C'est beau, c est solaire, c'est complexe et mystérieux comme l'adolescence. Le film est à mi chemin entre Ressources humaines de Laurent Canet et Eastern Boys de Robin Campillo. On reconnait la peinture sociale précise et incisive du premier et le rapport au corps et à la danse du deuxième. Le jeune garçon qui joue Enzo est extrêmement charismatique. Idem pour son collègue de chantier Vlad, tout droit sorti d'un film de Douglas Sirk. Les parents interprétés par Pierfrancesco Favino et Élodie Bouchez sont eux aussi merveilleux. J'ai adoré ce film, mention spéciale à la cheffe opératrice pour son très beau travail sur les cadre et la lumière. .
Un film puissant où l'on sent l'héritage de Laurent Cantet, dans cette façon de capter les corps, les groupes, et les tensions sociales à hauteur d’humain. Robin Campillo y ajoute sa touche plus sensorielle, presque hypnotique.
Le mélange fonctionne à merveille : Enzo est à la fois politique, intime et profondément émouvant. C’est un récit poignant, parfois dur, mais toujours porté par une profonde tendresse.
24 juin 2025. Joli film sur les questionnements de l’adolescence. Ou comment un gamin de 16 ans peut être amené à prendre des décisions hasardeuses et lourdes de conséquences. Ou la grande difficulté des parents pour comprendre l’adolescent.
Un film sur le doute (autour de la vie, de l'amour, du désir..) intéressant mais gênant car, au nom de la passion, encore un énième film qui banalise les violences, particulièrement les agressions sex*elles. L'absence de recherche du consentement répété, et des agressions multiples qui en découlent, du personnage principal n'est jamais questionnée, pire, tout lui est pardonné car il est "perdu" dans une vie pourtant dorée, un argumentaire particulièrement léger pour banaliser de tels actes.
Enfin, concernant la relation au père, tous les contacts physiques sont mis en emphase, systématiquement, sous un angle malaisant. A nouveau, quelle est l'intention de l'auteur par ce procédé ? Souligner que le fils à du désir pour son père ? Ou l'inverse ? Que le contact d'un père à forcément une emprunte se*uelle ?
Bref, un film bourgeois qui banalise et érotise, habitude française, les comportements toxiques (de l'agression au chantage émotionnel) au nom du "désir". Passé votre chemin.
Dans Enzo, Robin Campillo reprend le flambeau du regretté Laurent Cantet pour nous livrer un portrait vibrant d’un ado en rupture avec son monde. Enzo, 16 ans, fuit les attentes bourgeoises de sa famille pour se construire entre bétonnière et premiers émois.
La mise en scène est sobre, presque documentaire, mais d'une justesse rare. Éloy Pohu est bouleversant, tout en retenue, face à Maksym Slivinskyi, charismatique et énigmatique. Le soleil du Sud, la poussière du chantier, le frisson du désir : tout est filmé avec une sincérité désarmante.
易 Un film qui parle de classe, de masculinité, de guerre, mais surtout de choix. Final doux-amer, comme une fin d’été qu’on n’oubliera pas.
➡️ À voir si tu aimes les récits intimes, politiques, et profondément humains. ⭐ 4/5
Vu en avant première en présence de Robin Campillo, de la productrice Jeanne Lapoirie et de Eloy Pohu acteur. Présenté à la Ciotat en hommage à Laurent Cantet, là où le film a été tourné. Les dialogues étaient très intéressants. Beau film plein de sensibilité.
Une histoire d'amitié et de transmission. Le film que Laurent Cantet avait coécrit avec Robin Campillo, la mort l'a empêché de le tourner, mais son copain a pris le relais et Enzo ressemble à un mélange probant de leurs deux univers de cinéastes. Le sujet en lui-même semble presque trop simple et traité des milliers de fois, à savoir celui de l'adolescence, avec ses errements, ses troubles et ses colères. Mais le film lui ajoute une composante qui sort des sentiers battus, celle du positionnement social et le rejet, par le jeune homme, d'un confort assuré dans une trajectoire attendue par ses parents. Enzo confronte ainsi deux mondes, celui d'ouvrier en maçonnerie (donc au pied du mur) et celui d'une bourgeoisie avec piscine et vue sur la méditerranée. Avec une certaine élégance, le film déploie ainsi son dispositif petit à petit, adoucissant les conflits, tendant plutôt vers l'apaisement et la bienveillance que vers le drame. Si l'on voit assez vite où le long métrage veut en venir, sa forme et son respect des personnages qui entourent le jeune héros, forcent l'adhésion. D'autant plus que l'interprétation, des comédiens amateurs comme des remarquables Élodie Bouchez et Pierfrancesco Favino ne témoigne d'aucune faute de goût.
Voici le film "de Laurent Cantet, réalisé par Robin Campillo", suite à la mort de son ami.
Le résultat est étonnamment situé exactement à mi-chemin des univers des deux réalisateurs : fine chronique sociale et rapports de classe intra-familiaux côté Cantet, trouble homoérotique et éveil des désirs physiques (sexe, danse) côté Campillo.
Le début d'Enzo bénéficie de cette ambigüité pour installer une ambiance à la fois solaire et inquiétante, qui attise le désir du spectateur. Malheureusement, une fois le cadre posé, le film piétine un peu dans son entre-deux thématique : les personnages des parents et du frère sont sacrifiés et dessinés de façon caricaturale, le sujet de la guerre en Ukraine est survolé et semble servir de faire-valoir, le jeu limité d'Eloy Pohu ne contribue pas à développer son personnage de façon intéressante. Dans sa deuxième partie, Enzo pêche par manque d'incarnation et de réalisme (la scène de la chute).
Je suis donc devenu assez rapidement extérieur au film lui-même, regardant avec indifférence le témoignage d'affection de Campillo pour son pote, estimable, mais un peu artificiel.
Le portrait d'un adolescent confus, en pleine construction, en quête de sens et d'une direction lui permettant d'être lui-même. Dans ce drame, tout est longtemps contenu, étouffé, avec une toile de fond sur la situation ukrainienne actuelle. Le dénouement soudain, proposant une porte entrouverte s'avère toutefois frustrant. Des intentions et si l'on s'attache au personnage d'Enzo, demeure un sentiment global hésitant et d'inachevé.
Un film de Laurent Cantet, hélas décédé peu de temps avant le tournage, réalisé par son ami cinéaste Robin Campillo, deux réalisateurs talentueux dont j'avais aimé leurs travaux en commun comme ""Entre les murs" , "L'atelier" ou "120 battements par minute". Pour ce long métrage, on reste dans l'adolescence avec "Enzo" qui fait apprentissage de CAP Mâcon travaillant avec des Ukrainiens dans le bâtiment dont il se lié une forte amitié avec l'un d'eux tombant même amoureux. On a tous eu 16 ans , on se cherche sexuellement , dans les études. J'avais peur qu'il y ait des scènes erotiques homosexuels mais pas du tout. Un portrait d'adolescence bien mis à l'écran par les deux metteurs en scène. Eloy Pohu joue très bien le rôle titre, je le verrais bien nommé aux Cesars du meilleur espoir masculin, il le mériterait. A ses côtés, Elodie Bouchez et Pierfranscesco Fauno jouent avec brio les parents inquiets et le comédien qui joue l'ukrainien est impeccable aussi. Une bonne œuvre testamentaire du regretté Laurent Cantet finit par ses amis.
En rendant un bel hommage à son ami et artiste, CAMPILLO filme du CANTET avec son style, avec son onirisme, avec sa poésie, sans transcender son style ni celui du défunt cinéaste, mais en offrant un bel hymne au réalisateur français, tout en portant le jeune POHU, tout simplement renversant
Encore un film sur le mal être adolescent mais ce film traite joliment le sujet avec tendresse, lucidité et sensibilité. Aidé par un casting irréprochable, le cinéaste Robin Campillo rend ainsi un bel hommage à son ami Laurent Cantet, à l'origine du projet. Les deux hommes ont déjà prouvé dans le passé qu'ils savaient très bien parler de l'adolescence. "Enzo" répond brillamment à toutes les attentes que l'on avait sur ce film.