Le Mage du Kremlin
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406 critiques spectateurs

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tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2026
Le sentiment contradictoire d’un film un peu raté sur la forme mais intéressant et nécessaire sur le fond. Raté du fait de sa longueur, de ses bavardages et de cette voix off qui explique tout, qui explique trop. On est au cinéma, montrez-nous au lieu de tout expliquer ! À contrario, Paul Dano interprète son personnage avec une grande maîtrise et l’histoire de l’ascension et de la dérive de Poutine restituée à travers lui est instructive et passionnante.
Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

76 abonnés 100 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2026
Voici l'adaptation du roman éponyme de Giuliano da Empoli, grand succès d’édition sorti en 2022 juste après l’invasion de l’Ukraine. Nous suivons l’ascension d’un «spin doctor», ces conseillers de l’ombre qui façonnent la communication des dirigeants politiques. Ici, en plus, Vadim Baranov (Paul Dano), va créer et lancer Vladimir Poutine (Jude Law, convaincant). Le film commence par présenter le contexte, le retour de la liberté avec la fin de l’URSS en 1990, la période chaotique du règne de Boris Eltsine, puis l’arrivée d’un homme d’ordre.
La narration en flash-backs, les atmosphères du Moscou underground ou des lieux de pouvoir, le volontarisme de Poutine, les luttes d’influence, la romance avec Ksenia (Alicia Vikander), tout fonctionne, sans temps mort, on reste captivé durant ces deux heures et demi.
Seul reproche, la toute dernière scène ne figure pas dans le roman, elle change pourtant la nature du récit (je ne spoile pas), le réalisateur a voulu rajouter sa touche anti-Poutine dans un portrait finalement assez équilibré, la volonté de pouvoir et le calcul froid se retrouvant aussi dans nos contrées, ne soyons pas naïfs. bref, mais c’est à voir.
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VINZGOM
VINZGOM

13 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Je ne peux que conseiller ce film pour ceux qui s'intéressent à l'actualité et à la Russie. C'est une grande fresque retraçant les moments clés des dernières années (sauf après 2020) en Russie. Très intéressant et permet de comprendre mieux certains sujets actuels.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 janvier 2026
Dans les coulisses du pouvoir russe, ce film, tiré du roman éponyme de Giuliano da Empoli, promet un vertige intéressant... et livre finalement une bonne grosse sieste !!
Le récit nous plonge dans la Russie du début des années 1990, lorsque Vadim Baranov (personnage inspiré de Vladislav Sourkov) orchestre dans l'ombre l'ascension d'un certain Vladimir Poutine, avant de se retirer du jeu et de revenir, 15 ans plus tard, sur ces années de pouvoir qu'il accepte enfin de raconter.
Cette oeuvre est bavarde (affublée d'une voix off pénible lisant des passages du livre), figée, et presque scolaire.
L'ensemble se révèle austère, plombé par une mise en scène banale et des dialogues totalement fadasses.
Le propos se veut ténébreusement politique, mais l'impact reste désespérément fantomatique.
Mais quelle platitude ! Il ne se passe rien, aucune tension, aucune énergie dramatique... Ca boit du thé, ça papote... Quel ennui !!
Et 2h25 dans ces conditions, c'est long, très long !! Mes paupières ont eu du mal à rester ouvertes !!
Une vraie déception soporifique sans aucune magie !
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Steadyllic
Steadyllic

27 abonnés 29 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2026
Film surprenant d'intelligence et vraiment nécessaire. Bien sûr, le mélange des accents d'un casting international mais percutant peut faire regretter de ne pas entendre parler russe. Mais franchement, avec un Jude Law glaçant, on approche de la froideur d'un Poutine hallucinant de ressemblance. Paul Dano, tout en nuances, est aussi fascinant de rouerie. Si je n'ai pas été emporté par le best seller de Giulano de Empoli, je retrouve un suspense haletant dans ce film dont la longueur se fait oublier tant la construction en est passionnante, avec la patte élégante d'un Emmanuel Carrère. Il faut bien sûr un minimum de culture géopolitique pour en apprécier toutes les subtilités. Cette marche forcené vers le pouvoir absolu du Tsar actuel est décrite avec une précision chirurgicale. La fresque joyeusement bordélique des années Gorbachev et Elsyn amène le triomphe des oligarches avec un Will Keen parfait en Boris Berezovsky puis l'aspiration à un désir de verticalité d'un peuple russe si habitué au joug que va saisir et amplifier le tchéquiste voyou de Saint Petersbourg. Je suis resté scotché à mon siège devant les rouages de cette dictature qui ne peut survivre que dans l'agression et la guerre. La deuxième guerre Tchétchène, la tragédie du Koursk, l'explosion de Maïdan, les usines à trolls de Prégogine, tout défile, tout s'explique dans ce film à l'écriture et à la réalisation fluide et élégante. J'apprécie particulièrement la fin qu'Olivier Assayas a voulu apporter, comme un point d'orgue aux confessions du spin doctor éponyme, une fin qui reste hélas si véridiquement poutinienne.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 février 2026
Qui est le film ?
Avec le Mage du Kremlin, Assayas adapte le roman de Giulano da Empoli, succès critique et médiatique, qui proposait une fiction pour approcher le cœur du pouvoir poutinien à travers un personnage inventé, Vadim Baranov, double de Vladislav Sourkov. Le film promet ainsi une immersion dans les coulisses d’un autoritarisme contemporain, pensé comme une machine à produire du sens, du mensonge et de l’adhésion.

Par quels moyens ?
Baranov n’est pas Sourkov, et si le film reprend cette équivoque, il ne travaille jamais réellement la contamination du vrai par le faux. Rien n’advient de cette promesse : la mise en scène, plate, évoque davantage un téléfilm de prestige qu’un geste de cinéma, avec ses plans fonctionnels, son découpage illustratif, son absence de pensée visuelle. Cette même abstraction irrigue le personnage de Baranov, réduit à une figure conceptuelle. Paul Dano lui prête bien une douceur inquiétante, une ironie feutrée, mais il demeure un observateur théorisant, commentant sans jamais être affecté par ce qu’il orchestre. Le traitement de Poutine prolonge cette logique : Jude Law n’incarne qu’une surface opaque, un juste un Poutine-surface.

Cette faiblesse formelle est redoublée par un postulat de départ bancal. On ne comprend jamais pourquoi Baranov éprouve le besoin d’expliciter ce qu’il sait, ce qu’il a fait, ce qu’il pense, à un journaliste. Le dispositif repose sur une confession dont l’existence même contredit la logique du personnage (ou ne la travaille pas suffisamment). Tout ce qui suit en découle mécaniquement. Le film avance sur une situation qui n’a pas de nécessité interne, l’énonciation est là uniquement pour permettre au discours de se déployer et de se balader d'anecdotes en anecdotes.

Ces craintes se traduisent par une domination écrasante du verbe. La voix off de Baranov organise le film comme un long commentaire rétrospectif. Tout est expliqué, justifié, théorisé. Les images n’ont jamais le temps d’exister pour elles-mêmes. La temporalité historique en souffre directement. Près de trente ans d’histoire russe, de l’après URSS à la Crimée, sont traversés mais cette ampleur se transforme en survol. Les événements s’enchaînent comme des vignettes, des illustrations d’idées jugées brillantes. La violence politique, la guerre, la terreur demeurent à distance. Le film fabule une Russie d’avant Poutine, une période présentée comme une matière fabuleuse mais informe appelant nécessairement une vision forte. Et c’est là que le film devient, malgré lui, profondément bête. Car en croyant analyser les mécanismes du pouvoir cynique, le film finit par dire l’inverse de ce qu’il pense dénoncer. Il fabrique un récit où Poutine apparaît comme le seul à posséder une vision, une cohérence, une capacité à ordonner le chaos.

Ce qui demeure le plus intéressant, paradoxalement, ce sont les coulisses. Les fragments, les marges, ce que le film laisse entrevoir sans le penser. Mais même la confrontation annoncée avec le journaliste échoue. Le film rate son propre dispositif dialectique. Il n’y a pas de véritable affrontement des idées, seulement une exposition à sens unique.

Quelle lecture en tirer ?
Au final, le film croit disséquer une mythologie politique alors qu’il en reconduit les fantasmes les plus paresseux. Une œuvre qui prétend analyser le cynisme du pouvoir tout en lui offrant, sans le savoir, une élégante justification.
cédric l.
cédric l.

23 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2026
Dans ce film d'Olivier Assayas, il est curieux de voir que Vladimir Poutine n' a qu'un second rôle, mais l'emprise qu'il a sur tous les protagonistes est Omni-Présente, c'est dire "l'EGO" du personnage. Quand on a connu la dureté, la rigueur de l'Union Soviétique, ça peut expliquer Pourquoi les Russes sont aussi exigeants et on cette manie de tout vouloir contrôler, diriger, posséder, etc... Paul Dano incarne un arriviste, qui a le privilège de côtoyer le "Gratin" Moscovite et d'être le confident de Poutine, mais il va vite réaliser qu'il est pris au piège. Alicia Vikander semble prendre beaucoup de plaisirs à jouer les Jet-Setteuse, loin des "ambitieux", des "sbires", ou des" loups" qu'on retrouve au Kremlin. Elle irradie le film de sa beauté et de sa féminité. Quant à Jude Law, il fait le job en Incarnant le Président Russe (même si pour ma part, c'est un rôle impossible à jouer). Ce film est l'adaptation du Roman Eponyme de Giuliano de Ampoli. On comprend vite que le Peuple Russe est à part, "Unique" en son genre, ce n'est pas n'importe qui, qui peut y vivre et/ou y briller.
Gbo
Gbo

5 abonnés 4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Vu en avant-première, après avoir lu le roman.
Excellent film, tourné "à l'Américaine", captivant, palpitant, mais surtout effrayant, et qui devrait être vu par tous ceux qui doutent encore des intentions de la Russie contemporaine et qui cherchent à comprendre comment on peut en arriver là...
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Olivier Assayas parvient à mettre en scène, un scénario qui balaye l'histoire de la Russie de ces quarante dernières années.

Flot ininterrompu de dialogues très très dense ( peut être un peu trop ). Intéressant et même malgré ses 135 minutes, trop court !

On retrouve l'ambiance du récent " Limonov " de Kirill Serebrennikov .

Olivier Assayas, montre une fois encore que c'est avec les scénarios politiques et historiques qu'il est le plus à son aise. " Le mage du Kremlin " me semble même représenter un de ses opus les plus réussis.
Emmanuel d
Emmanuel d

29 abonnés 140 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 janvier 2026
Absolument pas crédible, méconnaissance totale de la Russie
À fuir tellement l’image de la Russie est faussée et travestie
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Ai vu « Le mage du Kremlin » d’Olivier Assayas d’après le livre de Giuliano da Empoli. Une fois de plus Assayas nous livre un film essentiel, synthétique avec du grand cinéma … S’il est foncièrement étrange d’entende parler américain dans les bureaux du KGB et dans les salons du Kremlin et que l’on ne se fait jamais vraiment à cette invraisemblance gênante, l’on comprend bien naturellement que nul acteur russe n’aurait accepter au péril de sa vie de jouer dans ce brûlot géopolitique. Les acteurs américains sont extraordinaires et tout principalement Jude Law qui est absolument impressionnant de froideur, de raideur et de véracité. Il a refusé toute prothèse pour interpréter un Vladimir Poutine plus vrai que nature. Paul Dano tient le film de bout en bout avec son personnage cynique, stratège qui amène Poutine au pouvoir et dont il deviendra le conseiller le plus proche. Les 2h30 passent à toute vitesse tout en prenant son temps avec rythme et tension. Après la chute du mur de Berlin, l’URSS s’effondre pour laisser place à une liberté culturelle et à des rêves d’occidentalisation, une voie vers la démocratie s’ouvre alors que les oligarques avec voracité s’emparent du pouvoir économique. Certains nostalgiques d’une grandeur de la Russie et d’une rigueur, dont Vadim Baronov (Paul Dano) vont amener un ancien agent du KGB au sommet du pouvoir, Vladimir Poutine (Jude Law). Celui-ci échappera très rapidement à tout contrôle. Des années plus tard Baronov se confie à un journaliste (Jeffrey Wright) le film reviendra sous forme de flashbacks sur toutes les étapes capitales de cette ascension. Le film toujours très fluide a un éventail de genre très large, thriller, politique, action, romance, enquête, espionnage… On peut reprocher une voix off trop bavarde et trop présente mais le film est passionnant et fait souvent froid dans le dos. En 2h30, trente années d’histoire qui nous permettent de mieux nous y retrouver dans le marasme actuel.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2026
Au sommet du cynisme

Depuis 1986, Olivier Assayas aime à changer de genre pratiquement à chacun de ses films. Par exemple, rien que depuis 2018 il a enchaîné un thriller fantastique, une comédie romantique, un film d’espionnage et une comédie dramatique. Cette fois avec ces 135 minutes, il a choisi le thriller politique. Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine. C'est sans doute ça, la magie du cinéma : raconter la Russie du nouveau tsar et de son conseiller très spécial, en adaptant le roman d'un Italien, en tournant en Lettonie en langue anglaise avec un trio d'interprètes majeurs, un Américain, un Britannique et une Suédoise, le tout dans une réalisation française… Ce « gloubiboulga » international semblait à la base apporter plus d’inconvénients que d’avantages. C’est ce, qu’en tout cas, je craignais par avance, mais, je dois reconnaître que je me suis pris au jeu de cette leçon d’Histoire sur grand écran.
Bien que séduit par le best-seller éponyme de Giuliano de Empoli, Olivier Assayas avait de grands doutes sur sa capacité à l'adapter pour le cinéma : Tout lui faisait peur : Trop abstrait, trop de dialogues ; beaucoup de choses qui allaient de soi dans le roman, réflexions sur le pouvoir, sur l’histoire moderne de la Russie, semblaient plus épineuses au cinéma. Mais sa rencontre avec le scénariste Emmanuel Carrère, un ami de longue date, a été décisive. Ils ont recréé une plongée au cœur du système, dans laquelle Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable, qui incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination. Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une immersion dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille. Tout comme Limonov, la ballade, ce film a été tourné en Lettonie. - seules les scènes du Cap d’Antibes et de la Riviera ont été tournées dans le Midi de la France -. Pour les besoins du roman – puis du film, « l'homme qui murmurait à l'oreille de Vladimir Poutine », est inspiré en partie de Vladislav Sourkov. Nous naviguons donc entre l’histoire et la fiction, tout comme, durant sa confession, il s'inscrit en permanence entre vérité et mensonge, alimentant ainsi sa légende et exalter son influence. Véritable kaléidoscope d'une époque, d'un pays, d'un pouvoir et d'un homme qui le personnifie et de sa complicité permanente avec le Mal.
Bien sûr, il était hautement improbable que le cinéaste trouve des acteurs russophones qui acceptent le risque de jouer dans un film critique vis-à-vis de Poutine. Alors, le choix s’est porté sur une distribution américaine haut de gamme. Paul Dano est assez fascinant, mais ce n’est pas une surprise. La question restait le choix de Jude Law pour incarner le nouveau tsar. Même s’il faut saluer sa performance, je n’ai pu m’empêcher pendant tout le film de le voir « jouer » Poutine. Pour le reste, c’est du nanan avec Alicia Vikander, Tom Sturridge, Jeffrey Wright, Will Kean. D’une sortie du communisme aux allures vivifiantes, d'une liberté culturelle flashy et avant-gardiste aux développements de la télé-réalité, de la mort de la politique jusqu'à l'embaumement d'une démocratie vidée de sa substance, les images s'enchaînent sans relâche. C’est vif, nerveux, décapant, mais surtout d'une vérité glaciale et terrifiante
V. F.
V. F.

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2026
Lecteur assidu d'AlloCiné depuis ma tendre adolescence, j'ai passé des heures à décortiquer les avis lors des avant-premières auxquelles je n'avais pu assister, ou à écouter les bandes originales en amont des sorties. Ainsi, voyez ma critique comme un remerciement aux passionnés de cinéma – que je suis devenu – et surtout un grand merci à Michel (et à Michel). C'est donc avec une certaine émotion que je me lance aujourd'hui pour ma toute première critique, afin d'inaugurer la page de ce film qui fera date : Le Mage du Kremlin.
​Adapter le roman de Giuliano da Empoli en ces temps troubles, où le conflit russo-ukrainien sature notre quotidien médiatique et émotionnel, était un pari risqué. Le film aurait pu diviser. Or, mon constat est sans appel : c'est une œuvre historiquement clivante, mais cinématographiquement fédératrice. Le tour de force d'Olivier Assayas est d'avoir réalisé un film qui rassemble l'échiquier politique, des deux extrêmes aux modérés. Durant 2h30, pro-russes, pro-ukrainiens et spectateurs sans avis ont cohabité et cohabiteront dans la salle face au grand écran, captivés, sans esclandre ni scandale, même si ce qu'ils s'apprêtent à voir a ensanglanté (et pas que d'encre) les dernières décennies.
​Pourquoi ? Parce que le film choisit une approche non partisane et romancée. À travers le regard de Vadim Baranov (le conseiller fictif mais tellement réel incarné par un Paul Dano impérial), nous traversons 40 ans d'histoire russe. De la chute de l'URSS à l'ascension fulgurante de l'ancien du KGB à la tête de la Fédération, tout y passe : le laiteux Gorbatchev, le vieux Eltsine, le dramatique Koursk, la saignante Tchétchénie (et ses terroristes qu'on ira chercher "jusque dans les chiottes"), l'orange Maïdan, l'olympique Sotchi.
​Le casting crève l'écran. Paul Dano offre une performance tout en nuances, magnifiquement épaulé par Jude Law en Vladimir Vladimirovitch et Alicia Vikander en sinueuse Xenia, qui apportent tous deux une intensité rare. Le duo Assayas (réalisation) / Carrère (scénario) nous livre un film de haut vol, ni politiquement correct, ni incorrect, mais profondément empreint de cette insaisissable âme slave.
​Un film magnifique et nécessaire. J'espère que cet avis après l'avoir vu en avant-première vous convaincra de le découvrir dès sa sortie nationale le 21 janvier, ou de lire le livre d'ici là. J'ai désormais hâte de lire les critiques de la presse, car il y a ici matière à de grands débats.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 janvier 2026
Voilà un film bien décevant, moi qui attendais avec impatience un film original, croustillant et oserais-je le dire plein d’un mix humoristique russo-franco-britannique.

Il n’en est rien, mais alors vraiment rien. C’est terriblement empesé, prétentieux, long et sans aucun suspense.

spoiler: Pire deux des interprètes essentiels: Paul Dano pour Vadim Baranov et Alicia Vikander alias Xenia (la femme de sa vie) se regardent jouer durant les 2h30 du film, surjouent la supposée hauteur intellectuelle, la délicatesse et la ruse mais ça ne prend pas du tout
. Le résultat est peu supportable. Heureusement Jude Law en Poutine brutal et impitoyable est plutôt bon et sauve la mise mais paradoxalement il apparaît finalement malheureusement bien peu. Egalement Tom Sturridge jouant Dimitri Sidorov est bien convaincant.

Enfin peut-être le plus gros point noir : le film est intégralement (dans sa version originale), interprété en anglais, tous les russes de ce film se parlent entre eux en …anglais!!!
Le film qui n’est déjà qu’assez peu crédible, devient dès lors non seulement totalement invraisemblable, mais il ne véhicule pas le charme très particulier de cette langue slave certes difficile mais magnifique et puissante.

Bref beaucoup de déceptions, après m’être délecté d’une bande annonce qui était pourtant bien prometteuse.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2026
Film intéressant qui, comme toutes les docufictions, impose d'aller chercher dans Wikipedia et d'autres sources, la connexion à la réalité...
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