Adaptation du roman du Giuliano da Empoli de 2022, par Olivier Assayas qui nous replonge dans un passé post guerre froide et nous propose une fiction étayée des arcanes de l’ éclosion de l’ ère « Vladimir Poutine ». On se doute que « tourner » en Russie aurait été délicat, pour ne pas dire plus, la reconstitution de Moscou, ou Saint-Pétersbourg et même les paysages suédois se déroulent en Lettonie. Les paysages sont magnifiques, y compris ceux du cap d’ Antibes, quant à eux, véridiques. Un énorme travail de documentation se manifeste dans les détails de décors, du bureau reconstitué de Poutine ( mobilier, téléphones, vaisselle ) mais aussi dans les attitudes et vocabulaire des acteurs principaux. Notamment, Paul Dano qui interprète le conseiller Vadim Baranov, métamorphosé et très investi dans ce personnage à qui Poutine doit son ascension. Egalement Jude Law en Vladimir Poutine, sans utilisation de quelconque prothèse, dont on retrouve immédiatement le regard froid et perçant. Dans un film, un peu long, près de 2h 30, c’est la suédoise Alicia Vikander, ex-danseuse, au registre cinématographique étoffé, dont Anna Karenine, et d’ autres rôles marquants dans le domaine de l’ espionnage, dans la saga d'action Jason Bourne, ou celui récompensé dans « The Danish Girl » qui apporte sa touche de vie et de gaité dans cet environnement aussi froid que les coulisses du pouvoir et la température extérieure, et retient toute notre attention en tant que Ksénia. On appréciera un excellent casting, et quelques pistes explicatives de l’ ambition inconsidérée d’ un personnage majeur de notre réalité politique contemporaine, même si cela relève de l’ impossible…..!!**