Un bon film, très soigné, bien filmé, bien monté, on sent un souci de l’esthétique de la part de Olivier Assayas , que l’on connait comme un bon cinéaste, plutôt chic et élégant .
Mais c’est vrai que l’on peut se poser la question de ce qu’amène le film par rapport au livre.
En effet c’est l’écriture remarquable du roman de Giuliano da Empoli qui en faisait une œuvre forte et puissante. Au-delà de la description de l’accession au pouvoir de ce duo, c’est aussi une analyse très pertinente du pouvoir, de l’attraction, de la domination, du pouvoir de l’argent, des médias. On va même au niveau de l’analyse des civilisations, et de l’évolution des systèmes politiques dans l’histoire.
Mais le challenge du film résidait dans l’adaptation de ce très beau texte, de la discussion, de l’écrit, du verbe, des dialogues. Et là on peut dire que le pari de Assayas n’est pas réussi. Il manque du souffle, du panache, de l’innovation, pas de l’action « en tant que telle » puisqu’il n’y en a pas, mais quelque chose qui aurait amené une différentiation par rapport au livre, un plus.
Au final le livre est mieux construit, plus cohérent, il faut le lire.
Le film parait souvent long, trop de dialogues, trop de dissertation, même si il constitue aussi un magnifique document sur 30 années cruciales de l’histoire de l’ URSS.
Les acteurs sont pourtant tous excellents, magnifique composition du trio principal, et surtout que de chemin parcouru pour le petit autiste de « Little Miss Sunshine »