L’Intérêt d’Adam
Note moyenne
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136 critiques spectateurs

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setoisd
setoisd

12 abonnés 39 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 septembre 2025
Difficle de mettre une note à ce film, bien filmé avec Léa Drucker toujours excellente, mais qui nous met néanmoins mal à l'aise. On ne comprends pas bien la psychologie des 2 femmes ni ce que ce film veut réellement démontrer. C'est un film qui nous met dans l'immerson d'un hôpital public avec tous les problèmes que l'on connait, c'est un thème beaucoup traité en ce moment (je viens de voir en première ligne). L'empathie de l'infirmière pour la mère paumée est excessive et n'est pas compatible avec sa fonction. spoiler: Elle cherche à sauver une mère vraiment dangereuse et toxique pour son enfant. Il est question de l'intérêt de l'enfant mais le pauvre gosse est bien mal barré avec ces 2 femmes déséquilibrées !

Bravo quand même au jeune acteur qui malgré son jeune âge joue un rôle bien difficile.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2025
Pour son retour sur la Croisette, Laura Wandel nous plonge au cœur d’un service pédiatrique en ébullition. Son nouveau film, L’Intérêt d’Adam, présenté en un seul acte, donne à voir un enchaînement de crises, d’angoisses et de larmes, aussi bien du côté des patients que des soignants. En ouverture de la Semaine de la Critique 2025, le film place la barre très haut, pour le plus grand plaisir de la meute de cinéphiles réunie.

La protection de l’enfance est une lutte que Laura Wandel mène depuis Un Monde. À l’époque, sa caméra se plaçait à hauteur d’enfants livrés à eux-mêmes dans le microcosme d’une cour de récréation. Elle en tirait une force narrative basée sur la spontanéité des gestes et des dialogues. Les mots les plus simples, parfois, peuvent blesser plus qu’il n’y paraît. C’est dans cette même dynamique que la réalisatrice belge revient, cette fois dans un univers hospitalier : bruyant, hiérarchisé, labyrinthique. Elle prend d’assaut le département pédiatrique d’un hôpital public, caméra accrochée aux pas de ses protagonistes tourmentés.

Parmi eux, Adam (interprété par Jules Delsart), atteint d’une maladie rare qui rappelle celle d’Elijah Price dans Incassable. Sa constitution est si fragile que ses os peuvent se fracturer à la moindre chute. Seule une alimentation strictement adaptée lui permettrait de se stabiliser. Hélas, sa mère Rebecca, jouée par Anamaria Vartolomei, s’oppose à cette prescription. Le lien maternel est trop fort pour être rompu par une simple menace judiciaire. Dans un système social défaillant, où l’empathie fait souvent défaut, chaque hésitation parentale devient un risque juridique. Le film met en lumière cette tension entre attachement maternel et protocole médical, qui alourdit encore davantage la charge mentale des soignants.

Un soin intensif

Deux mères se font face, toutes deux guidées par l’amour de leur enfant. Y mettre de la distance les mettrait en danger, et cela se lit dans les yeux déterminés de Lucy, infirmière expérimentée incarnée avec intensité par Léa Drucker. Lucy projette ses angoisses sur Rebecca, tentant de l’accompagner sans la juger. Pour cela, elle se place souvent à hauteur de ses interlocuteurs – un geste simple mais essentiel, le fruit de longues années de pratique et de combats personnels. Toute la tension du film repose sur ce personnage central, toujours en mouvement, passant d’une pièce à l’autre sans jamais savoir ce qu’elle va y découvrir.

La mise en scène, concentrée sur Lucy, délaisse volontairement ses collègues pour mieux immerger le spectateur dans le chaos du quotidien hospitalier. Lucy est partout à la fois. Elle incarne les valeurs de son institution, quitte à prendre personnellement le cas d’Adam en charge. Vérifier qu’un enfant de quatre ans mange ce qu’on lui a prescrit ne devrait pas être sa priorité, quand des nourrissons malades et des enfants victimes de violences s’accumulent, des urgences jusqu’aux couloirs bondés de la pédiatrie. Pourtant, elle tient bon. Elle se rend imperméable à l’émotion, tout en restant profondément humaine – un paradoxe révélateur de la confusion intérieure du métier, où « soigner » ne rime pas toujours avec « sauver ». Vers la fin du film, cette tension éclate dans une phrase sèche : « Il faut vous faire soigner. » Des mots durs, attristants, et lourds de sens.

Le reste du casting réunit des visages connus, eux aussi engagés dans des récits liés à la protection de l’enfance : Charlotte De Bruyne (Débâcle), Claire Bosson (Julie se tait), Laurent Capelluto (On vous croit), l’une des grandes révélations de la dernière édition de Reims Polar.

Avec L’Intérêt d’Adam, Laura Wandel nous rappelle que les enfants ne sont pas les seuls patients du service pédiatrique. Les parents aussi sont surveillés, jugés et accompagnés, dans un environnement où les soignants bataillent sans relâche, souvent sans même avoir le temps de s’asseoir pour un vrai repas dans un espace calme, loin du tumulte.

La réalisatrice filme avec justesse et distance, sans pathos ni mise en scène appuyée. Les gestes sont mécaniques, les échanges spontanés, révélant l’épuisement général et les nerfs à vif d’un service censé résoudre des cas humains à coups de protocoles calibrés. Malgré quelques séquences qui s’essoufflent dans une forme de répétition, le film vise juste. Mais c’est aussi le reflet du sujet qu’il traite : un sujet cyclique, clinique, et profondément humain.

Retrouvez toutes mes critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
Domvill
Domvill

37 abonnés 248 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 septembre 2025
Si effectivement c’est extrêmement bien filmé et joué, avec une caméra expressive et une bonne maitrise de l’image où les gros plans et une courte profondeur de champs maximalise l’expressivité, je reste néanmoins sur ma faim. Léa Drucker est parfaite dans le rôle d’une infirmière en chef qui prend fait et cause pour une mère qui refuse de quitter son fils affecté par un jugement de placement en famille d’accueil. En arrière fond, les crises du monde médical sont escamotées, très disproportionnées face aux perturbations familiales. Il est dommage qu’elle ait passé sous silence le déséquilibre que le comportement excessif de cette infirmière, démesurément accaparée par un cas unique, implique dans un secteur cruellement en manque d’effectifs. Si elle donne tout son temps à un seul patient – même attachant - on peut décemment s’interroger sur l’incidence d’un tel engagement, vis à vis des autres malades et de ses collègues.
Je reste vraiment très dubitative sur ce film qui traite d'une réaction épidermique, plus que d'une analyse de la situation du milieu hospitalier....
CineMJ33
CineMJ33

13 abonnés 33 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 septembre 2025
Je mets trois étoiles au film, mais ce sont trois petites étoiles. En effet, j’ai été déçue par le film au regard des critiques très élogieuses que j’avais entendues ; si le sujet est intéressant, j’avoue m’être un peu ennuyée; alors que l’infirmière est dans une extrême empathie, je ne me suis attachée à aucun des personnages ; de plus, la fin du film n’est pas crédible ; on n’ imagine pas une infirmière quitter son service et sortir à ce point du cadre ; je n’ai pu m’empêcher de penser au film, l’intérêt de l’enfant avec Emma Thomson, traitent tellement mieux le sujet !
Pôpô passion ciné
Pôpô passion ciné

41 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 septembre 2025
Après "En première ligne", nous voici à nouveau immergé dans le monde hospitalier mais seulement pour 1h18 , qui est plutôt agréable compte tenu de la la tension permanente qui règne durant ce court laps de temps.

Ayant passé la plupart de mes soirées et weekend à l'hôpital des enfants durant 6 mois, j'ai trouvé que le récit était très réaliste !

C'est un film choc, qui bouscule et interpelle !

De longs plans séquences permettent de dynamiser cette course contre la montre et d'être au plus près de cette infirmière au grand coeur qui se bat pour ses patients, quitte à se mettre à dos sa hiérarchie.

Ici, j'ai encore été heurtée par le manque de temps du personnel soignant pour dialoguer avec les patients et leur famille. C'est compréhensible : les soins vitaux d'abord et le social s'il reste du temps alors que c'est tout autant primordial.

Mais je suis quand même choquée de constater que ce film met en lumière le fait que le corps médical ne tient pas compte de l'opinion des parents et qu'ils ne cherchent pas à comprendre leur comportement. L'enfant est lui non plus peu écouté par manque de temps et c'est tellement frustrant !

Mention spéciale aux deux actrices principales qui incarnent à la perfection leur rôle ! Elles sont bouleversantes et d'une justesse criante de vérité !

Bonne ou mauvaise idée (j'ouvre le débat), la réalisatrice a souhaité un final ouvert et laisse plusieurs questions en suspend qui ne seront jamais résolues.
Ceci permet de pouvoir repenser à l'intrigue un long moment après la séance et d'ouvrir à tous les débats.
Cela permet au spectateur de se faire leur propre interprétation des faits et de choisir la lecture qui les a le plus touché.

Je pense que chacun aura un raisonnement différent mais ce qui est sûr : ce film ne peut pas laisser indifférent !

C'est également un film féministe qui dénonce les violences faites aux femmes, la précarité des mères isolées et le dénigrement des femmes sur leur lieu de travail, notamment si elles sont empathiques.
C'est peut-être le seul petit bémol que je ferais : j'aurai aimé un petit plus de nuances sur les rôles masculins qui ont tous un "mauvais' rôle c'est dommage mais ça a le mérite de marquer les esprits.

En tout cas, je confirme les retours dithyrambiques sur ce film : on ne ressort pas indemne de sa séance !
Je sens un chemin tout tracé vers les Césars !
Pierre E
Pierre E

34 abonnés 264 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2025
Éprouvante à plus d'un titre, cette plongée dans 1h20 de la vie d'une infirmière superbement incarnée, et c'est le mot approprié, par Léa Drucker, m'a fait bondir, grogner, rouspéter plus d'une fois, et j'en demande pardon aux rares spectatrices mais difficile de rester indifférent à ce petit bonhomme et sa mère en pleine errance.
J'aurais bien aimé avoir l'avis de professionnels pour savoir si l'implication de cette infirmière est plausible : à vos commentaires donc !!!
Un grand film à voir absolument.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 septembre 2025
Laura Wandel filme toujours au plus près des corps et des regards. Après Un monde, qui scrutait la violence des cours d’école, elle revient avec une œuvre plus intime encore, presque murmurée : L’Intérêt d’Adam.

Tout part d’un geste : une infirmière qui, face à une mère et son enfant broyés par la détresse, décide d’intervenir au-delà de ses prérogatives. Ce geste, banal en apparence, devient vertige moral. Jusqu’où peut-on aller au nom du soin ? Quand la compassion se heurte aux règles, à la hiérarchie, à la froideur institutionnelle, que reste-t-il de l’humain ?

Wandel filme sans emphase, dans une durée brève mais dense, qui laisse au spectateur la respiration de chaque silence, de chaque hésitation. Ses personnages semblent pris dans un filet invisible : Léa Drucker, d’une sobriété bouleversante, incarne cette infirmière en équilibre fragile, tandis qu’Anamaria Vartolomei prête à la jeune mère une intensité à vif. Et puis il y a Adam, double enfantin incarné par les frères Jules et Léo Delsart, dont la présence spectrale donne au film son cœur battant.

La caméra se fait microscope, attentive aux frémissements, aux tremblements d’un visage, à l’étreinte d’une main. Rien n’est expliqué, tout est suggéré, dans cette esthétique du fragment chère à Wandel. Ce cinéma-là ne cherche pas le spectaculaire, mais le nécessaire : dire la dignité dans la vulnérabilité.

L’Intérêt d’Adam est une œuvre brève, mais dont l’écho résonne longtemps. Une méditation éthique et sensible sur le pouvoir et les limites de l’empathie, où chaque regard posé sur l’autre devient un acte politique.

Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !
selenie

7 484 abonnés 6 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2025
On sent l'influence des frères Dardennes de "Rosetta" (1999) dans le côté docu-fiction, dans un grain appuyé, les émotions viscérales, et on pense logiquement au tout récent "En Première Ligne" (2025) mais Laura Wandel impose une vraie intrigue, ou plutôt un réel enjeu avec cette justice qui plane, qui semble inhumaine face à l'abnégation de l'infirmière. Mais très vite on constate que l'hôpital lui-même, dans tout ce qu'il représente ne peut faire autrement que de suivre les pas de cette justice ; en effet comment et pourquoi un service ferait du favoritisme d'un côté si c'est pour mettre en danger de l'autre ?! L'infirmière est montrée avec les mêmes défauts que dans le film belge de Petra Volpe sus-nommé... SPOILERS voir site... Il manque quelque chose pour nous faire croire qu'une infirmière aurait soudain la grâce et le temps pour un unique cas dans tout un service, mais oui, le milieu médical reste un milieu porté aux nues, donc l'empathie autant naturel et systématique font qu'on reste admiratif et ému, on aime la mise en scène où Laura Wandel use judicieusement des plans-séquence ce qui donne un rythme et une fluidité idéale. Un bon film qui reste à conseiller.
Site : Selenie
Ferrisb
Ferrisb

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2025
Le film est indéniablement portée par Léa Drucker, juste de bout en bout et en particulier dans l'empathie qu'elle parvient à véhiculer. Le film est assez haletant mais mes réserves portent sur la fin, abrupte, et in fine sur le message sous-jacent du film , pas totalement saillant et intelligible.
Cinévore24

463 abonnés 969 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2025
Plus de trois ans après son premier long-métrage, «Un Monde» (un film à l'aspect documentaire court et déstabilisant sur le harcèlement scolaire, et filmé à hauteur d'enfant), la cinéaste belge Laura Wandel nous revient avec un dispositif similaire, se déroulant cette fois-ci au sein du service pédiatrique d'un hôpital.

La caméra à l'épaule suit, sans jamais la quitter, Lucy, l'infirmière en chef, passant de couloir en couloir, de chambre en chambre, pour s'occuper de ses différents jeunes patients.
Mais un patient en particulier va focaliser toute son attention durant cette nuit : Adam, 4 ans, hospitalisé pour malnutrition suite à une décision de justice, et sur lequel veille obsessionnellement sa mère, Rebecca, qui pourtant ne devrait plus se trouver là.

Nous plongeant dès le début dans le vif du sujet, Wandel fait à nouveau appel à une réalisation flirtant avec le documentaire (et avec le cinéma social des frères Dardenne) pour nous faire ressentir ce que c'est de travailler au quotidien dans un milieu hospitalier constamment sous tension et où chaque patient a besoin de soins spécifiques.
Un drame pouvant compter sur les présences des talentueuses Léa Drucker et Anamaria Vartolomei, toutes les deux très convaincantes dans leurs rôles respectifs d'infirmière tiraillée et de mère isolée.

Mais malgré des actrices investies et une mise en scène immersive, quelque chose n'a pas vraiment pris sur moi.

Tout d'abord, j'ai forcément pas mal pensé au très récent «En première ligne», traitant de la même thématique (la soirée de service d'une infirmière dans un hôpital en sous-effectif) et d'une manière très similaire dans son approche formelle.
Un parallèle inévitable qui m'est resté en tête durant le visionnage de ce nouveau film franco-belge, et où son équivalent suisse s'est finalement avéré un peu plus solide dans sa globalité.

La faute à un choix scénaristique, central dans le film, mais qui m'a interrogé :
pourquoi cette infirmière vient-elle spécifiquement en aide à cette mère et son fils, pourquoi le prend-elle autant à cœur, quitte à se mettre directement en conflit avec sa propre hiérarchie ?
Pourquoi eux plutôt que d'autres, spoiler: alors que l'on constate clairement que la mère, possessive dans son rapport avec son fils, finit, à trop vouloir le protéger, par lui faire plus de mal qu'autre chose[spoiler] ("je veux rester avec toi, mais je veux pas être mort" finira par dire Adam à sa mère)
[/spoiler]?

On n'en saura jamais la raison, comme si Lucy était ici présentée comme une sorte de métaphore un peu poussive de l’hôpital prêt à tout pour aller au bout de sa mission, qui est de "soigner" tous ses patients.
Et ce flou scénaristique vient, à mes yeux, fragiliser en partie la structure du film, finalement assez programmatique dans la manière de se dérouler, et se terminant de manière trop abrupte pour réellement convaincre (là où le précédent film de Wandel avait plus de sens dans sa finalité, ou comment tenter de rompre cette spirale de la violence qui a envahi la cour de récré).

Bref, une illustration pertinente et rythmée de la pression ininterrompue du service hospitalier sur son personnel, mais dépeinte ici à travers une histoire de dépendance affective et de sauvetage obsessionnel qui ne m'a pas autant convaincu que je l'aurai espéré. 6-6,5/10.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 754 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 septembre 2025
Parmi un flot de critiques souvent élogieuses, j’aurais dû m’arrêter à celle du Canard Enchainé « L’intérêt d’Adam » film que l’on peut voir à la rigueur, ou à la rigueur que l’on peut se dispenser de voir !!! L’hôpital public est suffisamment en souffrance, qu’il n’est pas nécessaire d’un rajouter...Adam, petit bonhomme de 4 ans au bras cassé, atterrit à l’hôpital pour malnutrition...la mère (Anamaria Vartolomei) plutôt surprotectrice refuse de s’en séparer tout en étant menacée de perdre la garde de son enfant... L’infirmière en chef du service de pédiatrie (Léa Drucker) a beau lui tendre la main, la tension monte, les services sociaux sont sur le coup...tout est dans cet affrontement entre deux personnages, mère demeurée qui refuse de nourrir son gosse et une infirmière qui la défend au-delà du raisonnable... L’ambiance est plutôt démoralisante : pas un sourire, des visages fermés sous un éclairage blafard, des traits tirés, des pleurs, pas de musique, des portes qui s’ouvrent et claquent, des badges qui ne marchent pas, le tout caméra à l’épaule à la mode des frères Dardenne qui d’ailleurs ont adoubé ce film...c’est fatiguant, un brin larmoyant quelque peu répétitif...Le jeu des actrices n’en est pas moins impeccable : Anamaria Vartolomei en louve apeurée, et Léa Drucker, (pas vraiment à son avantage sans maquillage) en Saint Bernard toujours prêtes à dépasser les bornes.... Autour d’elle, le flou règne et les nombreux bruits d’ambiance participent à produire un sentiment d’asphyxie... le tout au milieu d’une population étrangère parlant arabe, wolof, khmer, etc., ces derniers servant surtout à rendre crédible l’immersion entre les murs d’un hôpital public, comme les accessoires d’un décor replié sur lui-même...C’est un film de Laura Wandel qui a fait l’ouverture du dernier Festival de Cannes...Il ne dure que 78 minutes...c’est suffisant pour voir jouer Léa Drucker à l’infirmière... Quant à l’enfant, Jules Delsart qui n’avait jamais joué avant, il est impressionnant par la force de son regard…mais est-ce un rôle à faire jouer à un enfant de cet âge ??
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Yves G.

1 875 abonnés 4 107 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2025
Lucy (Léa Drucker) est infirmière en chef dans un service de pédiatrie. Adam, quatre ans, gravement malnutri, y a été hospitalisé. Les droits de visite de sa mère, Rebecca (Anamaria Vartolomei), ont été restreints par une ordonnance judiciaire d’éloignement ; car Rebecca exerçait sur lui semble-t-il une influence toxique. Mais Adam refuse de s’alimenter sans sa mère et Rebecca, unie à son fils par une relation symbiotique refuse de le quitter.

Hasard heureux ou malheureux de la programmation : "L’Intérêt d’Adam" sort trois semaines à peine après "En première ligne", le remarquable film suisse qui suivait sans la lâcher Leonie Benesch dans un hôpital bâlois pendant toute une garde harassante.

Qui aura vu les deux aura spontanément tendance à les hiérarchiser. Pour moi, c’est match nul : je les ai autant aimés l’un que l’autre, plaçant le premier en tête de mes films préférés du mois d’août et le second pas loin du sommet de septembre avec "Sirāt" et "Connemara".

"En première ligne" est un film transversal : il passe en revue l’ensemble des situations auxquelles une infirmière se trouve confrontée pendant une garde. "L’Intérêt d’Adam" est un film longitudinal : il s’attache à un patient, même s’il en évoque brièvement – et aurait pu en faire l’économie – quelques autres : la famille congolaise nombreuse et bruyante communiquant mal en français, la mineure musulmane relevant d’un curetage qu’elle ne veut pas que sa mère apprenne…

Quelles sont les causes de la malnutrition et de la sarcopénie dont souffre Adam ? Sa mère en est-elle responsable ? Par quels enchaînements en est-elle arrivée à maltraiter ainsi son enfant ? Souffre-t-elle d’un syndrome de Münchhausen par procuration, voulant à tout prix susciter la compassion pour son fils au point de provoquer chez lui un état pathologique ? Le film aurait pu, à la façon d’une enquête policière, remonter ce fil-là et chercher les origines de cette situation. Mais il refuse cette facilité pour s’intéresser au temps présent. Il se pose une seule question, en temps réel : comment séparer Rebecca, qui s’y refuse, de son fils ?

On pourrait craindre qu’un scénario si étique ne suffise pas à un film. La réponse est dans sa durée – 1h18 à peine – et dans la qualité de son écriture qui ne réserve ni ventre mou ni temps faible. Comme "En première ligne", "L’Intérêt d’Adam" ne laisse à Lucy et aux spectateurs qui ne la lâchent pas d’une semelle aucun répit. Avec elle, on partage le stress quasiment irrespirable de cette longue course folle.

En sortant du film, une amie espiègle me disait que son meilleur interprète était la barrette à cheveux de Lucy, filmée de dos dans les longs couloirs du service. C’est faire peu de cas des deux actrices qui portent le film à bout de bras et qui sont venues le présenter dimanche soir à l’avant-première à laquelle j’ai eu le privilège d’assister. Léa Drucker y est aussi impressionnante que dans "Dossier 137" dont je dirai à sa sortie le 19 novembre le bien immense que j’en pense. Elle réussit à être en même temps impériale – on ne résiste pas à ses commandements – et empathique. Anamaria Vartolomei, la peau grasse, le cheveu filasse, a un rôle ingrat qu’elle interprète avec une brûlante incandescence.

Après "En première ligne", après "L’Intérêt d’Adam", je ne me précipiterai pas pour voir un autre film sur l’hôpital. Mais je suis profondément heureux d’avoir vu ces deux-là.
Tricky T.
Tricky T.

3 abonnés 17 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 septembre 2025
C'est maitrisé et les actrices sont superbes, mais on étouffe, il n'y a pas assez de place pour le spectateur dans ce film, pas de place pour ressentir ou interprété, tout est donné. Implacable mais pas dans le bon sens du terme.
Simon Bernard
Simon Bernard

208 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 septembre 2025
Lucie travaille dans le service pédiatrie d’un hôpital. Avec un nombre de tâches et de patients très important, elle accueille le jeune Adam, 4 ans, dans une chambre. Le garçon est en sous-alimentation et l’équipe soignante essaie de l’aider à manger. Alors que sa mère semble à la fois une aide et un obstacle dans le rétablissement d’Adam, Lucie tente de l’accompagner. En salle le 17 septembre.

spoiler: "l’intérêt d’adam" adopte un format intéressant et immersif. Le spectateur assiste aux événements en suivant le personnage de Lucie dans les couloirs impersonnels de l’hôpital en plan-séquence, ce qui lui offre un sentiment d’être vraiment là assez puissant. Toutefois, je trouve qu’il me manque quelque-chose pour pouvoir savourer le récit qui m’est fait. On nous donne volontairement bien peu d’éléments sur la vie de Lucie expliquant pourquoi elle décide d’aider aveuglément cette mère, alors que de toute évidence et dès le début on assiste au sabotage de l’alimentation d’Adam.


vu en avant-première à Lille
Arthur Brondy

309 abonnés 1 524 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 septembre 2025
Lucy est l’infirmière en chef du service de pédiatrie d’un hôpital. Elle doit s’occuper d’Adam, jeune enfant de 4 ans, qui souffre de mal nutrition et qui refuse la nourriture qui ne vient pas de sa maman. Cette dernière, Rebecca, doit convaincre les services sociaux qu’elle peut s’occuper de son enfant. Au cours de cette soirée, Lucy doit donner une dernière chance à Rebecca de faire ses preuves dans l’intérêt d’Adam. C’est absolument brillant, très fort. Le film parvient à mettre le doigt sur les dysfonctionnement administratifs de certaines situations. Léa Drucker impressionne à nouveau.
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