Embarras !
Je suis – du verbe « suivre » -, avec plus que de l’intérêt la filmographie de Jean-Pierre Améris depuis 2010 et Les émotifs anonymes. Et j’ai rarement été déçu. Aussi, ai-je abordé sa nouvelle comédie avec la plus grande confiance. Et… patatras ! Dans le train pour Genève, Victoire, une passagère envahissante, croise Antoine Toussaint, son idole, une grande vedette de la chanson française. Entre lui, au bout du rouleau, et elle, débordante d’énergie, la rencontre sera explosive… L’idée de départ est excellente, mais voilà, le scénario ne tient la longueur et après un 1er tiers, ces 90 minutes paraissent longuettes et d’une banalité confondante. Une grosse déception.
Après La joie de vivre, Marie Heurtin, Une famille à louer, Je vais mieux, Illettré ou Marie-Line et son juge, on était en droit d’attendre autre chose de ce nouveau film. Améris a un don pour aborder les sujets graves avec distance et humour. Cette fois – et c’est décidément très dans l’air du temps -, son film nous parle du suicide assisté. Mais voilà, à l’inverse de l’excellent On ira, ça ne fonctionne jamais, à cause, d’une part, je l’ai dit d’un scénario trop faiblard et, d’autre part, du numéro de cabotinage d’un casting pourtant alléchant. On est loin de Billy Wilder. La mise en scène très colorée avait de toute évidence pour but d’échapper au naturalisme. Mai de là, à gommer toute vraisemblance aux différents événements qui émaillent ce film, il y avait un pas qu’il ne fallait par franchir. La volonté louable de mêler la tendresse, voire la mélancolie, des comédies américaines de la grande époque et quelques réflexions existentielles sur la fin de vie, la solitude etc. fait flop car une fois de plus, ce film ne tient pas ses promesses et s’essouffle trop rapidement, obligeant les acteurs et actrices désemparés à trop en faire pour combler le vide. Attendez donc une soirée télé sur TF1 avec votre plateau repas, ce sera moins cher et plus confortable.
Valérie Lemercier et Gérard Darmon avaient déjà tourné ensemble dans un nanar XXL la comédie (?) Bienvenue à bord en 2011. Ils ont eu tort de récidiver. Ils ont victimes – comme les spectateurs -, d’une avalanche de bons sentiments. Patrick Timsit fait du Timsit ! Et même la délicieuse Alice De Lenquesaing – Otez-moi d’un doute, Edmond, L’événement -, est tout sauf convaincante. L’ensemble est victime d’une grande paresse d’écriture, qui n’est pourtant pas habituelle chez Améris, qui, pour son 15ème film, a raté la marche. C’est tellement prévisible que c’en est presque risible. Son 16ème opus, Danse ta vie, est déjà attendu… Espérons !