Le film débute bizarrement, donnant une importance non négligeable à la fin de la Première Guerre Mondiale. On comprend alors que le biopic, qui se focalise donc sur les années 1918-1922, construit le récit avec la transition entre la fin de la guerre et la montée du fascisme mussolinien. C'est plutôt judicieux, voire passionnant mais pourtant le film ne va pas au bout de l'idée. Mais le vrai soucis est que le film raconte une partie de sa vie qu'on connaît le moins et donc laisse place à toute une imagination dont on ne peut savoir le vrai du faux. Par exemple rappelons que la comédienne a normalement cessé sa liaison avec D'Annunzio dès 1904, tandis que nous ne savons pas si la rencontre avec sa rivale Sarah Bernhardt a réellement eu lieu bien que, sans contest, il s'agit de la meilleure scène du film avec une réflexion pertinente sur l'art du théâtre confrontée à l'actualité du monde. Tout le long du film on reste ainsi partagé sur la valeur historique du récit. Néanmoins, tout paraît plausible, la survie par l'art de la scène, l'amour des planches plutôt que l'amour filial, la reconnaissance aveugle plutôt que la lucidité politique, le scénario paraît donc aussi sincère que réaliste à défaut d'être historiquement fiable. Site : Selenie
Je me suis ennuyé malgré que l'actrice Valeria Bruni Tedeschi est talentueuse elle incarne une actrice Italienne à la fin de la première guerre mondiale.
Le film peine à trouver sa juste mesure : trop convenu pour réellement captiver, trop elliptique pour être pleinement lisible. Les choix de mise en scène étirent inutilement le récit, donnant lieu à de nombreuses longueurs qui finissent par égarer le/la spectateur•trice. Si l’interprétation de Valeria Bruni Tedeschi impressionne par sa maîtrise et son intensité, elle ne suffit pas à porter un ensemble qui demeure, au final, lourd et difficilement digeste.
Ce film de Pietro Marcello est touchant et en même temps, c'est une véritable déclaration d'Amour au métier de "Comédienne" : Valéria Bruni-Tedeschi incarne "La Duse" la plus Grande Actrice Italienne d'Après-Guerre, où elle se révèle particulièrement "étincelante". Dans ce long-métrage, je suis très heureux de voir Noémie Merlant, jouer en italien et incarner "Enrichetta" la fille de la célèbre actrice. Mais briller dans son Art parallèlement à la montée du Régime Fasciste de Mussolini, à causé quelques dégâts... Quand l'Art est relégué au second plan, derrière un régime politique, les artistes en pâtissent forcément, ils perdent leurs Ämes et le peu d'étincelle de vie qu'ils ont en eux. Enrichetta, elle-même s'est sentie de trop dans cette histoire, ce n'est pas facile d'être la fille de la plus Grande Actrice d'Italie. Un film singulier qui a été présenté à la Mostra de Venise, mais est reparti bredouille. Mais on est quand même obligé de l'admettre, avec ce rôle Valeria Bruni-Tedeschi place la barre très, très HAUT.
Eleonora Duse est un film d’une rare élégance, porté par une mise en scène d’une beauté envoûtante, à la fois épurée et profondément habitée. Chaque plan semble pensé comme une tableau.... Valeria Bruni Tedeschi y livre une performance absolument magistrale : habitée, vibrante, d’une justesse bouleversante, elle incarne son personnage avec une intensité et une fragilité qui captivent de bout en bout. Si vous avez aimé l'excellent Martin Eden, le précédent film de Pietro Marcello, foncez, vous ne serez pas deçu.
Avec Eleonora Duse, le film s’inscrit dans un moment charnière de l’histoire italienne, entre 1917 et 1924, alors que le pays tente de se reconstruire après la guerre tout en glissant vers de profondes mutations politiques. Au cœur de ce contexte instable, Eleonora Duse, considérée comme la plus grande actrice de son époque, choisit de remonter sur scène après des années d’absence. Ce geste, loin d’être héroïque ou triomphal, révèle au contraire une multitude de tensions intimes et collectives. La santé déclinante, la relation douloureuse avec sa fille Enrichetta Marchetti, le poids d’une liaison passée avec Gabriele D’Annunzio et la pression économique composent un quotidien fragile, constamment mis à l’épreuve.
Le film ne se contente pas de retracer un parcours artistique. Il observe comment une figure publique devient un enjeu symbolique dans une société en crise, comment l’art peut être à la fois refuge et piège, espace de liberté et terrain de récupération politique. Le motif récurrent du voyage du cercueil du Soldat Inconnu, traversant l’Italie en train, agit comme un écho collectif à l’errance intérieure de l’actrice, toujours en mouvement, incapable de se fixer, cherchant une forme de vérité qui dépasse la simple reconnaissance.
La mise en regard avec Sarah Bernhardt éclaire encore davantage cette trajectoire. Là où l’une incarne un théâtre flamboyant, affirmé et maîtrisé, Eleonora Duse impose une révolution silencieuse, fondée sur l’intériorité, la fragilité et le retrait. Cette opposition dépasse la rivalité artistique pour interroger deux manières d’exister comme femme et comme artiste dans un monde dominé par des codes masculins et politiques. Le film montre ainsi comment Eleonora Duse, figure majeure du théâtre moderne, paie le prix d’une exigence artistique radicale, devenant le symbole d’une tension permanente entre liberté créatrice, reconnaissance publique et solitude intime.
Notre avis en quelques mots
Le film nous fait grandement penser à celui sur Sarah Bernhardt, Valeria Bruni Tedeschi est surprenante. Cependant, comme avec le film dont nous faisons l’analogie, le personnage dévore l’ensemble et nous place dans une forme de mise en scène de soi lourde. Bien sûr, ce genre de personnages historiques avaient tendance à se mettre en scène, mais le choix du cadrage et l’esthétique nous placent dans une forme de frontalité déstabilisante. Face à cela, il y a Noémie Merlant qui apporte quelque chose de fragile et doux. C’est ce contraste entre l’excès et la discrétion qui fait qu’on s’attarde sur la seconde actrice pour ces petits moments de calme qu’elle apporte.
Pietro Marcello est un cinéaste d’un immense talent et ce film le prouve encore une fois. Valeria Bruni Tedeschi magistrale dans ce rôle. À voir absolument
Ce biopic historique sur la dernière partie de la vie de cette grande comédienne italienne est intéressant à découvrir. Cette célèbre diva du théâtre est magnifiquement incarnée par Valéria BRUNI qui est impériale dans ce film. Le réalisateur dépeint bien le contexte de cette époque après la première guerre mondiale et nous montre aussi l’influence du fascisme mussolinien et également à la remise en question du théâtre classique italien. On assiste à la lutte d’Eléonora DUSE qui, malgré sa santé fragile, résiste à ces évolutions. Le film, sans être un chef d’oeuvre est tout de même digne d’intérêt.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse au cinéma Le Balzac à PARIS le 11/12/2025)
Superbe film sur une immense figure du théâtre qui était aussi connue que Sarah Bernard dans les années 1910-1920. On l’appelait également "La Divine". Eleonora Duse a en quelque sorte inventé l’Actor Studio, a été l’une des femmes qui a compté pour Gabriele d’Annunzio. Le film est tout sauf un biopic et se concentre sur les dernières années de la comédienne. Valeria Bruni-Tedeschi est somptueuse, tout comme Noémie Merland et le reste des comédiens. Magnifique photo avec un grain d’image très travaillé et permettant l’incrustation d’archives colorisées d’époque mais aussi une esthétique proche du symbolisme. Certains plans sur l’Ile San Michele à Venise font écho à l’Ile des Morts de Arnild Böcklin par exemple. J’ai adoré et il faut vraiment aller voir ce très beau film même si la Duse est beaucoup moins connue en Francz que l’autre Divine!
Ultra-académique biopic prétentieux, très bavard et surjoué. Ressemble à du cinéma anglais.
Du cinéma pour les snobs qui aiment le théâtre. Si j'aimais le théâtre, j'irais au théâtre, pas au cinéma. Du cinéma pour les snobs qui pensent que le bon cinéma doit être ennuyeux et étaler sa culture (Shakespeare, Molière, Ibsen, Pierre de Ronsard, de la musique classique façon kitsch à la "Rondò Veneziano", ...)
Caméra inutilement instable, parce qu'on a été trop paresseux pour l'accrocher.
Avec Valeria Bruni Tedeschi ("Un couple parfait" de Nobuhiro Suwa, en 2005), vieillie, dans le rôle principal. Et dans le petit rôle de Sarah Bernhardt : Noémie Lvovsky, qui a réalisé une poignée de films sympas il y a vingt ou trente ans.
La mise en scène met en évidence la richesse des costumes (à l'odeur de naphtaline) et de jolies fleurs.
Duse a des dettes, mais curieusement elle vit toujours aussi tranquillement, sans saisie ou expulsion. Quant à sa fille, elle s'épanouit comme une grande bourgeoise dans une spacieuse propriété. Les dettes deviennent abstraites, sans conséquence.
Après Sarah Bernhardt, au tour de sa rivale transalpine, Eleonora Duse, d’avoir droit à son portrait au cinéma dans le film qui porte son nom. Pas un biopic à proprement parler, mais l'évocation de son retour tardif au théâtre, au crépuscule de l’existence de celle qu’on appelait la Divine, bien avant Garbo. Proposition alléchante, d’autant plus avec le talentueux réalisateur de Martin Eden, Pietro Marcello. L’adjonction d’archives de l’époque concernée, l’après Première Guerre mondiale, n’alourdit en rien l’intrigue et sert à contextualiser une période où le fascisme file droit vers le pouvoir. Ajoutez les relations complexes entre la Duse et sa fille, ainsi que la proximité avec un D’Annunzio vieillissant et vous obtenez un plat copieux qui met l’eau à la bouche. Sauf que, malheureusement, tout ou presque est indigeste, à commencer par la prestation de Valeria Bruni-Tedeschi, qui en fait des tonnes, comme si un personnage aussi flamboyant que celui-ci ne méritait pas un peu de subtilité. Et comme elle est pratiquement de toutes les scènes, il est compréhensible que l’on ressente la longueur excessive du film comme une torture qui n’a rien d’exquise. Dommage, car les pistes narratives ouvertes, peut-être trop nombreuses, laissaient espérer une découverte plus plaisante de cette icône italienne.