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4,0
Publiée le 28 juin 2025
ENZO - de Laurent Cantet et réalisé par Robin Campillo | ⭐ 8/10
Enzo est le dernier projet de Laurent Cantet, connu notamment pour sa Palme d'Or pour Entre les Murs. C'est pendant qu'il travaille sur le scénario du film avec Robin Campillo qu'il apprend qu'il est gravement malade... Et c'est lorsqu'il comprend qu'il est condamné qu'il demande à ce dernier de prendre en charge sa réalisation.
Tout le premier tiers du film est assez déstabilisant tant il est impossible de comprendre où il cherche à nous amener. La tension que crée cette incertitude amène le spectateur à s'imaginer tout un tas de scenari (histoire d'amour ? prise d'otages ? drame intra-familial ?).
Mais l'on finit par comprendre qu'il s'agit d'un film sur une quête d'identité, davantage sociale que sexuelle, pour un adolescent qui ne trouve pas sa place dans la classe sociale à laquelle il appartient et qui cherche à s'extraire du monde bourgeois dans lequel sa famille évolue. Un surprenant désir de transfuge de classe descendant.
Le propos politique passe également pas l'évocation du conflit ukrainien avec les situations personnelles des ouvriers sur le chantier. Un chantier traité de manière originale. Filmé sous un soleil et une chaleur de plomb, il semble offrir au jeune homme un cadre accueillant et rassurant, à l'inverse de son environnement familial, qui certes ne manque de rien, mais dont les rapports semblent plus superficiels et désincarnés.
Difficile de savoir si l'axe narratif consacré à la relation homo-érotisée entre le jeune homme et l'ouvrier ukrainien apporte réellement quelque chose au récit ou s'il vient au contraire parasiter le propos. La pudeur et la délicatesse avec lesquelles il est traité sont tout de même à souligner.
Tous ces axes créent une atmosphère imprégnée d’un mélange de tension sociale, de suspense identitaire et de sensualité. Et si l'on peut reprocher au film un certain manque d'émotions, une très belle scène finale, poignante à deux niveaux, vient saisir le spectateur.
En résumé, Enzo est un film qui se cherche un peu, tout comme son héros, mais qui parvient à témoigner avec justesse et finesse d'une jeunesse en manque de repères.
Quelle magnifique œuvre posthume nous a laissée Laurent Cantet, emporté par la maladie en avril 2024 ! Un film solaire, doux, sensible, servi par de superbes interprètes (mention spéciale au jeune Eloy Pohu, non professionnel, tout comme le "vrai maçon" ukrainien). Un film qui nous fait regretter davantage la disparition de cette voix singulière du cinéma français qu'était Laurent Cantet.
"Enzo" bien noté par la critique, en compétition cette année au festival de Cannes ( Quinzaine des cinéastes) est un drame sensible. Le réalisateur Robin Campillo, qui a remporté un César en 2018 pour son film émouvant "120 Battements par minute", propose aux spectateurs une narration touchante et pertinente sur les premiers amours et les questionnements identitaires des adolescents à travers les yeux d'Enzo, un jeune homme de 16 ans brillamment joué par la révélation Eloy Pohu, entouré de Pierfrancesco Favino et Élodie Bouchez. Cependant, l'intrigue aurait pu être encore plus captivante si Robin Campillo avait insufflé plus d'intensité et d'émotion à ses personnages et à son récit, tout en faisant écho au contexte de la guerre en Ukraine.
Laurent Cantet n'a pu réaliser ce dernier film, mis finalement en scène par Robin Campillo, un de ses plus fidèles collaborateurs. On est ici dans un entre-deux, où comme le personnage d'Enzo, on ne sait trop où se situer. Soigneusement orchestré et magnifiquement interprété, le long-métrage hésite entre plusieurs voies pour terminer par celle d'une décevante normalité. Peu d'enjeu, en fin de compte, mais la traversée d'une vraie tornade, Malou Khebizi.
Après une mise en place intéressante où la justesse des dialogues et des interprétations dénotent, sur fond de jolie carte postale, le film patine dès que la vraie nature du récit émerge : une pseudo romance sans émotion.
Les émois d'un ado - pas vraiment boutonneux - qui pique sa crise d'adolescence alors qu'il habite dans une villa - à la Ciotat avec piscine et qui envoie bouler son milieu hyper bourgeois, pour devenir un mauvais maçon...super analyse sociologique...
Je n'ai pas trop accroché à cette histoire d'un ado issu d'une classe sociale aisée qui est en recherche d'identité. Ça manquait d'intensité et d'explications
Un moment sensible de cinéma. Les personnages sont plausibles. Les milieux dans lesquels ils évoluent sont réalistes. Il existe un certain manichéisme sous-jacent qui parfois gêne un peu: une vison de classe plutôt de gauche, presque misérabiliste. Mais cela ne parvient pas à entacher l'histoire affective.
Ai vu « Enzo » film de Laurent Cantet (décédé pendant la mise en production du projet) et réalisé par Robin Campillo, qui a été projeté en Compétition Officielle lors du Festival de Cannes 2025. Film très subtil sur l’adolescence et ses tourments, ses contradictions, son mutisme, son mal-être. Enzo (première apparition à l’écran du jeune Eloy Pohu, très bien) vit à la Ciotat dans une sublime maison avec son père professeur (PierFrancesco Favino), sa mère ingénieure (Elodie Bouchez superlative et intense comme d’habitude) et son frère ainé qui entre au Lycée Henry IV à Paris. Enzo a de petites ambitions qu’il assume totalement, il veut être ouvrier en bâtiment au grand dam de son père. Mais que motive exactement ce choix de carrière ? Le film prend (un peu trop son temps) pour aborder le sujet principal. Enzo est de tous les plans et la mise en scène met très bien en relief ses désirs, ses doutes, ses indécisions, ses incertitudes, ses feux intérieurs. Les petits moments de rien sont souvent les plus justes et les plus émouvants. Tout l’intérêt de ce film est aussi le mélange des univers si personnels des deux réalisateurs. Nous retrouvons le monde du travail, du labeur, des injustices sociales de Laurent Cantet et le monde de l’adolescence avec sa violence rentrée, ses désirs irrépressibles, sa nonchalance déroutante et ses combats de Robin Campillo. Le pari est tout à fait réussi. Les dernières scènes valent à elles seules la raison d’aller voir ce long métrage qui aurai pu être plus resserré. spoiler: La guerre en Ukraine, le déclassement social, l’ambiguïté sexuellespoiler: forment l’essence du scénario qui se veut moins explicatif que contemplatif. Film tout en nuance dans une lumière solaire.
Un film d'une lenteur qui nous ennuie et qui nous endort . Certes l'adolescent se cherche ,navigant entre deux univers et des sentiments troubles mais le scénario est vide . Une mention spéciale pour Elodie Bouchez qui donne de l'épaisseur à son personnage et sait nous émouvoir , sa sensibilité et sa justesse sont remarquables . Campillo bien décevant .
magnifique film avec la toujours impeccable Élodie bouchez et un Enzo magnifique ce film m'a surtout touché par l'amour inconditionnel de ses parents sans qui Enzo aurait pu partir à la dérive bi n plus dramatiquement
Enzo est un très bon film sympa et simple avec une recherche d’orientation professionnelle pour ce jeune ado de 16 ans qui se découvre aussi dans ses attirances et désirs physiques. Moi j’ai beaucoup aimé déjà les acteurs très beaux et talentueux, les parents d’une écoute formidables et un film bienveillant. Tout en essayant d’expliquer aussi l’orientation choisie d’enzo incompris par son père . Film à voir
Le choix des musiques, de même que la beauté des paysages et du torse poilu, ne suffisent pas à rattraper la pauvreté du jeu d’acteur et le manque de substance de l’intrigue qui laisse tout à fait perplexe. Dommage.