Forza VBT
Eh oui ! Car, disons-le tout net, ce biopic dramatique signé par Pietro Marcello ne vaut que par l’extraordinaire performance de Valéria Bruni-Tedeschi. A la fin de la Première Guerre mondiale, alors que l’Italie enterre son soldat inconnu, la grande Eleonora Duse arrive au terme d’une carrière légendaire. Mais malgré son âge et une santé fragile, celle que beaucoup considèrent comme la plus grande actrice de son époque, décide de remonter sur scène. Les récriminations de sa fille, la relation complexe avec le grand poète D’Annunzio, la montée du fascisme et l’arrivée au pouvoir de Mussolini, rien n’arrêtera Duse "la divine". 123 minutes d’un biopic poussif aux images superbes mais bourrées de défauts qui empêchent d’apprécier à sa juste valeur une belle idée de départ.
Après Sarah Bernhardt, au tour de sa rivale italienne, Eleonora Duse, d’avoir droit à son portrait au cinéma. Pas un biopic à proprement parler, tout comme pour le film de Guillaume Nicloux, mais l'évocation de son retour tardif au théâtre, au crépuscule de l’existence de celle qu’on appelait la Divine, bien avant Garbo. Proposition alléchante, - d’où la « belle idée » citée plus haut -, mais il y a la forme sur laquelle il y tellement à dire. Des images d’époque pour illustrer la montée du fascisme mussolinien, pourquoi pas ?, mais que diable, quel choix plus que discutable de faire jouer l’ensemble du casting comme on jouait au théâtre en ce début de 20ème siècle ? - De toute façon, il n’existe aucun témoignage direct de l’art de la comédienne, c’est donc un a priori -, Et ici, c’est à la limite du supportable, parce que hurler en gros plan, en faire des tonnes à chaque instant, si ce sont les caractéristiques d’un certain théâtre – totalement passé de mode -, face à une caméra de 2026, c’est un véritable non-sens. Les sublimes images de Rome, Venise, Viterbe, Tivoli, ou Frascati ne font pas passer la pilule. Ajoutez les relations complexes entre la Duse et sa fille, ainsi que la proximité avec un D’Annunzio vieillissant et la messe est dite. On s’ennuie ferme malgré la prestation XXL de qui vous savez.
Répétons-le, Valeria Bruni Tedeschi est immense. Elle est cette « Divine » au crépuscule de sa vie à chaque instant sur l’écran qu’elle crève de la première à la dernière minute. Elle est bien la seule à résister au mode de jeu imposé par le cinéaste. Contrairement à Noémie Merlant, Fanni Wrochna, Fausto Russo Alesi, Noémie Lvovski et les autres. Passion, maladie, folie, sacrifice, quelques, – trop peu -, références historiques, ne font pas forcément un film passionnant. C’est le moins qu’on puisse dire.