Hasard du calendrier des sorties, la réalisation extrêmement touchante de Laura Wandel, prolonge une suite de thématiques autour de l' hôpital. Dit comme cela, ce n' est pas très racoleur, et pourtant ce film mérite une attention soutenue, ne serait ce que pour les prestations respectives de Léa Drucker ( Lucy ), Anamaria Vartolomei ( Rebecca ) ou le petit Jules Delsart ( Adam ). Et quel rôle encore pour cette infirmière dévouée, devant gérer à la fois la difficulté du quotidien médical avec son lot d' imprévus, mais aussi de situations tellement délicates, et "border-line", voire plus, concernant le règlement. Au centre du drame familial et médical, le petit Adam, livre une interprétation irréprochable, avec un regard puissant, face à une maman ( Anamaria Vartolomei ) si fatiguée, tellement en détresse. Mise en scène suffocante, avec caméra à l' épaule pour témoigner du mouvement sans relâche, un décor centré sur les couloirs, chambres et salles d" infirmières, comme pour assombrir encore le tableau. Ce film rejoint tout à fait l' esprit et l' ambiance du précédent "En première ligne". Léa Drucker vue à nu, comme rarement. Bouleversant......!!**
Léa Drucker est, comme toujours, impeccable dans le rôle de Lucie, une infirmière en pédiatrie (sur)investie. Cependant, on peut clairement regretter le choix du scénario de ne pas donner d'explication sur le comportement de la mère d'Adam, ce qui empêche d'être en empathie avec le personnage, interprété par Anamaria Vartolomei. Sans ces explications, au contraire, ses tergiversations et son comportement puéril et égoïste ont raison de la sympathie naturelle suscitée par sa relation touchante avec son fils. Personnellement, à cause de ce défaut originel, j'avais hâte que le film se termine alors qu'il n'est pas très long.
L’intérêt d’Adam de Laura Wandel signe une performance exceptionnelle de Léa Drucker en infirmière d’un service de pédiatrie. Elle donne tout ce qu’elle peut pour un enfant dont les problèmes de malnutrition ont tout autre chose à voir que son estomac. Peut importe le jeu moyen de la mère, du père et de l’enfant, Léa Drucker m’a bluffé.
Avec son deuxième film, Laura Wandel confirme qu’elle est bien plus qu’une promesse du cinéma social belge. Après UN MONDE, qui observait le harcèlement scolaire littéralement à hauteur d’enfant, elle déplace ici son regard vers l’hôpital et raconte l’histoire d’Adam, 4 ans, hospitalisé pour malnutrition sur décision de justice. Dans les deux cas, elle montre comment des cadres censés protéger l’enfant peuvent paradoxalement l’écraser ou le mettre en danger.
La mise en scène, d’un naturalisme quasi documentaire, se transforme vite en véritable thriller. Collée à l’épaule de l’infirmière Lucy, caméra portée et plans-séquences plongent le spectateur dans une nuit étouffante, rythmée par des dilemmes moraux permanents : obéir au règlement ou tendre la main à une mère en détresse ? Cette immersion en quasi temps réel rend le récit oppressant et palpitant.
En toile de fond, le film dresse aussi un portrait glaçant d’un système hospitalier épuisé : manque de moyens, pression sur les soignants, défiance des patients, sexisme ordinaire. Wandel capte cette réalité sans didactisme, à travers le vécu intime de ses personnages.
Le récit repose entièrement sur le trio central. Léa Drucker impressionne dans le rôle de Lucy : sobre, précise, elle incarne une femme partagée entre le professionnalisme et l’élan de la compassion. Anamaria Vartolomei apporte toute la complexité nécessaire à cette mère fragile et obstinée, dont l’amour maternel se mêle au désespoir et à l’entêtement. Et comme dans UN MONDE, Wandel révèle un incroyable talent de direction d’acteurs enfants : le jeune Jules Delsart est bouleversant de naturel, rendant palpable l’innocence et la vulnérabilité de son personnage.
La cinéaste filme sans juger, refusant tout pathos, et c’est précisément cette retenue qui donne à l’émotion sa puissance. Certains spectateurs pourront reprocher au film son intensité suffocante et ses situations parfois attendues, mais son format court (1h13) en fait une œuvre tendue et profondément humaine.
Ai vu « L’intérêt d’Adam » de Laura Wandel présenté au Festival de Cannes 2025 dans la Sélection « La semaine de la Critique ». J’étais très attiré par ce film car il réunit au casting deux des actrices françaises les plus intenses, Léa Drucker et Anamaria Vartolomei. Très rapidement on comprend que la réalisatrice a du mal à cerner UN sujet, même si l’on doit reconnaitre tout le versant documentaire et très juste qu’elle apporte aux situations. Mais le film s’éparpille trop entre la maltraitance maternelle, un service hospitalier débordé (sujet qui commence à être rabâché au cinéma), une infirmière qui franchit toutes les limites du cadre de son emploi, un enfant en mauvaise santé manipulé par sa mère… pour un long métrage qui fait 1h15 l’intérêt aurait été d’être le plus concis et le plus mordant possible. Il n’y a aucune place à la psychologie ce qui fait que l’on a un mal fou à s’attacher à ses deux personnages peu sympathiques dont on ne comprend pas toujours les actes. Les deux actrices sont très impliquées, mais on sent que c’est l’écriture de la partition qui pose problème. On se laisse porter tout comme la caméra à l’épaule en passant d’une chambre à l’autre et d’une complication à une autre mise en danger sans jamais être vraiment concerné. Le film n’a pas l’intensité du récent et très bon « En première ligne » de Petra Biondina Volpe (2025) ni la véracité de l’excellent documentaire « Madame Hofmann » de Sébastien Lifshtiz (2024). Alors on regarde sans émotion ni grand intérêt, cette mère débordée par ses émotions (Anamaria Vartolomei) et qui représente un danger pour son enfant (excellent Jules Delsart) et cette infirmière dépassée par son service (Léa Druckler) qui ne peut faire front et qui outrepasse les ordres de sa hiérarchie.
Un drame touchant sur le quotidien éreintant des agents hospitaliers, qui plus est dans un service pédiatrique. C'est là que travaille Lucie, une infirmière en chef : nous allons la suivre pendant quelques heures tenter de gérer une situation pénible et compliquée impliquant une mère et son enfant de 4 ans ne voulant pas s'alimenter et mettant ainsi sa vie en danger. Cette immersion est prenante, on se rend compte de la force mentale qu'il faut pour faire ce type de job. Ce film nous montre aussi les limites du système, l'hôpital public ne peut pas régler tous les problèmes psychologiques ou familiaux de tous les cas, même si le personnage incarné par une Léa Drucker "en croisade" force le respect. Puissant et agaçant à la fois (la mère !!). Site CINEMADOURG . free . fr
Ce film montre à quel point le quotidien d’un soignant à l’hôpital public est compliqué et que leur rôle va au-delà des soins « classiques ». L’histoire d’Adam démontre parfaitement la dimension sociale de ce métier. Mention spéciale pour le petit qui jouait très bien. Aucun ennui, un bon jeu.
J'ai moyennement aimé le film. Forcément, je comparais avec le (très bon) film suisse En première ligne, sortie qq semaines avant, et qui était exactement dans le même genre. J'ai trouvé L'intérêt d'Adam vraiment pas très crédible. L'infirmière jouée par Léa Drucker est excessive dans ses actes et ses paroles, et on ne comprend pas bien en plus la problématique de la mère. J'étais contente que le film se termine quoi...
"l'intérêt d'adam" assez bien noté par la critique, présente cette année au festival de Cannes (semaine de la critique) est un drame social avec des qualités. Laura Wandel, la réalisatrice belge, présente aux spectateurs un huis clos poignant se déroulant dans un hôpital. Le film illustre les failles d'un service de pédiatrie et des services sociaux, mettant en avant les interprétations puissantes de Léa Drucker (l'infirmière) et d'Anamaria Vartolomei (la mère), ainsi que du jeune Jules Delsart (Adam). Malheureusement, le récit met un certain temps à démarrer et le scénario s'avère un peu limité.
Quelques semaines après Première Ligne, convaincant dans sa description des conditions de travail à l’hôpital mais trop scolaire et prévisible, Laura Wandel livre avec L’Intérêt d’Adam un thriller hospitalier d’un tout autre calibre, parcouru de bout en bout par une tension palpable.
En 1h13 seulement et dans un cadre volontairement resserré, la réalisatrice installe une atmosphère suffocante. Elle ne porte jamais de jugement moral sur les défaillances d’une mère en difficulté, préférant placer le spectateur face au même dilemme que l’infirmière : où réside vraiment l’intérêt de l’enfant ? Une identification renforcée par une mise en scène immersive, la caméra suivant souvent son héroïne de dos, à hauteur de nuque, comme si l’on dirigeait un personnage de jeu vidéo.
Léa Drucker, parfaite de bout en bout, une nouvelle fois, et que l'on reverra tout aussi impressionnante en octobre dans le nouveau film de Dominik Moll, Dossier 137, confirme qu'elle est définitivement l'une de nos plus grandes actrices actuelles.
Anamaria Vartolomei n'est pas en reste et poursuit la construction d’une filmographie singulière et exigeante, après avoir travaillé avec Audrey Diwan, Bruno Dumont ou encore Bong Joon-ho.
Le film souffre toutefois de seconds rôles parfois trop caricaturaux, tant dans l’écriture que dans l’interprétation. Mais cette réserve ne ternit pas l’ensemble : huis clos social et intime, L’Intérêt d’Adam allie tension dramatique, justesse émotionnelle et regard lucide sur un système hospitalier en crise.
Excellent film, remarquablement interprété et qui défend des valeurs humaines, mais qui, dès lors qu'il s'aventure en dehors des murs de l'hôpital, devient légèrement moins subtil, moins précis, légèrement plus maladroit.
Le scénario décrit presque en temps réel ( l'action se déroule sur un temps très court de l'ordre de quelques heures ), la tentative d'une infirmière d'aider une mère menacée ( en raison de son comportement inadapté) de perdre la garde de son fils de quatre ans qu'elle élève seule.
Sorte de prequel de " jeunes mères" des frères Dardenne, prix du scénario ( cannes 2025 ) et porté par son sujet, " l'intérêt d'Adam " n' est pas dénué d'intérêt mais en perd aussi par le manque de caractérisation des personnages ( A la différence du film précité des Dardenne).
On ne saura pas grand chose ( du moins pas suffisamment) pour comprendre ce qui est arrivé en amont à la jeune femme pour expliquer ( ou du moins tenter de le faire) son attitude à l' égard de son enfant.
A voir, mais le scénario par son manque de complexité m'a malheureusement laissé un peu sur ma faim. Présenté à la semaine de la critique ( Cannes 2025).