené la tâche à bien. Le geste, profondément émouvant, justifie déjà à lui seul le détour au risque d’hypothéquer l’objectivité de la critique qu’on peut faire de ce film.
"Enzo" a été tourné à La Ciotat, une ville qui, depuis les frères Lumière a été rarement filmée. Je ne connais guère que "L’Atelier", un précédent film de Laurent Cantet justement, qui l’ait choisi pour cadre. Pourtant la lumière méditerranéenne y est belle, les vues sur mer paradisiaques et les hautes falaises de la calanque de Figuerolles particulièrement impressionnantes.
"Enzo" s’inscrit parfaitement à l’intersection des cinémas de Cantet et Campillo. Cantet est un réalisateur de la juste place (comme Annie Ernaux en littérature) : quelle est ma place se demandent les jeunes héros de Ressources humaines, d’"Entre les murs" ou de "Arthur Rambo". Campillo lui est un réalisateur de l’homosexualité ("Eastern Boys", "120 bpm"). Leur Enzo est un adolescent, à peine sorti de l’enfance, qui cherche sa place et découvre son homosexualité.
Le sujet est intéressant et il serait bien injuste de lui reprocher d’être mal traité. En particulier les deux parents d’Enzo évitent la caricature dans laquelle ils auraient pu sombrer (Elodie Bouchez et Pierfrancesco Favino, l’un et l’autre impeccables). Il encourt toutefois selon moi deux critiques.
La première est son hypothèse de base. J’ai trouvé le personnage peu crédible. J’ai du mal à croire – la faute à mes préjugés de classe ? – qu’un garçon de seize ans puisse se prendre de passion pour la maçonnerie et tourner le dos à l’avenir privilégié que ses parents ont dessiné pour lui.
La seconde la plus rédhibitoire est le tempo languissant du film où il ne se passe hélas pas grand-chose au point qu’on s’y ennuie ferme.
Un adolescent qui va être attiré par un homme. Sujet très souvent traité. Ce film sans plus avec des reactions des personnages un peu étrange et des acteurs pas toujours très juste.
Enzo de feu Laurent Cantet et Robîn Campillo est un film que j'ai eu la chance de découvrir en avant-première en présence de l'équipe de tournage. Ce drame est touchant et puissant.
Fils de cadres supérieurs, Enzo (Eloy Pohu) est doué en dessin mais veut arrêter l'école pour travailler. Il est apprenti maçon. Sur le chantier, c'est avec Vlad (Maksym Slivinskyi), un ukrainien qu'Enzo va s'ouvrir à de nouvelles choses.
Le scénario se tisse autour de l'adolescence avec ses facettes telles que l'apprentissage, de la place dans la famille et la société ou encore le fait qu'Enzo devient une énigme pour son père. Les personnages sont magnifiques. Enzo, Vlad, le père, la mère, le frère, le patron, ça fait du monde preuve que c'est un joli film. Tous dans leur registre nous offrent une partition très humaine.
Le naturel dans le jeu de Maksym et Eloy, détectés dans un casting sauvage, renforce la crédibilité des scènes d'un ado' en recherche de lui-même et un ukrainien qui cherche ses mots français.
Le film est lumineux que ce soit par le soleil de La Ciotat mais aussi par la spontanéité de cet ado' ténébreux. Il donne l'impression d'un diaphragme qui d'un coup se referme pour saisir l'instant.
Plongez donc dans ce film sans hésitation ! Il est frais et ça fait du bien !
Tout était en place pour avoir un super film ! Malheureusement certaines erreurs s'accumulent dans le déroulé du récit ce qui nous emmène à perdre le fil, le but. C'est vraiment un énorme regret tant les erreurs auraient pu être facilement gommées.
Alors que l'on s'attendait à une merveille compte tenu de critiques dithyrambiques j'ai été très déçue .film long et lent, pas assez de profondeur alors que l'histoire aurait pu être belle. Pas d'explication sur le malaise de l'adolescent on reste sur notre faim
C’est une belle idée que cette collaboration entre Laurent Cantet et Robin Campillo, deux cinéastes qui, chacun à leur manière, ont su filmer la jeunesse et le collectif, sans jamais oublier l’humain. Avec "Enzo", ils signent un film à la fois modeste et sincère, un de ces récits où la simplicité du sujet cache une vraie profondeur émotionnelle. On y suit un adolescent paumé, qui se cherche entre fidélité à ses origines et désir d’ailleurs, pris dans un monde où les promesses d’ascension sociale paraissent toujours un peu truquées. Le film n’échappe pas à quelques clichés, mais Cantet et Campillo savent donner à ces figures une humanité désarmante. Ce n’est jamais surjoué, jamais appuyé. On sent la complémentarité des deux réalisateurs : Cantet, plus sociologue, s’attache au contexte, aux mécanismes du quotidien et Campillo, plus sensoriel, injecte de la chaleur et un souffle presque poétique dans les moments suspendus. Le résultat n’est pas parfait, mais le film dégage une vraie sensibilité, celle d’un regard bienveillant sur une jeunesse qu’on juge trop vite.
Visiblement tiré d'une idée de film que Laurent Cantet n'eut pas le temps de mettre en scène, Robin Campillo lui rend hommage en réalisant " Enzo" (2025).
Peut-être faut-il voir de cette conception bicéphale les deux thèmes principaux abordés par le scénario, mais qui ( selon moi ) ont un peu de mal à s'emboîter l'un dans l'autre.
C'est d'abord de statut social dont il s'agit pendant la première heure. De son importance presque vitale qu'elle prend pour beaucoup. Le statut est renvoyé à la valeur que la société nous donne mais aussi à la valeur, l'estime que l'on s'attribue parfois à soi même. D'où le sentiment inconfortable du père enseignant universitaire qui ne comprend pas son fils apprenti en maçonnerie
Combien tu gagnes ? demande Enzo à sa mère. Autrement dit qu'elle valeur la société te donne. La scène du début entre le chef de chantier et les parents d'Enzo en disent long sur les réflexes de classe ( chemin neuronal de la soumission-réflexe dans le cas d'espèce ).
Jeux de rôles que Balzac avaient contés en son temps dans " la comédie humaine" miroir des hypocrisies sociales et des faux brevets en respectabilité que donne le statut.
Puis au bout d'une heure, le scénario change de pieds et apparaît ( peut-être) l'inspiration plus personnelle de Campillo.
Le cinéaste traite alors de manière un peu trop soudaine, pour ne pas nuire à la fluidité du récit, le thème de la naissance du désir homosexuel. Ce qui avait été traité précédemment est alors étonnamment et définitivement remisé au vestiaire.
" Enzo" perd alors de son originalité ( on a le sentiment d'avoir vu ce qu'on nous montre au moins deux dizaines de fois. Du moins en ce qui me concerne).
La première heure est formidable ( je pensais que j'allais voir un des meilleurs films français de l'année) puis " Enzo" décrante peu à peu jusqu'à perdre son élan. Dommage.