La Momie surprend là où on ne l’attendait plus. Loin d’un simple remake opportuniste, le film assume pleinement son identité hybride en mêlant habilement plusieurs registres : film de possession, huis clos étouffant, enquête policière. Un mélange audacieux qui fonctionne étonnamment bien.
L’un des gros points forts du film réside dans son ambiance. Lourde, pesante, presque suffocante, elle s’installe progressivement pour monter en puissance scène après scène. La tension est construite avec patience, jusqu’à atteindre un véritable climax final, intense et maîtrisé. Le tout est renforcé par une réalisation globalement très solide et quelques plans particulièrement originaux (
comme la scène de la petite sœur qui se rend aux toilettes durant la nuit, ou la scène de léchage d’orteils
), même si certains enchainements souffrent parfois d’un léger manque de fluidité.
Visuellement et sensoriellement, le film ne fait pas dans la demi-mesure : c’est gore, frontal, parfois dérangeant, mais toujours au service de l’expérience. Ce parti pris radical participe pleinement à l’immersion, même si cela réserve clairement le film à un public averti.
Côté casting, les acteurs principaux tiennent la route et parviennent à porter le récit avec crédibilité… du moins une fois le film lancé. Car le début souffre de quelques approximations, avec des réactions ou situations parfois peu crédibles. Rien de rédhibitoire, mais suffisamment perceptible pour être noté.
Le rythme, lui, peut sembler légèrement étiré au début du film. Quelques longueurs s’installent, mais elles contribuent aussi à cette montée en tension progressive qui fait la force du film. On ne s’ennuie franchement pas. Et heureusement, le récit est ponctué de touches d’humour bienvenues, qui viennent relâcher la pression sans casser l’atmosphère.
Au final, La Momie est un pur film de divertissement, honnête dans sa proposition et efficace dans son exécution. Ce n’est pas un film pour tout le monde, son intensité et sa violence pourront en rebuter certains, mais les amateurs du genre y trouveront clairement leur compte.