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Faustine_rchd
22 critiques
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4,0
Publiée le 21 juin 2026
Très bon film très réaliste qui tiraille le spectateur entre l’empathie à l’égard d’une mère prête à tout pour garder son enfant et la nécessité de le soigner loin d’elle. Léa Drucker incarne parfaitement la difficulté que peuvent avoir les médecins à prendre de la distance avec ceux qu’ils soignent, quitte à s’oublier.
L’intérêt d’Adam Laura Wandel avait été repéré et m’avait secoué avec son premier long métrage « Un monde » sorti en 2022 et présenté à Cannes dans la section « Un certain regard ». Pour traiter du harcèlement scolaire, elle usait du même process que dans celui-ci : caméra à l’épaule, au plus près des protagonistes ; un film très immersif à nouveau. Là où dans son premier film, l’astuce scénaristique hyper maline était de prendre un pas de côté et de montrer le harcèlement par le regard de la petite sœur du garçon harcelé ; ici on est hyper frontal. Lucie, infirmière en pédiatrie, prend en charge une mère de famille isolée avec son fils souffrant de malnutrition. Excessive dans sa fusion maternelle, elle met en péril la santé de son jeune fils ; elle est maltraitante malgré elle et n’a aucune confiance envers les institutions. Durant ce film à l’os, 1h13 seulement, la tension est constante. L’infirmière va essayer de sauver la relation mère-fils contre l’avis les services sociaux et un possible placement de l’enfant. Donc on veut nous montrer les difficultés de l’hôpital à prendre en charge correctement les difficultés sanitaires et sociales des patients borderline. Même si tout le long du film, on peut penser qu’avec plus de moyens on pourrait accompagner mieux les souffrances ; on voit aussi légitiment un enfant en danger avec sa mère. Cet enfant ne serait-il pas mieux placé pour quelques temps ? Les liens du sang et maintenir une relation maternelle à tout prix n’est-elle pas aussi dangereuse ? De nombreuses histoires nous l’ont prouvé. Et en cela, le film loupe selon moi sa cible ; à vouloir défendre des relations parentales nocives. Et puis aujourd’hui, le cinéma regorge de « fiction immersive » ; à croire que l’on ne sait pas raconter autre chose ou autrement. De fait, en quelques semaines sortait ce film et son pendant autrichien « En première ligne » avec le même dispositif mais à la tension démultipliée. Donc on pourra regretter l’effet un peu trop mécanique du procédé : conflit conjugal – faille parentale- couperet légal – tentative de sauver la relation mère fils. Donc un peu trop démonstratif à mon goût ; tout comme l’aspect catalogue des situations sociales complexes (appartement surpeuplé, violences conjugales, conséquences familiales d’un avortement,…) que gère l’infirmière. 1h13 de film suffisait pour se concentrer sur son thème principal et éviter la dispersion. Reste tout de même un film sec et tendu qui évite tout jugement moral et porte un regard empathique sur les gens et les situations. Laura Wendel est une cinéaste belge dans la lignée des Dardenne qu’il faudra assurément suivre dans les années à venir après ces deux premiers films forts ; même si ma préférence va plus au premier qu’à celui-ci. Et puis, il y a son duo de comédienne avec Annamaria Vartolomei que j’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver et Léa Drucker qui en toute discrétion se construit une cinématographie assez exemplaire dans le cinéma français. Pas indispensable mais à recommander aux amateurs de cinéma social belge brut
Histoire intéressante qui soulève plein de questions sociales. Je reste tout de meme sur ma faim mais c’est le but je pense. J’ai tout de même apprécié le moment.
Le film est court mais va droit à l’essentiel. Léa Drucker est de toutes les scènes et, comme d’habitude, elle est parfaite — pour moi clairement la meilleure actrice de sa génération. A ses côtés, Anamaria Vartolomei est à jeu égal, elle est bluffante. Tout comme le petit garçon, incroyable pour son âge.
On suit la soirée de cette infirmière en chef d’un service pédiatrique, presque comme dans un documentaire. Il y a une émotion sèche, brute, sans artifice.
Mise en scène, scénario, interprétation, tout est parfait. Un film coup de poing, qui prend aux tripes, radical, poignant, bouleversant, et au final essentiel.
Alors ça c'est du film réaliste.. moi je dois avouer que je n'ai pas relevé la tête de l'heure et quart tant ça m'a brassé... c'est fou comme on peut être en immersion dans la vie de l'infirmière et c'est vraiment incroyable.. en plus Léa Drucker joue superbement bien et l'histoire est terriblement gênante et émouvante car suivre l'histoire de cette mère qui maltraite son enfant en ne le nourrissant pas est vraiment bouleversant et dérangeant.. bravo bravo !
L'intérêt d’Adam de Laura Wandel est un drame familial hospitalier à la durée aussi resserrée que son cadre (73 minutes). Adam (Jules Delsart) 4 ans est hospitalisé pour malnutrition. Sa maman Rebecca (Anamaria Vartolomei), en détresse, voit son lien maternel rationné par décision de justice. Lucie (Léa Drucker) infirmière pédiatrique, va se démener dans l'intérêt d’Adam.
L'alimentation d'Adam est 'ingrédient central de cette affaire entre décision du juge de la protection de l'enfance, l'instinct parental et le devoir de soigner. Ce film relate 3 tranches de vie. Il se veut intime par l'usage d'une profondeur de champ chirurgicale très courte. L'usage constant du bokeh isole les visages dans un flou indigeste, comme pour souligner l'incapacité des institutions à saisir la globalité du drame.
Lucie court tout le temps. Et du temps elle en demande tout le long du film, 5 minutes par-ci, 1 heure par-là. On la suit dans des plans séquence caméra à l'épaule, où elle, comme le spectateur, s'épuise. Le scénario semble en carence. L'intrigue perd de sa saveur.
Une fin en sortie de route. En sortant du cadre de l'hôpital, le récit semble se perdre. Cette conclusion abrupte, qui dévie du devoir des unes et des autres, finit paradoxalement par nous laisser sur notre faim.
Un film dont la recette, malgré de bons ingrédients, ne tient pas ses promesses.
Laura Wandel signe un film presque documentaire, une plongée avec une infirmière en pédiatrie (Léa Drucker) le temps de quelques heures. Celle-ci, elle-même mère célibataire, est touché par le cas d'un enfant de 4 ans qui ne s'alimente pas correctement, et de sa mère désespérée. "L'intérêt d'Adam" prend aux tripes, avec une durée courte (à peine 1h13) qui donne l'impression d'un quasi temps réel, une caméra à l'épaule immersive, et de très bons acteurs. Léa Drucker en infirmière qui outrepasse largement ses fonctions pour faire du social plus que du médical. Anamaria Vartolomei en maman déboussolée, dangereuse pour son enfant. Même le petit Jules Delsart est convaincant en môme de 4 ans troublé ! Je suis en revanche gêné par le dévouement sans borne du personnage de Léa Drucker, qui tente tout pour ne pas séparer la mère et l'enfant... alors qu'il apparait assez vite que celle-ci est toxique pour lui ! En résulte plusieurs invraisemblances, dommage car "L'intérêt d'Adam" aurait pu constituer un très solide drame hospitalier.
Malaisant et anxiogène, le film ne passe pas par quatre chemins pour illustrer notre rapport aux autres, autour d'un cercle vicieux presque incontrôlable. La mise en scène est étouffante, l'écriture sublime. Et au milieu de ça, une phrase glaçante. Petit choc.
DRUCKER se donne corps et âme, en infirmière exemplaire. Vartolomei en mère complètement désemparée est formidable. Et n’oublions pas le petit Jules, qui joue tellement bien qu’on dirait que c’est un vrai malade… Intense mais trop chirurgical… Pas de musique, des couloirs de prison, une administration suffocante en opposition à cette humanité nécessaire à la guérison. Pas de musique ! Et des déambulations rapides, caméra à l’épaule, nous emmenant sans émotion dans les couloirs de cet hôpital. Trop glacial !:
Dès les premières minutes, "L’Intérêt d’Adam" s’inscrit dans une réalité tristement familière : celle d’hôpitaux français à bout de souffle, rongés par l’urgence permanente. Au centre du film, Léa Drucker incarne une infirmière en service pédiatrie avec une justesse saisissante. Elle habite son rôle sans jamais forcer l’émotion, faisant exister un personnage épuisé, mais encore profondément habité par le sens de son métier. Son jeu repose sur des gestes précis, des silences, des regards qui trahissent l’usure autant que l’obstination. Son personnage se retrouve confronté à Adam, un enfant dont la situation familiale pose question. Le film montre alors comment, dans ces institutions fragilisées, la frontière entre soin, protection et intrusion devient floue. Chaque décision prise « dans l’intérêt de l’enfant » semble à la fois nécessaire et violente, et pèse lourdement sur les soignants. Si le film peut parfois sembler austère et répétitif dans sa mécanique, il trouve sa force dans l’incarnation magistrale de Léa Drucker et dans sa capacité à faire ressentir la violence sourde d’un hôpital public sous pression.
Quatre ans après "Un monde", un premier long métrage très réussi sur la harcèlement scolaire, Laura Wandel revient avec un film traitant encore d'un sujet difficile. Cette fois-ci c'est le monde hospitalier qui est au coeur de son film, autour de l'histoire d'un petit garçon souffrant de malnutrition, d'une mère totalement perdue et d'une infirmière bien trop impliquée qui va tenter de tout faire pour le mieux pour Adam.
C'est devenu une banalité de dire à quel point Léa Drucker est brillante, mais là encore, elle est confondante d'humanité dans le rôle de cette infirmière luttant bien plus qu'elle ne le devrait pour aider cette mère et son enfant à sortir de la situation dans laquelle ils sont. Mais face à elle, Anamaria Vartolomei est elle aussi assez époustouflante, encore une fois. Face à la caméra de Laura Wandel, elles sont d'un naturel bouleversant. La réalisatrice a opté pour une mise en scène proche du documentaire, qui ne lâche pas son personnage principal. On voit cette infirmière se démener, tout tenter pour aider la mère de son patient, faire face aux difficultés administratives et techniques de son métier. C'est même épuisant pour nous, spectateur, de la voir ainsi aller au delà de son rôle d'infirmière.
D'un réalisme glaçant, "L'intérêt d'Adam" est une nouvelle réussite pour la réalisatrice qui prouve définitivement son talent d'écriture et de mise en scène. D'une grande humanité, le film parvient à la fois à illustrer les difficultés du monde hospitalier, et celles d'une mère célibataire totalement perdue devant accepter l'aide qu'on pourrait lui donner, sans jamais tomber dans le piège pourtant si facile du pathos pour ce genre de sujet, et sans aucun jugement de moral.
Une heure et quart qui en parait le double tant il ne se passe rien dans ce film invraisemblable qui enchaine les scènes stériles. Les motivations des personnages sont insaisissables et les enjeux glissent sur le spectateur.
Je savais plutôt à quoi m’attendre avec le sujet, et le film va clairement là où on l’imagine. Les acteurs sont très bons, surtout Léa Drucker, très juste et crédible dans son rôle. L’histoire est sérieuse, parfois dure, et pose des questions intéressantes sur la responsabilité et les choix à faire. L’ambiance est assez froide et réaliste, on sent bien la pression et le poids des situations. La mise en scène reste sobre et efficace, même si ça peut créer un peu de distance par moments. J’ai trouvé que le film tenait bien sur l’ensemble, mais sans vraiment me marquer durablement. Un film solide et sérieux, intéressant à suivre, mais qui me laisse un peu à distance malgré ses qualités.