Aussi étrange que cela puisse paraître, "Le Mage du Kremlin" est bel et bien un film français, malgré son casting international et son histoire se déroulant en Russie. Retraçant les débuts de Vladimir Poutine d'un point de vue extérieur (même si l'intrigue globale s'étant sur plus de 30 ans), le projet me paraissait plutôt intrigant dans sa proposition. Et globalement, si c'est ce qui vous intéresse au sein de ce film, vous ne serez pas déçu. Interprétée par Jude Law, la représentation de Poutine est vraiment réussie, autant physiquement que dans la manière de le retranscrire. Ses apparitions sont toujours marquantes, et on comprend bien vite comment un homme comme lui a réussi à prendre le pouvoir. En effet, le film nous plonge donc dans une période de changement pour la Russie, et je dois dire que c'est le gros point fort du récit. En plus de parfaitement retranscrire cette époque dans ces décors, on comprend bien l'état dans lequel il était après la fin de la guerre froide. Thématiquement, on assiste alors à une libération des mœurs, avant un retour à un régime plus strict via l'arrivée de Poutine. Dans son déroulé, le film est donc bien construit et il traite de choses plutôt intéressantes. Maintenant, il ne faut pas se mentir, cette vision reste quand même très clichée. Nous sommes encore sur ces poncifs habituels qui vont montrer le régime russe comme très oppressif et froid, alors que l'on sait que c'est finalement bien plus complexe que cela. Et sur ce point, le long-métrage déçoit donc, car s'il avait l'interprète parfait pour raconter cette histoire et qu'il montre quelque chose de différent dans sa première heure, il retombe vite sur des éléments connus. Et honnêtement, à partir du moment où cela devient aussi caricatural, je dois dire que je me suis progressivement désintéressé du film. Ne dévoilant plus rien de très intéressant, la dernière heure s'avère vraiment longue à regarder, et nous fait vraiment nous demander si une durée aussi importante était nécessaire. Surtout que, en plus de ces poncifs, le rythme perd également en intensité à cause du montage choisi. Surchargé de fondus au noir assez mal gérés, on a tendance à vite se lasser de ce genre de technique de réalisation très banale. Le film ne nous prend donc pas aux tripes, et on en ressort finalement assez déçu. Par conséquent, si l'idée était intrigante, l'exécution laisse à désirer, surtout dans cette approche encore trop clichée de la Russie, qui semble ne pas être réservée aux Américains. Pour conclure, un projet finalement un peu oubliable.