Dans cette adaptation, Olivier Assayas nous propose de suivre l'ascension du président russe à travers celle d'un conseiller de l'ombre. L'originalité est que cette proposition de fabrique d'une idéologie d'état est au cœur du pouvoir russe actuel. C'est documenté (même s'il s'agit pour l'essentiel d'une fiction), la représentation de l'époque est très réussie et les interprétations sont de qualité, que ce soit Jude Law, Alicia Vikander et surtout l'excellent Paul Dano. Le film est découpé en plusieurs moments importants de l'histoire russe récente. C'est rythmé et on ne voit pas les 2h30 passer. J'ai cependant trouvé que l'utilisation de la voix off était un peu trop persistante et que cela rendait le film ultra bavard. Surtout qu'il n'y a quasiment aucune bande son de tout le film.
Le film commence. Une voix off installe le récit, je suis surpris par la façon dont celle-ci sonne faux. Une première scène dialoguée me fait également tiquer tant rien ne semble naturel. Puis je me rends compte que les mouvements des lèvres ne correspondent pas à ce que les personnages disent et je comprends enfin que j'ai en fait réservé une séance en VF. Ça commence donc très mal...
Le reste de la séance se transforme en une épreuve d’endurance de 2h35. L’ennui s’installe rapidement, au point de devoir lutter à plusieurs reprises, en vain, pour ne pas m'endormir. Le récit s’enlise dans des dialogues interminables, trop explicatifs et peu inspirés. Le personnage qui donne son nom au film est d’une fadeur confondante, totalement dépourvu de mystère ou de tension dramatique.
Le choix d’une construction en flashbacks, déclenchés par une conversation dans le présent, n’arrange rien. Procédé usé jusqu’à la corde, il accentue encore l’impression d’un film daté, sans audace formelle. Certes très documenté sur 30 ans d'Histoire de la Russie, le film dresse un portrait de Poutine bien lisse, sans aspérités, figé par le poids du mythe. Comme fasciné ou intimidé par son sujet, le film passe complètement à côté de ce qu’il aurait pu explorer : la complexité, les zones d’ombre, la violence sous-jacente du personnage.
On est à des années-lumière de The Apprentice, qui parvenait à raconter l’ascension de Donald Trump avec un véritable point de vue, beaucoup de caractère et une vraie tension dramatique.
Le film plaira à ceux qui aiment en apprendre plus sur l'Histoire. Pour ma part, ce n'est absolument pas ce que je recherche dans le cinéma.
Nous avons beaucoup aimé ce film adaptant un livre (qui devait être passionnant à lire). Rétrospective analysant 30 ans de la vie politique, et sociale par la force des choses, russe à travers la montée en puissance de Poutine. Cette analyse dépasse le cas particulier pour toucher à l'universel : "le film s’avère de ce point de vue là, passionnant, dans sa manière de décortiquer et analyser les événements des 30 dernières années ex-Union Soviétique et en Russie. Ajoutant à cela une prise de recul sur les techniques de manipulation des masses et des puissances occidentales, le scénario a le mérite de remettre à leur place certains moments ou alliances, ceci avec certain cynisme non dissimulé." L'ascension de Poutine est contée comme un exemple incarné des nouveaux type de régime autoritaire. Dis comme ça, ça peut paraître rebutant mais c'est avant tout un beau film, de belles images, très bien interprété, et mèlant tous les ingrédients du suspense – mystère, action, amour, secret. C'est long, mais indice de satisfaction, nous n'en avons pas souffert.
C’est un film qui se prend malheureusement les pieds dans le tapis. Malgré une intrigue de départ plutôt intéressante, le marketing nous a été survendu : on nous présentait le personnage de Paul Dano comme « l’homme qui murmurait à l’oreille de Vladimir Poutine ». Or, il n'en est rien. Dès leur rencontre, le protagoniste n'est plus qu'un pion sur l'échiquier politique russe, réduit au rôle de simple exécutant sans réelle influence. Les péripéties s’enchaînent sans véritable fil conducteur. Par exemple, au début du film, le personnage passe subitement de metteur en scène à succès à invité du Kremlin après avoir rencontré un magnat des médias. On ne comprend jamais comment ni pourquoi il connaît cet homme. Le récit manque cruellement d'enjeux et semble simplement survoler des événements, presque comme une fiche Wikipédia. Plusieurs éléments clés sont sous-exploités : La romance : Elle est anecdotique et n'apporte aucune profondeur au récit. L'arc de l'oligarque : L'intrigue entourant le magnat du pétrole est expédiée de manière trop hâtive. Le personnage de Poutine : Il finit par être totalement secondaire. Enfin, la mise en scène est plate et le jeu des acteurs médiocre, échouant à donner vie aux intentions du scénario. Le film s'éparpille et ne parvient jamais à centrer son récit sur des thématiques claires.
LES RESSORTS D’UNE MÉCANIQUE INFERNALE Après « Deux Procureurs », le film de l’Ukrainien Sergei Loznitsa qui nous décrit les geôles staliniennes, la sortie du « Mage du Kremlin », adaptation du livre de Gianni di Empoli, nous révèle les ressorts de la montée en puissance du système Poutine et la façon dont il vise ses proies. Certaines, contrairement aux oligarques qui l’ont hissé au pouvoir, ne sont pas faciles à annihiler… telle l’Ukraine qui ouvre les yeux de l’Europe sur ce projet satanique, soutenu paradoxalement par les popes russes. Jude Law est incroyablement ressemblant au "Tsar" Poutine. Du pur mimétisme ! Stop Urgence ! Il est temps d’arrêter cette machine infernale.
Quel ennui, tout sonne faux et affecté dans ce film. Aucune énergie, et aucune vision, c’est un pré-montage monotone, un bout à bout, ce n’est pas un film. Pour faire un exemple, ou plutôt un contre-exemple, Limonov de Srebrenikov était plein d'idées et d'énergie, lumineux, tout en étant fidèle au roman de Carrère. Mais ici on est dans la grisaille parisienne tout en étant en Russie. Et pourtant le livre était bien (et ça se sent dans certains dialogues), j'avais adoré, je me disais qu'on ne pouvait pas rater le film. Je me trompais! La première heure du film (la vie branchée de Moscou) est d’ailleurs inutile, à jeter, cela commence à devenir un peu intéressant quand apparaît Poutine. Mais le chuchotement infini du protagoniste et la voix off tuent l'attention, et rendent le film soporifique. Le problème d'Assayas c'est qu'il n'a pas de talent, depuis sa toute première oeuvre, "Désordre", il fait toujours le même film barbant: toute matière cinématographique, quand il la touche, se transforme en chiante, c’est le mage de l’ennui pas du Kremlin.
Pour peu que l'on accepte la convention de la langue anglaise pour un récit d'intrigues russes et la profusion de dialogues et d'informations, le film est passionnant dans sa radioscopie d'un autocrate qui échappe à ses créateurs.
"Le Mage du Kremlin" assez bien noté par la critique, en compétition l'an dernier à la Mostra de Venise est un thriller politique avec des qualités. En effet, le réalisateur Olivier Assayas propose, à travers l'adaptation du roman éponyme de Giuliano da Empoli, un film bien documenté et captivant sur l'ascension de Vladimir Poutine en Russie, des années 1990 à nos jours, tout en étant influencé par Vladislav Sourkov, bien que ce dernier ne soit pas directement cité dans le film. Le casting est remarquable, avec de superbes performances de Paul Dano, Jude Law, Alicia Vikander et Jeffrey Wright, mais il est dommage que le film souffre de longueurs parfois (2h25) et d'un excès de dialogues.
Un excellent film car excellente adaptation du livre de Giuliano de Empoli. Jude Law fait un Poutine crédible et simplement effrayant, et Paul Dano est époustouflant! Un beau film de politique-fiction sans doute pas si éloigné du réel, hélas!
C'est une plongée dans le cerveau du nouveau czar de Russie: Vladimir Poutine. On y a apprend pas grand chose, pour ceux qui suivent l'actualité de près. Une seule obsession guide le Maître du Kremlin : rétablir la grandeur de la Russie et détruire l'Occident dégénéré. Il n'y a aucun suspense dans ce film. "Kompromat" de Jérôme Salle avec Gilles Lelouche donne beaucoup plus de détails sur le fonctionnement de la société russe, dominée par le FSB.
Pau Dano est un vrai magicien dans ce film qui retrace brillamment l'histoire de la Russie depuis eltsine à poutine. C'est percutant et parfaitement mis en scène. Cocorico : c'est une production gaumont France tv et canal. Dano mériterait un oscar pour ce rôle. A mi Chemin entre Babylon et le loup de wall street. La bande annonce laisse présager un film d'action mais c'est au contraire un film politique presque documentaire.