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JOSEPH BOZZI
2 critiques
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2,5
Publiée le 20 janvier 2026
J'ai beaucoup apprécié la qualité d'image. La Tedeschi devait avoir le trac au début, sa voix était tellement mal placée, contrairement au jeu de la Sarah Bernhardt excellent. Mais elle s'est bien rattrapée par la suite grâce à l'attention du réalisateur. Usage immodéré de ces images de ce train, je me suis demandé longtemps qui il pouvait bien transporter. Merci l'ambiguïté facile. Lassant comme cet usage immodéré mais approprié du décor. Finalement, le metteur en scène s'est fait plaisir. S'est il avoué nul, a l'image du scénariste raté du film?
Avec ce portrait, le film échappe au piège du biopic académique qui aligne les événements d'une vie comme une page Wikipédia illustrée. Eleonora Duse est donc un biopic non conventionnel, qui préfère l’atmosphère à l’exhaustivité.
Au centre, Valeria Bruni Tedeschi est tout simplement formidable. Rarement dans la position d'incarner un premier rôle de cette ampleur, elle trouve ici peut-être le rôle de sa vie, traversant le film avec une intensité fiévreuse. On se surprend à regretter que le film ne soit pas français : nul doute qu’une telle performance aurait mérité une nomination aux César, voire davantage.
On retrouve non sans déplaisir la griffe du réalisateur, déjà à l’œuvre dans le très poétique Martin Eden : un grain d’image si particulier sur certaines séquences que l'on ne sait jamais vraiment s'il s'agit d'images d'archives ou de reconstitutions, une mise en scène résolument moderne et une bande-son faites de nappes électroniques qui viennent contraster avec le film d’époque en costumes, ainsi qu'un trouble permanent, entre rêve, réalité et fable, qui confère au film une atmosphère tout à fait singulière. Mentions spéciales au film-dans-le-film autour du voyage en train de la dépouille du Soldat inconnu, séquences qui inscrivent le récit dans l'Histoire, avec la montée du fascisme en arrière-plan, ainsi qu'à la savoureuse rencontre avec Sarah Bernhardt, où la joute entre Bruni Tedeschi et Noémie Lvovsky fait des étincelles.
Le film n’est cependant pas exempt de faiblesses. À force de se raccrocher aux obsessions de son héroïne, le récit finit par tourner en rond et appuie parfois trop lourdement sur le drame.
Reste un portrait de femme complexe, habitée par le théâtre, mais minée par la maladie et les difficultés financières. Un film imparfait mais habité, à l’image de son héroïne.
Le film de Pietro Marcello sur Eleonora Duse est avant tout un écrin offert à Valeria Bruni Tedeschi, qui s’y consume avec une intensité presque dévorante. Filmée au plus près de son visage, elle impose une incarnation saisissante, faite d’excès, qui devient à la fois le moteur et la limite du film. Autour d’elle, la mise en scène hésite entre ambitions formelles :archives, reconstitution, jeu de miroirs, et un classicisme de biopic parfois trop sage. Alourdi par un mélodrame appuyé et une emphase parfois proche de la caricature, l’ensemble n’en demeure pas moins traversé par une vraie admiration pour la liberté et la vitalité de son héroïne.
Le retour poussif sur scène d'une comédienne de théâtre en Italie au début du XXème siècle. Le film contextualise l'histoire entre la fin de la &ère guerre mondiale et l'avènement de Mussolini. Eléonora a dédié sa vie à la scène sacrifiant au passage sa vie personnelle et familiale. Valeria Bruni Tedeschi incarne cette femme en bout de course avec tout son talent mais elle force un peu le trait lassant un peu le spectateur. On est déstabilisé par les outrances des personnages qui peinent à convaincre.
Un très beau film (le volet décoration de cette œuvre est remarquable) constitue-t-il un grand film ? Il est permis de se poser ici la question. Et ma réponse négative est liée au sempiternel problème des "biopics", ce mot très laid apparu en même temps que la rage d'en réaliser et produire, comme si d'ailleurs les cinéastes ne trouvaient plus d'inspiration pour réellement inventer. En effet, une fois de plus ici, le fil chronologique tient lieu de dynamique dramatique. Or il en faut bien évidemment davantage pour soutenir notre intérêt. J'ai eu, conséquence de ce qui précède, l'impression de feuilleter un très beau "livre d'images". Lav Diaz, dans son magnifique et malaisant "Magellan" a trouvé la parade au moyen de ses plans-sequences qui étirent le temps à une époque, la nôtre, qui a tant besoin de voir les images ralenties. (Si la déco d' "Eleonora Duse" confine au sublime, la bande musicale originale m'est, elle, apparue incompréhensible. Je ne comprends pas ce qui justifie ces sons électroniques, un peu façon musique améliorée de supermarché. Les musiciens italiens de cinéma nous ont habitués à tellement mieux !).
Pietro Marcello convoque l'Histoire par le prisme de ses habituelles archives, ancrant le retour de la Duse dans une Italie qui bascule vers le fascisme. Mais cette résurrection artistique peine à émouvoir. Le film dresse le portrait d'une icône froide, presque hermétique, pour laquelle l'empathie reste hors de portée. L'unique lueur d'humanité surgit finalement des scènes avec sa fille, tragiquement éclipsée par la dévoration de la gloire maternelle. En dehors de ces rares instants de grâce, l'œuvre s'embourbe dans un académisme ampoulé et une langueur austère qui rendent le récit bien trop long.
Un très bon moment de cinéma et de théâtre le tout dans une période troublée de l’histoire , porté par l’interprétation lumineuse de Valérie Bruni tedeschi que j’aime de plus en plus
Une dramaturgie qui passe à côté d'elle même. Une vocifération des dialogues par les acteurs comme un aveu d'échec. Une avalanche de gros plan qui agressent le spectateur. Un scénario qui cherche désespérément à se donner une crédibilité par l'intrusion soudaine d'images d'archive. À la fin, on ne supporte plus l'italien. On se demande ce que V Tedeschy et N Merlant sont allées faire ds cette galère. On est sortie avant la fin.
Un manque de moyens flagrant (la scène d'ouverture !), une actrice qui n'a pas la voix d'une tragédienne, une musique style Rondo Veneziano, une mise en scène assez transparente alors qu'il aurait fallu un Luchino Visconti, autant de constatations qui font que l'on peut faire l'impasse sur ce film. Surnagent toutefois une excellente Noémie Merlant et quelques seconds rôles.
Les dernières années de la vie et de la carrière de l'une des plus grandes actrices de théâtre de tous les temps. Un biopic très bien réalisé et interprété. Valeria Bruni Tedeschi a remporté le prix de la meilleure actrice au Festival de Venise.
Filmer Eleonora Duse après la guerre, au moment où l’Italie cherche un corps à vénérer — soldat inconnu, figures tutélaires, mythes réparateurs — n’est pas un choix neutre. Pietro Marcello inscrit Duse dans ce moment précis où une nation tente de refermer ses plaies par des symboles. Et c’est là que le film devient intéressant : non pas quand il raconte une actrice, mais quand il observe ce que le pouvoir, la mémoire et l’art attendent d’elle. Duse est une survivante. Pas seulement d’une carrière, mais d’un siècle qui bascule. Elle arrive à la fin d’un monde théâtral fondé sur la présence, la voix, la chair — au moment où le fascisme impose d’autres récits, d’autres gestes, d’autres corps. Le film montre cela sans l’expliquer frontalement : la pression politique, la montée de Mussolini, les attentes contradictoires qui pèsent sur une figure devenue patrimoine. Duse n’est plus seulement une artiste ; elle est sommée d’incarner quelque chose. Valeria Bruni-Tedeschi joue cette tension avec une retenue qui fait parfois la force du film, parfois sa limite. Elle ne cherche pas l’imitation, mais une fatigue habitée. Son jeu suggère une femme consciente d’être regardée comme un monument vivant, et qui refuse pourtant de se figer. Le rapport à D’Annunzio — poète, amant, homme d’influence — n’est pas romantisé : il devient un nœud de domination symbolique, entre admiration, dette et rejet. Mais le film hésite. À force de refuser le spectaculaire, Marcello frôle parfois l’illustration sage. Certains enjeux — notamment le rapport entre art et autoritarisme — restent en surface, comme si le film craignait d’être trop frontal. Il préfère la mélancolie à la confrontation. C’est respectable. Mais insuffisant. Car Duse méritait peut-être un film qui ose davantage heurter le mythe qu’il convoque. Ma note : 8 / 20
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L’immense diva Eleonora Duse (Valeria Bruni Tedeschi) a soixante ans quand la Première Guerre mondiale se termine. Son prestige s’étiole alors que sa santé décline, que le public se détourne du théâtre pour lui préférer le cinéma, que le fascisme lentement progresse. Elle décide pourtant de remonter sur scène et, aiguillonnée par la prestigieuse Sarah Bernhardt (Noémie Lvovsky), choisit de jouer la pièce d’un inconnu.
Pietro Marcello – qui est venu présenter ce film que j’ai eu la chance de voir en avant-première avec les lycéens du prix Palatine – avait signé "Martin Eden" que je n’avais pas aimé, sans savoir s’il fallait que j’en blâme son réalisateur ou bien le livre de Jack London pourtant unanimement apprécié, et "L’Envol", l’adaptation d’un célèbre roman russe des années Vingt. On retrouve dans "Eleonora Duse" le même travail sur l’image désaturée que dans ses films précédents, qui ajoute de la mélancolie à une histoire qui en porte déjà beaucoup.
Il fait preuve d’une grande maîtrise derrière la caméra et nous livre un beau mélodrame. Il nous fait connaître de ce côté-ci des Alpes où elle est quasiment inconnue, une figure italienne de la Belle Epoque. Eleonora Duse était la Sarah Bernhardt italienne. Elle monta sur les planches dès l’âge de quatre ans pour jouer Cosette dans une version des "Misérables". Son répertoire était immense et allait des grands drames classiques français au théâtre contemporain d’Ibsen ou de d’Annunzio auquel la lia une passion sulfureuse.
Eleonora Duse a trouvé en Valeria Bruni Tedeschi l’interprète idéale. L’actrice est souvent excessive et ses excès lui nuisent, la rendant parfois détestable. Mais le personnage même de la diva italienne était dans l’excès. Et Valeria Bruni Tedeschi s’y glisse à la perfection. Refusant la vieillesse et l’oubli, la diva veut à tout prix rester au sommet de sa gloire. Elle fait les mauvais choix, artistique en soutenant un dramaturge médiocre, politique en acceptant le parrainage de Mussolini. On la voit, comme dans une tragédie crépusculaire de Visconti, s’enfoncer lentement dans un inexorable déclin.
"Eleanora Duse" est un film exigeant. Je crains que les lycéens du jury du prix Palatine aient trouvé ses deux heures bien longues. Mais c’est un film sombre, grave et beau.
Film de Pietro Marcello que j'ai là trouvé intéressant qui met en parallèle les dernières années d’Eleonora Duse , la Sarah Bernhardt Italienne, , Valeria Bruni-Tedeschi en divine Diva tourmentée , et la montée du Fascisme ainsi que les rapports entre l’Art et le Pouvoir !
Le film débute bizarrement, donnant une importance non négligeable à la fin de la Première Guerre Mondiale. On comprend alors que le biopic, qui se focalise donc sur les années 1918-1922, construit le récit avec la transition entre la fin de la guerre et la montée du fascisme mussolinien. C'est plutôt judicieux, voire passionnant mais pourtant le film ne va pas au bout de l'idée. Mais le vrai soucis est que le film raconte une partie de sa vie qu'on connaît le moins et donc laisse place à toute une imagination dont on ne peut savoir le vrai du faux. Par exemple rappelons que la comédienne a normalement cessé sa liaison avec D'Annunzio dès 1904, tandis que nous ne savons pas si la rencontre avec sa rivale Sarah Bernhardt a réellement eu lieu bien que, sans contest, il s'agit de la meilleure scène du film avec une réflexion pertinente sur l'art du théâtre confrontée à l'actualité du monde. Tout le long du film on reste ainsi partagé sur la valeur historique du récit. Néanmoins, tout paraît plausible, la survie par l'art de la scène, l'amour des planches plutôt que l'amour filial, la reconnaissance aveugle plutôt que la lucidité politique, le scénario paraît donc aussi sincère que réaliste à défaut d'être historiquement fiable. Site : Selenie